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Reichstag, incendie du

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Reichstag de Berlin en feuReichstag de Berlin en feu
Plan de l'article
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Présentation

Reichstag, incendie du, événement ayant eu lieu dans la nuit du 27 au 28 février 1933 à Berlin, qui a servi de prétexte aux autorités nazies pour déclarer l’État d’urgence, faire arrêter les opposants au régime national-socialiste et favoriser l’affirmation d’un pouvoir absolu du Führer après les élections législatives de mars 1933.

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La thèse du complot communiste

Dans la nuit du 27 au 28 février 1933, quatre semaines après l’accession d’Adolf Hitler à la chancellerie, le 30 janvier 1933, et la formation du gouvernement de coalition dominé par le Parti national-socialiste allemand des travailleurs (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei, NSDAP) et une semaine avant les élections législatives, le Reichstag de Berlin (chambre du Parlement élue au suffrage universel) est détruit par un incendie. La propagande nazie attribue aussitôt cet attentat aux communistes, la « peste rouge », et arrête Marinus Van der Lubbe, un Néerlandais de 23 ans, ex-membre du Parti communiste allemand (Kommunistische Partei Deutschlands, KPD), simple d’esprit, retrouvé sur les lieux de l’incendie et accusé de ce forfait. Le plus probable est en fait que l’attentat a été commandité et organisé par les nazis eux-mêmes.

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Le prétexte de la répression

Prétextant que cet incendie marque le début d’un soulèvement communiste, le gouvernement demande au président Paul von Hindenburg de promulguer le Brandverordnung (décret pour la protection du peuple et de l’État). Un régime d’exception entre immédiatement en vigueur. Le Parti communiste allemand (KPD) est décapité par l’arrestation de milliers de militants et de la plupart de ses leaders par les SA, forces de sécurité nazies. Bénéficiant de la neutralité bienveillante du gouvernement hitlérien, les « chemises brunes » commencent à faire régner une véritable terreur d’État dans les rues.

Lors du scrutin du 6 mars 1933, le Parti national-socialiste obtient près de 44 p. 100 des voix, mais ne dispose pas de la majorité absolue. Le Zentrum (« Centre catholique »), pris entre les nazis et la gauche (SPD, KPD), semble détenir la clef de la crise politique. Mais la logique de l’intimidation et de la terreur comme moyen de gouvernement, l’emporte. Le 23 mars, la présence de milliers de SA dans l’enceinte même du Parlement permet à Hitler d’obtenir les pleins pouvoirs pour quatre ans. L’État d’urgence est prolongé par un vote. Il durera jusqu’à la chute du régime en 1945.

Marinus Van der Lubbe est jugé le 21 septembre suivant par la Reichsgericht (Cour suprême) en même temps qu’Ernst Torgler (ancien président du groupe communiste au Parlement) et que trois agents bulgares du Komintern (Georges Dimitrov, Blagoï Popov et Vassili Tanev). Le 23 décembre, la cour acquitte les communistes ; Torgler est emprisonné et les Bulgares expulsés en URSS. Quant à Lubbe, reconnu coupable, il est guillotiné le 10 janvier 1934.

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