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Vitez, AntoineArticle
Plan de l'article
Présentation ; Premières expériences ; Les débuts de metteur en scène ; Les Quartiers d’Ivry (1972-1980) ; Chaillot (1981-1989) : « un théâtre élitaire pour tous » ; La Comédie-Française (1989-1990) ; « Faire entendre la langue » ; L’acteur avant tout
Nommé directeur du Théâtre national de Chaillot, il entend suivre les pas de Jean Vilar et revendique « un théâtre élitaire pour tous ». La première saison s’ouvre avec le Faust de Goethe, Tombeau pour cinq cent mille soldats de Pierre Guyotat et Britannicus de Racine, et se poursuit avec Hippolyte de Robert Garnier et l’opéra Orfeo de Monteverdi. En 1983, il donne sa seule mise en scène de Shakespeare avec Hamlet. Parmi les autres « spectacles-phares » de ces années Chaillot, citons Hernani et Lucrèce Borgia pour le centenaire de la mort de Victor Hugo (1985), la Mouette de Tchekhov (1985), la troisième version d’Électre, avec l’éternelle Évelyne Istria, l’Échange de Claudel et l’opéra Pelléas et Mélisande (1986). En 1988, il signe sans doute sa plus grande réalisation, la version intégrale du Soulier de satin de Claudel, un spectacle de douze heures présenté dans la cour d’honneur du palais des Papes à Avignon et repris à Chaillot.
Nommé administrateur de la Comédie-Française en 1989, il célèbre le bicentenaire de la Révolution avec le Mariage de Figaro et choisit Jeanne Moreau comme interprète de la Célestine de Fernando de Rojas. La Vie de Galilée de Brecht, en 1990, est son dernier spectacle. Il meurt d’une rupture d’anévrisme, laissant inachevée une série de réformes destinées à ouvrir la maison de Molière aux influences extérieures.
À la suite de Vsevolod Meyerhold, Antoine Vitez voit dans le texte une série d’éléments ou de signes structurés de façon précise, avec lesquels il joue et construit l’écriture scénique. Chez lui, le respect du texte est primordial (il ne s’autorise que très peu de modifications ou de coupures). Son pari est de « faire entendre la langue », malgré la distance du temps ou la traduction. Il privilégie les grands textes des poètes anciens ou contemporains, exaltant autant l’alexandrin de Racine que le verset de Claudel. Metteur en scène européen, il monte les auteurs allemands et russes.
Travaillant en osmose avec des scénographes qui comprennent profondément son esthétique (Claude Lemaire, Yannis Kokkos), il privilégie l’espace nu et fait reposer la « performance scénique » avant tout sur l’acteur. Le théâtre est selon lui « l’art de la parole proférée ». Acteur lui-même, il joue dans plusieurs de ses spectacles (Faust, le Soulier de satin) et au cinéma (Ma Nuit chez Maud d’Éric Rohmer, 1969). Professeur mythique, il a marqué de son influence des générations de jeunes comédiens.
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