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Plan de l'article
Présentation ; Première guerre ; Deuxième guerre ; Troisième guerre ; Quatrième guerre ; Cinquième guerre ; Sixième guerre ; Septième guerre ; Huitième guerre ; Analyse
Religion, guerres de, nom donné aux guerres qui opposèrent catholiques et protestants calvinistes entre 1562 et 1598, date de la promulgation de l’édit de Nantes (13 avril) et de la signature du traité de Vervins (2 mai). Les guerres de Religion s’inscrivent dans un contexte de querelle religieuse à l’échelle de l’Europe. Il y eut en fait huit guerres de Religion, entrecoupées de brèves périodes de paix (1564-1566, 1581-1584). En dépit de persécutions intermittentes, la Réforme s’était répandue dans les villes, le monde lettré et la noblesse de France, au début du XVIe siècle. Les Français étaient surtout sensibles à la prédication de Jean Calvin, né à Noyon, puis installé à Genève pour échapper aux poursuites du pouvoir royal. Un dixième environ de la population avait adopté la nouvelle religion. Calvin organisa à Paris le premier synode national des Églises réformées (26 mai 1559), qui donna une organisation structurée à sa doctrine. Henri II, roi « très chrétien » de la « fille aînée de l’Église » et « oint du Seigneur », répliqua par une nouvelle interdiction, mais sa mort brutale au cours d’un tournoi, en juillet, fut présentée par les protestants comme un signe de la faveur divine à leur égard, et les conversions se multiplièrent. François II, successeur d’Henri II, était un jeune homme de quinze ans sous l’influence de la famille des Guise, chefs du parti ultra-catholique. Ces derniers œuvrèrent pour poursuivre la politique de persécutions menée par Henri II — qui avait elle-même prolongé celle inaugurée par François Ier. Ils réprimèrent dans le sang le complot des nobles huguenots qui avaient tenté de s’emparer de François II en mars 1560 (conjuration d’Amboise), afin de le soustraire à l’influence des Guise. À la mort de François II, en décembre 1560, son jeune frère, Charles IX, encore mineur, lui succéda. L’autorité était exercée par sa mère, Catherine de Médicis, nommée régente du royaume. Par l’édit de Saint-Germain (17 janvier 1562), celle-ci accorda aux réformés la liberté de culte hors des villes closes : relativement indifférente en matière religieuse, elle souhaitait rétablir au plus vite la paix civile, éviter une trop grande influence du clan des Guise soutenu par les Habsbourg d’Espagne et profiter de l’appui du chancelier Michel de L’Hospital, qui tenta de concilier catholiques et protestants lors du colloque de Poissy en 1562.
Le massacre d’une assemblée huguenote à Wassy (1er mars 1562), commandé par les Guise, marqua le début des guerres de Religion. Les protestants s’armèrent et s’emparèrent de nombreuses villes dont Rouen, Orléans, Tours, Lyon, Nîmes et Montpellier. Ils se rangèrent sous la bannière des nobles huguenots commandés par le prince de Condé. Bientôt, le conflit se doubla d’une lutte entre grands seigneurs, qui accrurent leur autonomie et tentèrent d’accaparer le pouvoir royal à leur profit. La première guerre fut close par la paix signée à Amboise le 19 mars 1563, après la disparition des chefs des deux camps. Cet édit de pacification reconnaissait la liberté de conscience aux huguenots, mais la pratique de leur culte était limitée à une ville par bailliage et chez les seigneurs ayant le pouvoir de haute justice. Les communautés protestantes urbaines furent déçues par la tolérance limitée qui leur était accordée. L’édit, qui ordonnait l’arrêt des conversions au protestantisme, eut pour effet de durcir la rivalité entre les deux religions.
Catherine de Médicis passa les quatre années suivantes à préserver cette paix fragile, à la cour comme dans les différentes villes du pays. Le calme relatif vola en éclats à l’automne 1567, lorsque les huguenots, alarmés par les négociations de la régente avec les Espagnols, tentèrent à nouveau de prendre le contrôle de l’État. Ainsi, en septembre 1567, Condé échoua dans une tentative d’enlèvement de Charles IX et de la reine mère à Meaux. Malgré leur défaite à Saint-Denis, le 10 novembre 1567, les protestants obtinrent la paix de Longjumeau (23 mars 1568), qui renouvelait l’édit d’Amboise et concluait la deuxième guerre de Religion.
Le conflit éclata derechef lorsque Catherine de Médicis décida l’arrestation des chefs protestants Condé et Coligny (août 1568). Malgré les victoires catholiques de Jarnac (13 mars 1569), où Condé trouva la mort, et de Moncontour (3 octobre), les huguenots, grâce à la résistance de leur bastion de La Rochelle, obtinrent l’ouverture de négociations et, en définitive, une paix favorable à Saint-Germain-en-Laye, le 8 août 1570. La troisième guerre s’acheva donc par la confirmation de la paix d’Amboise, l’amnistie des réformés et le droit pour les protestants d’installer des garnisons dans quatre places fortes (La Rochelle, Cognac, Montauban et La Charité) pour deux ans.
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