![]() Articles voisins
Recherche Encarta
Rechercher dans Encarta des informations sur mode, histoire de la |
Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Page 3 sur 3
mode, histoire de laArticle
Plan de l'article
Présentation ; De Worth à la Belle Époque ; Les Années folles ; Les courants de l’avant-guerre ; La mode pendant la guerre ; La mode de l’après-guerre : une nouvelle ligne ; L’époque contemporaine
La période de la Seconde Guerre mondiale, marquée par d’importantes restrictions de tissu, voit aussi la fermeture d’un certain nombre de grandes maisons parisiennes, comme Chanel, Vionnet ou Mainbocher. Lucien Lelong réussit cependant à obtenir des autorités allemandes, qui comptent « délocaliser » la mode parisienne à Berlin ou à Vienne, le maintien d’une soixantaine de maisons de couture. L’inspiration militaire confère aux modèles de Robert Piguet, de Maggy Rouff et de Jacques Fath une allure quelque peu martiale, accentuée par l’introduction de renforts dans les épaules (les « paddings »). L’allure, exacerbant les contrastes, fait coexister une carrure d’athlète et des jupes très courtes avec de gigantesques chapeaux (d’Albouy, de Paulette, de Le Monnier) ou des turbans (comme celui qu’adopta l’écrivain Simone de Beauvoir et qui sera inséparable de sa tenue).
Contrastant avec cette extravagance, la mode de l’après-guerre se caractérise par un souci du bon goût et de la mesure, qui permet rapidement à Paris de retrouver son statut de capitale de la mode. À côté de maisons déjà existantes, comme Piguet, Jacques Fath, Jacques Heim ou Marcel Rochas, on assiste à l’installation de nouveaux venus qui, tous, ont appris leur métier à Paris, comme Pierre Balmain, Jacques Griffe ou Christian Dior. Ce dernier est le véritable fondateur du « new-look », ligne que certaines innovations de Jacques Fath ont fait pressentir, mais qu’il synthétise et à laquelle il donne un éclat sans précédent. Réhabilitant les galbes du corps féminin, il impose une mode fastueuse et nostalgique, à jupe allongée, qui se décline en deux silhouettes (la ligne Corolle, à jupe large, et la ligne en huit, à jupe étroite comme un tube). Si le new-look n’a, au sens strict, qu’une existence assez éphémère (Christian Dior lui-même se tourne, à partir de 1954, vers une coupe décintrée et Chanel met à la mode le tailleur de tweed), elle a une profonde influence sur l’ensemble de la création (de Pierre Balmain à Carven en passant par l’Américain Charles James). L’Espagnol Cristóbal Balenciaga, maître de la coupe décintrée (et influence majeure de Givenchy), ou madame Grès, célèbre pour sa technique du drapé, affirment une individualité qui les tient à l’écart de ce mouvement. Période de transformations, les années cinquante voient l’apparition de la robe cocktail, des talons aiguille (créés par des bottiers comme Roger Vivier ou Delman) mais, malgré les audacieuses créations de Jean Barthet, de Jacques Pinturier ou de Jean-Charles Brosseau, la quasi-disparition du chapeau. Le Nylon est de plus en plus utilisé, entraînant la progressive raréfaction de la lingerie. Cependant, la principale mutation des années cinquante demeure, aux côtés de la haute couture ou de l’artisanat (donné en exemple par des maisons comme celles de Lola Prusac), le développement de l’industrie de la confection. À l’intérieur de cette industrie, on distingue le prêt-à-porter (production mécanisée, en fonction de tailles prédéfinies), concept importé en France à la fin des années quarante par Weil et par Albert Lempereur ; la mesure industrielle (adaptation du modèle aux mesures du client) ; la couture en gros (caractérisée par une meilleure finition et une diffusion plus restreinte que le prêt-à-porter). Cette expansion de la confection est d’ailleurs souvent encouragée par le monde de la haute couture, qui y voit une possibilité de nouveaux débouchés. Dès la fin des années quarante, par exemple, les Couturiers associés (Carven, Jean Dessès, Piguet, Paquin et Jacques Fath) présentent chaque année une collection de modèles de confection, vendus dans les grands magasins de province. De nombreux couturiers, enfin, ajoutent à leur activité principale la vente de licences pour la fabrication d’accessoires, politique dont Christian Dior est l’un des initiateurs. Enfin, depuis Paul Poiret, qui avait lancé en 1911 le parfum Rosine, et surtout Chanel, célèbre pour le N° 5 créé par Ernest Beaux, la plupart des grands couturiers développent, sous licence, des parfums portant leur nom.
Les années soixante marquent une nouvelle rupture, peut-être plus radicale puisqu’elle concerne prioritairement la jeunesse issue du baby-boom, désireuse de se démarquer du monde des adultes. Initiatrice d’une véritable contre-culture, cette génération cherche dans le vêtement un moyen d’affirmer ses choix, que symbolisent, par exemple, le port du pantalon pour les jeunes filles ou le désir de faire disparaître les différenciations sexuelles par le moyen de la mode unisexe. Si la haute couture subsiste, elle assiste au développement parallèle du prêt-à-porter, qui devient un territoire d’expérimentation particulièrement actif. La création, par Jacques Esterel, de la robe de mariée en vichy, portée par l’actrice Brigitte Bardot lors de son mariage avec Jacques Charrier (1958), reproduite à des milliers d’exemplaires, préfigure ce mouvement. Désormais, les stylistes de prêt-à-porter signent leurs collections, ce qui constitue une véritable nouveauté. Travaillant pour leur propre compte, pour un confectionneur ou pour un bureau de style (comme Mafia ou Promostyl), ils rénovent profondément l’esthétique vestimentaire dans les années soixante.
Les stylistes captent les nouvelles références de la jeunesse, de la mode hippie à la mode chinoise, des tendances folkloriques au patchwork. Jean Bousquet, fondateur de Cacharel, lance les chemisiers en madras et reprend le motif Liberty. La Britannique Laura Ashley s’illustre dans la mode rétro, tandis que Jacqueline Jacobson (qui dirige la maison Dorothée Bis) propose la mode des shorts que l’on porte sous des maxi-manteaux, et que Sonia Rykiel se spécialise dans un style décontracté, faisant un large usage de la maille. Daniel Hechter lance la mode « Babette », inspirée du film de Christian-Jaque Babette s’en va-t’en guerre (1958).Parmi les stylistes les plus célèbres de l’époque, on trouve : Karl Lagerfeld, qui dessine des collections pour Chloé ; Christiane Bailly et Gérard Pipart, futur directeur artistique de Nina Ricci ; Michèle Rosier, qui crée des tenues sportives pour la marque V de V ; Emmanuelle Khanh, qui propose certains modèles à La Redoute. Les années soixante voient aussi l’apparition, après Pierre Cardin, d’un certain nombre de nouveaux couturiers, dont Yves Saint Laurent, qui travaille d’abord chez Dior avant de fonder sa propre maison, Paco Rabanne, André Courrèges, Jean-Louis Scherrer, Emmanuel Ungaro et Louis Féraud. Plusieurs d’entre eux s’illustrent par leurs innovations futuristes, comme André Courrèges, dont la première collection fait, en 1965, l’effet d’une révolution comparable à celle du « new-look » de Christian Dior. En effet, il y propose des minijupes et des minirobes qui s’inspirent directement de la mode lancée en Grande-Bretagne par Mary Quant quelques années auparavant, et qui illustrent la vitalité de la création londonienne. Yves Saint Laurent, créateur du tailleur-pantalon, des minirobes à motifs inspirés de Mondrian et, un peu plus tard, de la saharienne, Pierre Cardin et ses tenues de cosmonautes, Paco Rabanne et ses robes métalliques mènent tous une réflexion sur l’adaptation du vêtement au monde moderne. Saint Laurent (avec Saint Laurent Rive gauche), Cardin et Courrèges se lancent significativement les premiers dans le prêt-à-porter féminin, tout en menant une tentative originale de rénovation du vêtement masculin. En 1966, Pierre Cardin, associé au confectionneur Paul Bril, présente une collection pour hommes où le veston est remplacé par une tunique à col montant, interdisant le port de la cravate, modèle également expérimenté, avec quelques variantes (vêtements non doublés pour en accentuer la souplesse, en lin ou jersey), par Michel Schreiber. André Courrèges, pour sa part, propose une ligne pour hommes où le blouson remplace le veston, tandis que Jacques Esterel imagine en 1970 des pantalons et des robes longues absolument unisexes.
Les années soixante-dix confirment certains talents, comme celui d’Azzedine Alaïa, et voient l’apparition de nouveaux noms, comme Anne-Marie Beretta, Bernard Perris, Popi Moreni, Guy Paulin, Jean-Charles de Castelbajac, Jean-Paul Gaultier ou Thierry Mugler, et l’installation à Paris des Japonais Kenzo, Issey Miyake, Hanae Mori et, un peu plus tard, de Rei Kawakubo (créateur de Comme des garçons) et de Yosji Yamamoto. Dans la même période, Paris est resté la capitale de la mode. On y présente quatre fois par an deux collections de haute couture et deux collections de prêt-à-porter, mais New York (où se sont illustrés Calvin Klein et Ralph Lauren), Milan (Valentino, Gianni Versace, Giorgio Armani, Cerruti), Londres (Vivienne Westwood, Sheridan Barnett, Helen Robinson) et Tokyo sont également devenus des centres de création importants. La même période témoigne de l’acceptation d’une certaine complémentarité entre maisons de haute couture, inscrites auprès de la Chambre syndicale de la couture, aujourd’hui une trentaine (dont la définition se fait d’après plusieurs critères : création originale dans la maison elle-même, par le créateur et par ses proches collaborateurs, modélistes et dessinateurs ; utilisation de tissus fournis gratuitement sur les bénéfices d’une taxe parafiscale ; présentation de deux collections par an, comportant au moins cinquante modèles), et les créateurs, qui présentent d’ailleurs leurs collections dans une structure commune, l’association Mode et Création. Cette association, fondée en 1973, rassemble maisons de couture présentant du prêt-à-porter et stylistes. Ces frontières ne sont d’ailleurs pas si rigides, puisque l’on a vu des stylistes comme Karl Lagerfeld, Angelo Tarlazzi et Gérard Pipart prendre la direction de maisons de couture (respectivement chez Chanel, chez Guy Laroche et chez Nina Ricci), tandis que certains créateurs, comme Jean-Paul Gaultier et Thierry Mugler, accèdent au statut de couturier. Hiérarchisé, le secteur du prêt-à-porter, qui bénéficie d’importantes innovations techniques (comme la coupe assistée par ordinateur), offre toutes les gammes de produits, depuis les grandes marques comme Weil ou Max Mara, aux marques en franchise ou en succursale, jusqu’aux marques vendues en hypermarchés. L’ensemble du secteur (qui compte, pour le prêt-à-porter féminin, plus de 2 600 entreprises) emploie près de 50 000 personnes, pour un chiffre d’affaires d’environ 30 milliards de francs. Alors que semblent se multiplier les créateurs — on relève pour les années quatre-vingt : Christian Lacroix, Martine Sitbon, Corinne Cobson, Helmut Lang, Dries Van Noten, Donna Karan et, pour la haute couture, Lecoanet-Hémant (admis à la Chambre syndicale en 1984) ; pour les années quatre-vingt-dix : Ann Demeulemeester, Véronique Leroy, Gilles Rosier et Claude Sabbah —, on assiste à une reconnaissance officielle de la mode, avec la création d’un musée de la mode au Carrousel du Louvre, et, dans le même temps, à la consécration de grandes tendances, de plus en plus évidentes depuis les années soixante-dix : l’éclectisme, le style décontracté (avec le jean et le détournement du vêtement de sport à usage citadin), le style grunge, l’antimode et l’extrême simplicité des tenues urbaines (tailleur basique, tee-shirt et pantalon, souvent même dans le monde du travail). Toutes ces évolutions permettent de caractériser le changement du statut de la haute couture qui, de plus en plus confondue avec le stylisme, devient non plus l’initiatrice de modèles esthétiques contraignants soumis à de périodiques révolutions, mais plutôt le lieu d’élaboration de grandes tendances, revisitées et réinterprétées, et mises au service des impératifs de la vie quotidienne.
© 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |