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    Reich, IIe 1871-1918 empire fédéral allemand fondé en janvier 1871 à l’issue de la guerre franco-prussienne.

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Reich, IIe

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Otto von BismarckOtto von Bismarck
Plan de l'article
1

Présentation

Reich, IIe (1871-1918) empire fédéral allemand fondé en janvier 1871 à l’issue de la guerre franco-prussienne.

Aboutissement de l’unification allemande, le IIe Reich s’est substitué à la Confédération de l’Allemagne du Nord et a consacré la domination prussienne sur l’ensemble des États allemands.

Cette période est marquée par la personnalité des Kaisers Guillaume Ier (1871-1888) et Guillaume II (1888-1918), et d’Otto von Bismarck, chancelier jusqu’en 1890. L’influence et le pouvoir de ce dernier sont tels que l’on peut définir l’histoire du IIe Reich selon deux périodes : l’ère bismarckienne, puis le « Reich Wilhémien » (de Wilhem II ou Guillaume II).

2

Le Reich de Bismarck, 1871-1890

2.1

Une fondation sous l’égide bismarckienne

De sa longue lutte pour l’unification allemande, le prince Otto von Bismarck retire une grande aura. Le sacrement d’un Reich (« empire ») allemand, dans la galerie des glaces de Versailles le 18 janvier 1871 — célébration à forte charge symbolique de la victoire allemande —, constitue pour lui une étape qui renforce sa volonté d’hégémonie : après avoir humilié la France, il veut dominer l’Europe et l’État allemand.

De son côté, Guillaume Ier, qui aurait préféré rester roi de Prusse, accepte la couronne impériale avec réticence. Mais Bismarck pèse sur sa décision et s’impose comme le maître du nouvel État, taillé à sa mesure et donnant une apparence de démocratie à un régime qui, de fait, attribue au chancelier un pouvoir quasi monarchique.

2.2

Une vie institutionnelle dominée par la Prusse

Les nouvelles institutions maintiennent les dynasties et les assemblées (Landstag) des vingt-cinq États — vingt-six en 1874, lorsque l’Alsace-Lorraine reçoit le droit de créer son assemblée — tout en créant une Assemblée nationale (Reichstag), élue au suffrage universel masculin. Cependant, la Constitution, votée le 16 avril 1871, confère l’essentiel des pouvoirs au roi de Prusse et à son chancelier, libres tous deux devant le Parlement. Et, même si les partis politiques sont autorisés et représentés, pour la bourgeoisie comme pour la classe ouvrière, ni les Hohenzollern ni Bismarck n’envisagent un vrai débat parlementaire. L’institution du suffrage universel offre simplement la respectabilité à un régime qui, en se targuant d’établir un équilibre entre monarchie et libéralisme, privilégie une culture politique monarchique discrétionnaire. Car, selon Bismarck, la paix allemande et le bien-être des citoyens ont pour prix la liberté du gouvernement.

La Prusse n’entre donc pas seulement dans l’État fédéral, elle le domine. Ainsi, l’armée, les postes et la monnaie (le mark) deviennent communes à tous les États — dont les intérêts sont défendus par leurs représentants au conseil fédéral (Bundesrat). Mais au sein du Bundesrat, quatorze voix suffisent à porter un veto ; or la Prusse dispose de dix-sept élus. Avec leurs suffrages, elle peut bloquer tout projet contrariant ses choix et imposer ses vues. La marque de Bismarck, qui a toujours voulu placer la Prusse à la tête de la vie politique nationale, est ici évidente.

2.3

La stratégie intérieure de Bismarck

Sous le règne de Guillaume Ier, le chancelier Bismarck étend son influence au point de chercher à contrôler l’ensemble des affaires allemandes.

En premier lieu, il cherche à asphyxier toute possibilité de contestation politique et / ou sociale. Dans cette quête, il s’appuie sur les Junkers (aristocratie terrienne conservatrice et luthérienne) et sur le Parti national-libéral (constitué par la bourgeoisie industrielle et le haut fonctionnariat). Ces différentes forces, satisfaites de la reprise économique quelques années après le krach de 1873, permettent à Bismarck d’imposer son autoritarisme hégémonique qui se traduit par le refus de toute opposition politique ou risque de sécession culturelle à l’intérieur du Reich.

Ayant pour dessein d’unifier le pays en une entité homogène — quitte à employer des moyens coercitifs —, Bismarck engage donc une politique active de germanisation des minorités de langue polonaise, danoise, française, etc. Marquée par la loi faisant de l’allemand la seule langue administrative (1876), cette politique échoue néanmoins très largement, engendrant un premier mouvement contestataire.

De même, Bismarck impose le Kulturkampf (« combat pour la civilisation ») et fait voter diverses mesures contre les catholiques allemands (un tiers de la population) et leur parti, le Zentrum (« centre catholique »). Les lois laïques de 1873-1874 visent à limiter l’influence d’un catholicisme pro-autrichien avant 1871 et dont le réformisme social est suspect et dangereux. Devant l’opposition que suscite le Kulturkampf et face à la cohésion de la communauté catholique internationale, Bismarck recule et se réconcilie avec le Vatican en 1878. Du reste, sa politique fonctionne partiellement puisque le Zentrum prend une orientation conservatrice.

Face aux révolutionnaires et aux sociaux-démocrates, Bismarck est plus déterminé. L’unification des mouvements socialistes au congrès de Gotha dans le Parti social-démocrate (1875), puis le succès électoral de ce dernier (1877), rendent la gauche menaçante. Au prétexte d’attentats contre l’empereur, Bismarck fait voter des lois d’exception imposant censure et répression politique contre tout mouvement jugé subversif. Puis le chancelier joue la carte d’une coalition gouvernementale conservateurs / centre catholique. Enfin, cherchant à contenir le mécontentement de l’opinion ouvrière, il fait adopter une série de lois sociales et fonde ainsi la première législation sociale européenne : caisse d’assurance maladie, accident, invalidité, vieillesse. Mais cette stratégie échoue également, comme en témoignent les grèves en Ruhr de 1889. Après la levée des lois d’exception en 1890 et la réorganisation du Parti social-démocrate sur la base d’un programme marxiste (1891), les sociaux-démocrates gagnent en influence.

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