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Résultats avec Windows Live® Search réalisme socialisteArticle
Plan de l'article
Présentation ; Vers une politisation de l’art ; Naissance d’une doctrine ; Une glorification du système et de ses dirigeants ; Déclin d’une doctrine
réalisme socialiste, doctrine artistique et littéraire officielle de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), édictée entre les années 1920 et 1960, visant à glorifier le prolétariat et à contribuer à l’éducation des travailleurs.
En 1918, le Comité central du Parti Communiste de l’Union soviétique annonce « un art réaliste de propagande révolutionnaire et compréhensible pour les masses ». Il soutient l’agit-prop, théâtre d’intervention politique destiné à mobiliser les citoyens suivant les consignes du département du Comité central et chargé de l’agitation et de la propagande. Avec la Nouvelle politique économique adoptée par Lénine, les autorités s’interrogent sur l’art et sur ses éventuelles fonctions politiques. Le pouvoir commence un long combat contre les avant-gardes artistiques et l’art abstrait, considérés comme trop éloignés du peuple, notamment par la voix de Léon Trotski dans Marxisme et Futurisme (1922), et celle de Lénine, qui affirme à propos de l’art moderne « je n’y comprends rien et cela ne me donne aucun plaisir ». Émergent alors, soutenues par le Comité central, l’AKhRR (Association des artistes de la Russie révolutionnaire pour un réalisme héroïque, pour « l’art pour les masses ») puis l’Union des Artistes ou l’Académie des arts de l’URSS qui s’opposent à l’avant-garde (notamment aux futuristes et aux constructivistes, qui ont pourtant soutenu la révolution), au « romantisme bourgeois de l’individualisme », et proposent un art social et réaliste.
La première étape de l’officialisation du réalisme socialiste, créé sous Joseph Staline, a lieu en 1932, lorsque le Comité central du parti décrète que tous les groupes artistiques indépendants doivent être dissous au profit des nouveaux syndicats contrôlés par l’État. En 1934, Andreï Jdanov déclare, dans un discours au congrès de l’Union des écrivains soviétiques dirigé par Maxime Gorki, que le réalisme socialiste est la seule forme artistique approuvée par le Parti. En conséquence, l’artiste doit apporter une « représentation véridique et historiquement concrète de la réalité dans son développement révolutionnaire. Il doit en particulier contribuer à la transformation idéologique de l’éducation des travailleurs dans l’esprit du socialisme ». Le réalisme socialiste est une doctrine qui prône l’éducation idéologique, qui magnifie la Révolution, la vie quotidienne des paysans, des ouvriers, la vie en communauté, le patriotisme (exaltation de l’Armée rouge) et qui exclue toute fiction au profit du « documentaire ».
À défaut de pouvoir puiser sa théorie esthétique dans les œuvres de Karl Marx, de Friedrich Engels ou de Lénine, le réalisme socialiste trouve progressivement sa substance dans les critiques et commentaires du Parti. D’une manière générale, il en vient à signifier que l’artiste doit décrire hommes et événements d’une manière idéalisée et optimiste, donnant ainsi un aperçu du futur glorieux de l’URSS sous le communisme. Outre la représentation idéalisée du peuple, cet art s’exprime à travers des portraits de Staline et des principales personnalités du régime, portant à son paroxysme le culte de la personnalité. Art de propagande, le réalisme socialiste tend à convaincre, c’est un « esprit du parti », un engagement intellectuel et moral (« ideïnost »), un patriotisme national et populaire (« narodnost »). Le sujet est au centre de l’œuvre d’art, la recherche formelle étant exclue. Il existe une hiérarchie, en peinture par exemple, avec la prédominance de la peinture de célébration politique. En peinture, les artistes sont encouragés à puiser leur inspiration dans les œuvres d’Ilia Repine et du groupe des « Ambulants », artistes qui ont tenté de propager à la fin du xixe siècle un art réaliste et social. Les trois principaux représentants du réalisme socialiste sont le peintre Aleksandr Guerassimov, auteur de tableaux exemplaires comme la Fête au kolkhoze (1936-1937) ou Staline et Vorochilov au Kremlin (1938, galerie Tretiakov, Moscou), ainsi que l’affichiste Isaak Brodski (Lénine à Smolny, 1930, galerie Tretiakov, Moscou) et le peintre Boris Ioganson. C’est le romancier Nicolaï Ostrovski qui donne le modèle du héros communiste idéal dans son récit autobiographique Et l’acier fut trempé (1932) : Pavka Kortchaguine est un héros martyr qui apprend « à vivre quand bien même la vie devient intolérable. Il faut savoir la rendre utile », et qui ne cesse de se battre malgré la maladie pour une société et un monde meilleurs. En architecture, le réalisme socialiste se caractérise par des édifices monumentaux et un retour aux formes classiques.
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