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  • Mai-68.fr - 1968-2008 : retour aux sources

    Mai 68 est encore, comme le prouvent certains récents discours tenus au plus haut niveau de l’Etat, un enjeu politique d’importance. Mais c’est aussi, bien entendu un enjeu ...

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    Il est grand temps de se réapproprier Mai 68 ... Un spectre hante les tenants de l’ordre établi : le spectre de Mai 68.

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Mai 68

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Mai 68Mai 68
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1

Présentation

Mai 68, mouvement de contestation politique, sociale et culturelle qui a éclaté en France en mai-juin 1968. Ces événements, tour à tour qualifiés de crise, de révolte, de grève, voire de révolution, ont été révélateurs d’un malaise profond de la société et ont eu d’importantes conséquences.

La crise de Mai 68 a été fondamentalement le reflet d’un problème de société qui touchait tous les grands pays industriels développés alors en pleine croissance (Trente Glorieuses). Ce n’est que tardivement qu’elle s’est greffée sur la réalité politique française, semblant emporter un régime déjà en reflux. Ce « mouvement » a comporté trois phases : la crise étudiante, la crise sociale et la crise politique.

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La révolte étudiante

Dans les années soixante, des signes avant-coureurs pouvaient laisser présager d’une grave crise : la propagation, chez la jeunesse étudiante et lycéenne des idéaux maoïstes (la Révolution culturelle chinoise était alors un véritable mythe) et l’impact de la lutte menée par Che Guevara auprès de cette même population. De plus, les tensions croissantes dans les établissements scolaires et universitaires, largement surchargés par l’arrivée de générations nombreuses (le baby-boom), avaient alerté certains observateurs comme Pierre Viansson-Ponté qui écrivait « La France s’ennuie » dans le Monde du 15 mars 1968.

La première phase éclate au sein des universités, aux effectifs pléthoriques. Le nombre des étudiants avait plus que doublé depuis le début de la Ve République (196 000 étudiants en 1958 pour 570 000 en 1968), sans que les moyens matériels aient suivi l’évolution des effectifs.

L’agitation universitaire s’amorce sur le campus neuf et impersonnel de la faculté de Nanterre, créée pour désengorger la vieille Sorbonne. Daniel Cohn-Bendit, étudiant en sociologie et militant anarchiste révolutionnaire, est l’instigateur du « Mouvement du 22 mars ». Il occupe, avec 142 de ses camarades, la salle du conseil de la faculté de lettres de Nanterre, à la suite de l’arrestation de militants du comité Viêt Nam international. Ce début d’agitation galvanise différents mouvements « gauchistes » aux ramifications internationales.

Les déprédations de locaux incitent les autorités académiques à fermer la faculté le 2 mai 1968. Des meetings se tiennent alors à la Sorbonne qui est fermée par la police dès le 3 mai. Des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre au Quartier latin dégénèrent en émeutes. Le 10 mai, les manifestants érigent des barricades contre la police et les CRS, et l’on dénombre 400 blessés. Les étudiants reçoivent l’appui du syndicat étudiant, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) et du Syndicat national de l’enseignement secondaire (SNES).

Un climat révolutionnaire s’instaure. Des slogans tels que « Sous les pavés, la plage » ou « Interdit d’interdire », des affichages sauvages, des graffitis revendicatifs aux tournures souvent plus poétiques que politiques fascinent une partie de l’opinion un peu lasse de la rigueur morale que représente le gaullisme au pouvoir. Toute une mythologie se constitue immédiatement autour des barricades et de « Dany le Rouge », tandis que des intellectuels comme Jean-Paul Sartre tentent d’élargir la contestation à toute la société.

Le gouvernement est pris au dépourvu ; le Premier ministre Georges Pompidou rentre précipitamment d’un voyage en Afghanistan et apprend par un sondage de l’IFOP auprès de la population parisienne que celle-ci donne alors raison à la contestation étudiante. Il promet donc la libération de 460 manifestants arrêtés et une loi d’amnistie. Seul, le Parti communiste désavoue cette agitation « gauchiste », qu’il qualifie d’« alliée objective du pouvoir gaulliste et des grands monopoles capitalistes » pour diviser les forces démocratiques. Mais déjà, le mouvement déborde la sphère universitaire et les partis et syndicats de gauche ne peuvent demeurer à l’écart, au risque de ne pouvoir bénéficier de ses inévitables retombées politiques.

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La grève générale

C’est alors l’amorce de la deuxième phase, sociale (13-27 mai), du mouvement. La Confédération générale du travail (CGT), la Confédération française démocratique du travail (CFDT) et la Fédération de l’Éducation nationale (FEN) trouvent un terrain d’entente avec les étudiants en organisant, pour la journée du 13 mai 1968, une grande manifestation contre la répression policière, assortie d’une grève générale. Durant plus de cinq heures, quelque 200 000 ouvriers, étudiants, dirigeants syndicaux et politiques (François Mitterrand, Guy Mollet, Pierre Mendès France) défilent à travers les rues de Paris. Le 14 mai, les grèves avec occupation d’usines s’étendent en province et paralysent la vie économique du pays. La France compte 9 millions de grévistes. Le président de la République, le général de Gaulle, rentre d’un voyage officiel en Roumanie le 18 mai.

Malgré son ampleur, le mouvement est dépourvu d’unité. Face aux groupes étudiants (situationnistes, anarchistes, maoïstes, trotskistes) qui appellent à la fin de la « société de consommation » née dans la croissance exceptionnelle des Trentes Glorieuses, le PCF et la CGT s’en tiennent aux revendications classiques. Le 24 mai, le général de Gaulle annonce, lors d’une allocution télévisée, un référendum sur la « rénovation universitaire, sociale et économique ». Il menace de se retirer au cas où le « non » l’emporterait, mais cette menace ne provoque aucune mobilisation de soutien. De nouvelles manifestations se déroulent à Lyon et à Paris (500 blessés).

Le 25 mai, Georges Pompidou entreprend des négociations salariales qui durent vingt-cinq heures avec les syndicats et le patronat. Les accords de Grenelle sont signés le 27 mai, mais sont mal accueillis par les militants de base qui organisent une manifestation au stade Charléty le soir même. Selon la formule de De Gaulle : « La situation était insaisissable ».

4

La crise politique

La troisième et dernière phase, politique celle-ci, dure du 27 mai au 30 juin 1968. La manifestation des syndicats et étudiants à Charléty se déroule en présence de Pierre Mendès France. Mis à part le PCF, les partis de gauche se déclarent prêts à assumer le relais du pouvoir et à former un gouvernement provisoire. Le 29 mai, de Gaulle « disparaît » de l’Élysée. Il gagne Baden-Baden en hélicoptère avec son épouse, afin de s’assurer de la discipline du commandement des troupes françaises en Allemagne. Ce départ, dont personne, pas même Georges Pompidou, ne connaît la destination, crée dans l’opinion une crainte soudaine du vide.

Le jeudi 30 mai, de Gaulle prononce une allocution uniquement radiodiffusée de quatre minutes, d’une extrême fermeté. Il y annonce la dissolution de l’Assemblée nationale et lance un appel à l’action civique des Français pour soutenir le régime mandaté par le peuple. Une heure et demie plus tard, c’est-à-dire à 17 h 30, 500 000 personnes répondent à son appel en défilant sur les Champs-Élysées, scandant leur « ras-le-bol de la chienlit » (terme employé par de Gaulle) et « de Gaulle n’est pas seul, Mitterrand, c’est raté ».

C’est le début du reflux pour le mouvement de mai. Grèves et occupations d’usines cessent progressivement durant le mois de juin. Les partis politiques préparent les élections prévues pour le remplacement de l’Assemblée nationale. À court terme, le mouvement gaulliste semble renforcé. Le parti gaulliste est rebaptisé Union pour la défense de la République (UDR) et remporte la majorité des sièges aux élections législatives des 23 et 30 juin. C’est également en juin que sont définitivement signés les accords de Grenelle, au cours desquels les syndicats négocient une augmentation de 10 p. 100 des salaires, la revalorisation du SMIG, la reconnaissance du droit syndical dans l’entreprise, la réduction de la durée du travail, entre autres.

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