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Résultats avec Windows Live® Search Vilar, JeanArticle
Plan de l'article
Présentation ; L'école de l'exigence. ; Le théâtre comme service public ; Pour une communauté citoyenne
Vilar, Jean (1912-1971), acteur, metteur en scène et animateur de théâtre français, créateur du Festival d'Avignon et directeur du TNP de 1951 à 1963.
Né à Sète dans un milieu de commerçants ambulants, Jean Vilar quitte le sud pour Paris en 1932. Étudiant en lettres, il fait bientôt le choix du théâtre et est l'élève de Charles Dullin. L'amitié de celui-ci, jointe à l'influence du philosophe Alain, joue un rôle décisif dans sa formation d'acteur et de metteur en scène d'une part, dans ses conceptions esthétiques et morales, empreintes de rigueur et d'austérité, d'autre part. Il présente ses premières mises en scène sous l'Occupation (la Danse de mort de Strindberg, Dom Juan de Molière), puis accède à une véritable reconnaissance comme acteur (dans le Diable et le Bon Dieu de Sartre, ou au cinéma), et comme metteur en scène, avec Meurtre dans la cathédrale de T. S. Eliot.
Au tournant des années cinquante, Vilar mène de front deux expériences qui ont profondément marqué le paysage théâtral français. À Avignon d'abord, il crée en 1947 une « Semaine d'art dramatique » et monte, dans la grande cour d'honneur du palais des Papes, Richard II de Shakespeare — sur le plateau, immense, seuls sont éclairés les déplacements des comédiens. Dès l'année suivante, la « Semaine » devient le Festival d'Avignon, destiné à devenir rapidement et durablement une fête majeure du théâtre international. Parallèlement à ce rôle d'animation du festival, Vilar se lance dans la grande aventure du Théâtre national populaire à Chaillot. Nommé à sa direction en 1951, il forme le sigle TNP et propose jusqu'en 1963 un programme de spectacles ambitieux. Avec l'équipe du TNP, il s'efforce d'aller au-devant du plus large public possible, via des rencontres, des publications (la revue Bref), des tournées nationales et internationales. Le théâtre se doit en effet, pour Vilar, de réconcilier audience populaire et répertoire de qualité. Avec l'aide d'une troupe homogène, à laquelle viennent s'intégrer des acteurs aussi prestigieux que Maria Casarès, Gérard Philipe ou Daniel Ivernel, il offre ainsi des représentations mémorables des grandes pièces de Corneille (le Cid), Shakespeare (Macbeth, Richard II), Hugo (Ruy Blas, Marie Tudor) et Musset (Lorenzaccio), Kleist (le Prince de Hombourg) et Büchner (la Mort de Danton). Après 1960, le TNP présente des pièces plus explicitement politiques, sur le thème de l'autocratie (la Résistible Ascension d'Arturo Ui de Brecht) et de la justice (les Abeilles, d'Aristophane). Ayant quitté ses fonctions au TNP, Vilar s'attache surtout, après 1963, à enrichir et diversifier le Festival d'Avignon.
Si ses choix relativement classiques ont pu être critiqués à gauche pour leur manque de radicalisme, Vilar a pourtant fondé tout son parcours théâtral sur une haute exigence éthique et politique. Le théâtre a représenté pour lui une activité festive et civique, le tissage d'une cérémonie et d'un enseignement. Pour réaliser cette double ambition, il a dépouillé la scène de tout l'arsenal de décors et de machines qui s'y attachait et a voulu laisser place aux seuls corps et voix des acteurs, porteurs et interprètes, à destination du public, de textes qui doivent l'aider à appréhender le monde.
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