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Plan de l'article
Présentation ; Les facteurs de l’unité ; Les premiers pas vers l’unité ; La construction de l’unité aux dépens de l’Autriche et de la France
unification allemande, période de l’histoire de l’Allemagne qui a abouti au regroupement des États allemands sous l’égide de la Prusse (1806-1871). Limitée chronologiquement par la dissolution du Saint Empire romain germanique (1806) et par la proclamation du IIe Reich (1871), la période du Zwischenreich (entre-deux-empires) est fondamentale dans l’histoire de l’Allemagne : marquée par le processus d’unification politique, elle est également durablement bouleversée d’un point de vue économique (avec le passage à une économie industrielle) et social (avec l’émergence du pangermanisme). Durant toute cette période, deux États germaniques s’affrontent pour la réalisation de l’unité sous leur direction, l’Autriche et la Prusse.
En 1806, en mettant un terme au séculaire Saint Empire, Napoléon Ier donne naissance à une confédération d’États allemands, la confédération du Rhin. Mais l’instauration du français comme langue obligatoire et le poids de l’administration française suscitent une francophobie qui stimule, par un effet mécanique évident, le sentiment national allemand. Théorisé par Fichte (Discours à la Nation allemande, 1808), ce sentiment se cristallise progressivement dans les consciences.
Après la chute de Napoléon, les traités de 1815 redessinent et simplifient quelque peu la carte politique des pays germaniques, au profit des grandes principautés, notamment de l’Autriche et de la Prusse. Chancelier autrichien et champion de l’ordre européen issu du congrès de Vienne, le prince de Metternich impose aux États allemands la Confédération germanique, dont son conseil aux pouvoirs restreints, la Diète de Francfort, est sous le joug autrichien. Le système Metternich de haute surveillance des États de la Confédération laisse alors peu d’espace à tout sentiment national et pangermaniste. Pourtant, durant les premières décennies du xixe siècle, les Burschenschaften (camaraderies) — associations universitaires d’inspiration libérale — et les écrivains se réclamant du mouvement « Jeune-Allemagne » revendiquent déjà une Allemagne unifiée et démocratique avant que les associations ne soient supprimées et leurs membres exilés. Le reste des populations germaniques subit durement le marasme économique dû, pour partie, à la complexité de la Confédération.
Dans une Allemagne morcelée, les frontières sont nombreuses et les péages qui les jalonnent brident considérablement le commerce, donc tout démarrage industriel. En 1834, la Prusse initie une union douanière, le Zollverein, qui impose un tarif douanier unique et devient rapidement une véritable zone économique couvrant la plupart des États allemands, à l’exception de l’Autriche. Cette unité économique orchestrée par la Prusse est efficacement complétée par un réseau de chemin de fer qui est élaboré à partir de 1840. La Prusse brille bientôt par son dynamisme économique et par sa production industrielle : elle jouit, en effet, de la production du bassin houiller de la Ruhr et abrite des familles à fort potentiel — la famille Krupp, qui travaille dans l’acier depuis le début du siècle, prend son essor lors du décollage industriel du milieu du xixe siècle.
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