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Espagne, guerre d'Article
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Les nationalistes exploitent alors l’épuisement des républicains pour lancer une grande offensive en Aragon et en Castille en direction de la Méditerranée. Le 7 mars 1938, 100 000 hommes, 200 chars et près de 1 000 avions allemands et italiens partent à l'assaut. Les républicains manquent d’armes et de munitions. De plus, ils sont démoralisés après la reprise de Teruel. Les forces de Franco descendent la vallée de l’Èbre, coupant la Catalogne du reste de la République et atteignent la mer le 15 avril.
En juillet, Franco s’arrête aux portes de Barcelone, qu’il décide de ne pas attaquer, préférant mener une campagne de grande envergure sur Valence. Les républicains se défendent avec acharnement, mais en vain. Le 23 juillet 1938, les nationalistes se trouvent à moins de 40 km de Valence. En désespoir de cause, Rojo lance une grande offensive de diversion sur l’Èbre afin d’essayer de rétablir un point de contact avec la Catalogne. Ses forces atteignent Gandesa, à près de 40 km, mais elles sont bloquées par les renforts nationalistes. Malgré le peu d’importance stratégique du territoire qui a été pris, Franco, déterminé à détruire l’armée républicaine, se lance dans une guerre d’usure qui dure trois mois. À la mi-novembre, au prix de pertes humaines considérables des deux côtés, les républicains sont chassés du territoire qu’ils ont pris en juillet. La République est alors pratiquement vaincue. À la fin du mois de novembre commence l’offensive contre Barcelone, qui tombe le 26 janvier 1939. Negrín, toujours soutenu par les communistes, poursuit ses efforts pour organiser la résistance. À Madrid, le 5 mars, le commandant de l’armée républicaine du Centre, le colonel Segismundo Casado, avec le général Miaja, forment une junte qui le renverse. Cette junte constitue un Conseil de défense dont les tentatives de paix négociée sont rejetées par Franco. Après une « petite guerre civile » dans la guerre civile où la junte combat l’opposition communiste, les forces républicaines commencent à se rendre progressivement. Les nationalistes entrent dans une capitale en état de choc, le 27 mars. Quatre cent mille républicains doivent prendre le chemin de l’exil pour la France, où ils sont rassemblés dans des camps.
Le 31 mars 1939, les nationalistes ont conquis la totalité du territoire espagnol. Une dictature qui durera trente-huit années s’installe dans une Espagne ruinée. Selon les estimations les plus modérées, les pertes militaires directes, les exécutions dans les deux camps, les victimes des bombardements aériens se chiffrent à un total d’au moins 350 000 personnes. En outre, 200 000 exécutions ont eu lieu de 1939 à 1943, tandis que des milliers de prisonniers de guerre sont restés jusque-là dans des camps ou des unités disciplinaires. Par ailleurs, 400 000 républicains se sont exilés, principalement en France et en Amérique du Sud. Les cadres de l’opposition républicaine exilés ou morts, le pays ravagé, une Europe qui prépare la guerre, du Royaume-Uni à l’Union soviétique, sont autant d’atouts pour Franco, lui permettant de construire une dictature durable, qu’il saura préserver de trop de compromissions avec Hitler. Suscitant un fort élan de soutien international, la cause des républicains espagnols a donné lieu à une intense production artistique et littéraire. Par l'ampleur de cette production, la guerre d'Espagne apparaît ainsi comme le premier conflit où l'art a été aussi intensément mis au service de la propagande et de la défense d'une cause. Outre le fameux tableau de Picasso, Guernica, présenté à l'Exposition universelle de Paris, en 1937, « l'illusion lyrique », dont parlait Malraux à propos de la guerre d'Espagne, s'est d'abord exprimée au cinéma. La lutte des républicains espagnols a ainsi suscité plus de 500 films, dont les quatre cinquièmes réalisés pendant le conflit. Parmi les plus célèbres, il faut noter l'Espoir et Pour qui sonne le glas, tous deux tirés des romans du même nom, le premier écrit par André Malraux, le second par Ernest Hemingway. Plus récemment, Ken Loach a réalisé un film inspiré de l’histoire du POUM (Land and Freedom, 1995). De très nombreux témoignages ont également été publiés dont celui de George Orwell, Hommage à la Catalogne, récit des mois qu'il a passés comme combattant parmi les miliciens du POUM, et celui de Georges Bernanos, les Grands Cimetières sous la lune, dénonciation par un écrivain catholique, de la répression franquiste. La défaite des républicains est une leçon pour les démocraties qui se sont laissé berner par une « non-intervention » (accord signé le 28 août 1936) fonctionnant, en fait, à sens unique (frontière française fermée, mais approvisionnements nationalistes transitant par le Portugal ; navires allemands ou italiens arraisonnant les navires de commerce selon leur destination). Elle contribue à mobiliser les Alliés contre le nazisme, en leur donnant une idée du sort qui les attend en cas de victoire allemande. La guerre d’Espagne a enfin été le champ d’expérimentation des armes et des techniques nouvelles, en particulier dans le domaine de l’aviation, qui allaient être employées pendant la Seconde Guerre mondiale.
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