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Présentation ; Les premières œuvres ; La fascination pour l’Amérique, terre de contrastes ; Entre poésie et réflexion sociale ; Hommage aux musiques américaines
Wenders, Wim (né en 1945), réalisateur, scénariste, producteur et acteur de cinéma allemand. Cinéaste du mouvement et du voyage, Wim Wenders a trouvé dans le territoire américain, champ de tous les possibles, le décor idéal pour exprimer sa vision artistique à la fois tourmentée, humaniste et nourrie d’illusions.
Né à Düsseldorf, Wim Wenders entreprend des études de médecine, puis de philosophie, avant d’entrer à l’école supérieure de cinéma de Munich. Il en suit les cours de 1967 à 1970, tout en publiant des critiques de films et des articles sur la musique rock. Il y réalise son premier long métrage, Summer in the City (1970), qui témoigne d’une errance en milieu urbain. Son premier film sorti en salles, l’Angoisse du gardien de but au moment du penalty (Die Angst des Tormanns beim Elfmeter, 1971), est une adaptation de l’ouvrage éponyme de Peter Handke, avec lequel Wim Wenders entame alors une longue et féconde collaboration.
Le profond intérêt de Wim Wenders pour la culture américaine apparaît régulièrement dans son œuvre : Alice dans les villes (Alice in den Städten, 1973), dans lequel une jeune Allemande recherche sa grand-mère aux États-Unis ; l’Ami américain (Der amerikanische Freund, 1977), un thriller réunissant les réalisateurs américains Dennis Hopper, Samuel Fuller et Nicholas Ray ; Hammet (1982), une biographie romancée du célèbre auteur de romans policiers Dashiell Hammet ; ou encore l’État des choses (Der Stand der Dinge, 1982), un road movie noir. Avec Paris, Texas (1984), qui évoque le parcours douloureux d’un homme (interprété par Harry Dean Stanton) à la recherche de la femme dont il est séparé (Nastassja Kinski), Wim Wenders met son approche esthétique de l’espace américain au service d’un propos désabusé, mais non dénué d’espoir ; porté par la musique hypnotique du guitariste Ry Cooder, le film est récompensé par la palme d’or au festival de Cannes. Land of Plenty (2004) décrit une Amérique traumatisée par les attentats du 11 septembre 2001 et devenue paranoïaque, mais oppose ce constat désabusé à une vision optimiste, idéale, dont témoigne le titre du film, qui signifie « terre d’abondance ». Don’t Come Knocking (2005), tourné dans les paysages qui ont servi de décor aux westerns « classiques » du cinéma américain, décline de nouveau la thématique de l’errance, celle d’un homme (incarné par Sam Shepard) en quête de son passé, de son identité.
Parallèlement à ce portrait cinématographique de l’Amérique, Wim Wenders s’intéresse à l’Allemagne contemporaine, notamment dans les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin, 1987), d’après un scénario qu’il cosigne avec Peter Handke. Il propose dans ce film — dont les personnages principaux sont des anges capables de lire les pensées humaines — une vision émouvante et dérangeante d’un Berlin alors divisé. Après l’échec commercial et critique de Jusqu’au bout du monde (Bis ans Ende der Welt, 1991), film d’anticipation se déroulant dans plusieurs pays, Si loin, si proche (Faraway, So Close, 1993) permet de retrouver les « anges » de Berlin après la réunification allemande. The End of Violence (1997), interprété par Andie MacDowell et Gabriel Byrne, est une méditation sur le pouvoir des images et sur la violence — privée et publique — dans la société contemporaine. Sur une idée originale de Bono, chanteur du groupe de rock U2, Wim Wenders réalise ensuite The Million Dollar Hotel (2000), ours d’argent au festival de Berlin ; outre une bande originale particulièrement riche (U2, Brian Eno et Daniel Lanois), le film décrit, sur fond d’histoire d’amour et d’intrigue policière, une population marginale, entre illusion et réalité. Dans le cadre de Ten Minutes Older – The Trumpet (2002), projet collectif regroupant sept courts métrages sur le thème du temps, Wim Wenders en propose une vision hallucinée et déformée (Twelve Miles To Trona).
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