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économique, politique

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John Maynard KeynesJohn Maynard Keynes
Plan de l'article
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Présentation

économique, politique, ensemble des mesures prises par les pouvoirs publics en vue de peser sur les structures et l’évolution de l’économie d’un pays.

L’utilisation du budget public permet de jouer sur l’ensemble du circuit, dans une optique macroéconomique ; d’autres mesures concernent des secteurs particuliers et relèvent ainsi du domaine microéconomique. D’une façon plus générale, on distingue les politiques conjoncturelles des politiques structurelles. Les politiques conjoncturelles ont pour objectif de favoriser la stabilité de l’économie afin d’assurer une croissance régulière ; elles sont le plus souvent contracycliques, c’est-à-dire expansionnistes pendant les phases de récession et restrictives durant les phases d’expansion. Les politiques structurelles sont pour leur part des politiques de long terme qui visent à agir sur les variables stables à court terme, comme le rapport entre taux de profit et investissement ou la part du salariat dans la population active.

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Tendances de la politique économique

La politique économique, au sens où nous l’entendons aujourd’hui, est une notion relativement récente. L’économie politique du XIXe siècle subordonnait en effet l’intervention économique à des fins exclusivement politiques, la politique économique restant limitée à la recherche des moyens que l’État devait mettre en œuvre pour assurer l’exercice de la libre concurrence. Cette attitude s’inscrivait dans le cadre du libéralisme, doctrine postulant que l’équilibre se réalise spontanément, par le jeu des forces du marché. Cependant, l’action de l’État était tolérée, voire sollicitée, pour protéger l’économie en cas de mutation à grande échelle, comme lors du passage, consécutif à la révolution industrielle, d’un stade agricole à un stade manufacturier.

Dès lors, hormis les remises en cause d’inspiration marxiste qui touchent aux structures mêmes du régime capitaliste, à savoir la propriété privée des moyens de production, il fallut attendre l’entre-deux-guerres pour qu’une théorie alternative à la théorie classique, le keynésianisme, soit formulée de manière cohérente, dans le contexte de la crise économique de 1929.

Son fondateur, John Maynard Keynes, préconisait une véritable intervention de l’État (consistant à soutenir la demande déficiente et à minorer l’offre excédentaire) pour juguler la crise déflationniste qui touchait les économies capitalistes, et face à laquelle les forces du marché avaient fait la preuve de leur impuissance. L’intervention de la puissance publique, l’un des fondements de la politique du New Deal pratiquée aux États-Unis dans les années 1930, fit l’objet d’un consensus massif en Europe occidentale, alors que le continent, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, devait faire face au problème de la reconstruction ; des politiques de lutte contre la pénurie par des mesures d’accroissement de l’offre et contre l’inflation par le contrôle de la croissance de la masse monétaire furent alors mises en place, tandis que le rôle de l’État s’affirmait dans tous les domaines, poursuivant l’objectif ambitieux d’une politique de redistribution très ambitieuse.

L’instauration de ce que l’on appela l’État-providence permit alors d’offrir des dispositifs protecteurs (salaire minimum, minima sociaux), d’assurer à tous une protection contre les risques de la maladie et du chômage, tout en entourant d’un ensemble de règles protectrices l’exercice du travail salarié (poursuite de l’élaboration d’un droit du travail d’origine conventionnelle et législative, fixation de la durée du travail, indemnisations en cas de maladie ou de maternité et d’accident de travail) et en s’employant à mettre en place des aides à la famille ou au logement, entre autres.

Rendue possible par la croissance continue de l’après-guerre, cette politique d’interventionnisme étatique, qui n’excluait pas, pourtant, que d’autres instances puissent participer à la conduite de la politique économique, s’est révélée trop dispendieuse pour les pays qui en avaient fait le choix après le premier choc pétrolier de 1973. L’incapacité des politiques conjoncturelles à enrayer la crise en favorisant une diminution des recettes de l’État a fait apparaître la difficulté de concilier un haut niveau de protection sociale avec la baisse de la croissance.

Dénonçant les effets des politiques d’inspiration keynésienne, les économistes néolibéraux ont mis l’accent sur un ensemble de mesures censées agir en faveur de l’offre, passant par des mécanismes susceptibles de favoriser la libre concurrence, l’esprit d’innovation et l’esprit d’entreprise, de rendre l’économie nationale plus attractive pour des investissements étrangers et d’améliorer le niveau d’éducation des salariés et la flexibilité du travail. Certains pays, comme les États-Unis et la Grande-Bretagne, se sont alors tournés vers des politiques de dérégulation destinées à diminuer les contraintes pesant sur les entreprises : baisse de la pression fiscale, assouplissement des règles du droit du travail, jugées trop contraignantes, baisse du niveau de la protection sociale, notamment pour ce qui concerne l’assurance maladie (maîtrise de la prescription, suppression de certains remboursements).

Cette définition d’un nouveau libéralisme se heurte cependant dans de nombreux pays à la volonté de préserver les acquis sociaux alors que, après une décennie marquée par les discours ultralibéraux, on observe aujourd’hui la résurgence d’une demande de services publics dans les pays occidentaux.

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Mise en œuvre de la politique économique

La politique économique n’est pas un ensemble de mesures isolées mais un système de décision intégrant les différentes variables sur lesquelles il est possible d’intervenir. Sa formulation passe par plusieurs étapes successives : la fixation d’objectifs et de priorités en terme de croissance, d’emploi, d’inflation et d’équilibre extérieur (mesuré, notamment, par le solde de la balance des paiements) ; l’analyse des interdépendances entre objectifs, nécessitant l’élaboration de modèles macroéconomiques qui mettent en évidence les relations entre les variables ; le choix des moyens d’action.

Les relais privilégiés de la politique économique sont en premier lieu la politique monétaire, la politique budgétaire et l’action sur la fiscalité. La politique monétaire a recours à différents instruments dont les principaux sont l’action sur le niveau du taux d’escompte, la fixation du montant des réserves obligatoires que les banques doivent déposer auprès de la banque centrale et l’encadrement du crédit, de manière à contrôler la croissance de la masse monétaire. La politique budgétaire et fiscale fixent pour leur part les niveaux de recettes et dépenses et leur répartition dans le circuit économique : elles déterminent donc le choix du système d’imposition, la place à accorder à l’impôt direct et à l’impôt indirect et l’affectation des recettes entre les différents secteurs économiques.

Outre ces moyens classiques, l’État peut aussi recourir à des politiques structurelles, dont la formulation est déterminée par des choix idéologiques. Il en est ainsi des politiques sociales qui visent à favoriser une meilleure répartition des richesses au nom de la cohésion nationale et de la solidarité entre générations, et qui se traduisent par la mise en place d’infrastructures financées par l’impôt (comme les hôpitaux, les crèches, les maisons de retraite) et par la distribution de prestations sociales financées par des cotisations perçues sur les revenus. Les politiques de nationalisation ou de privatisation traduisent pour leur part la volonté des pouvoirs publics de peser sur les structures de l’appareil de production. Enfin, les politiques industrielles cherchent à adapter cet appareil à l’évolution de la demande mondiale.

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Politique économique et mondialisation

Aujourd’hui, les faibles résultats de l’interventionnisme public face à la crise, mais également les lacunes du modèle libéral, notamment en matière sociale, nourrissent une réflexion sur les contraintes auxquelles sont soumises les économies contemporaines. Avec l’intégration croissante des économies nationales au sein de l’économie mondiale et la mobilité de plus en plus importante des capitaux, il semble que la latitude des politiques économiques de chaque pays ne cesse de se réduire, comme le montre, entre autres, l’échec de la politique d’expansion menée en France par le gouvernement Mauroy entre 1982 et 1983, alors que tous les autres pays d’Europe menaient une politique restrictive.

Il apparaît ainsi que, pour enregistrer des résultats significatifs, les politiques des différents États doivent faire l’objet d’une véritable coordination, ce qui explique l’accent mis sur la concertation entre responsables économiques au sein d’organismes internationaux tels que l’Union européenne (UE), l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) ou le FMI (Fonds monétaire international).

L’autonomie dont jouissent les instances décisionnaires des différents pays en matière économique est donc réduite, constat qui ne manque pas de susciter certaines interrogations sur la souveraineté des États ; le projet d’Union économique et monétaire renforce la probabilité de voir la politique monétaire de l’ensemble de l’Union européenne (UE) décidée à un échelon supranational. Or, du fait des contraintes imposées par le traité de Maastricht, principalement en matière de limitation des déficits, la marge de manœuvre en matière de politique budgétaire est considérablement réduite ; la politique sociale qui est intimement dépendante du solde budgétaire peut s’en trouver durablement affectée.

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