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Grand SiècleArticle
Plan de l'article
Présentation ; Le Grand Siècle ludovicien ; Le Grand Siècle de l’absolutisme ; Le Grand Siècle de l’Europe ; Le Grand Siècle du classicisme ; Bilan du Grand Siècle
Sur le plan artistique et intellectuel, le règne de Louis XIV fournit l’un des rares exemples de création officielle réussie. Le château de Versailles, où la Cour s’installe en 1681, illustre parfaitement la magnificence du souverain. Un style classique brillant et original se développe dans l’architecture alors que dans le reste de l’Europe, le baroque domine encore. Le Grand Siècle ludovicien est le siècle d’une littérature classique avec l’éloquence religieuse de Jacques Bossuet, la fable de Jean de La Fontaine, les maximes du duc de La Rochefoucauld et de Jean de La Bruyère, le style épistolaire de Madame de Sévigné, la satire de Nicolas Boileau ; mais également d’un théâtre classique avec la comédie de Molière, la tragédie de Jean Racine, l’art dramatique de Pierre Corneille. Le Grand Siècle est aussi le siècle de la musique avec Jean-Baptiste Lully et Jean-Henri d’Anglebert ; de la peinture avec Charles Le Brun, Le Lorrain, Pierre Mignard et Hyacinthe Rigaud ; de la sculpture avec François Girardon et Antoine Coysevox ; de l’architecture avec Louis Le Vau, Claude Perrault, François Mansart, Jules Hardouin-Mansart et le dessinateur de jardins André Le Nôtre. Enfin, des académies sont créées dans de nombreux domaines : Académie royale de peinture et de sculpture (1648), Académie royale de danse (1661), Académie royale des sciences (1666), Académie royale d’architecture (1671), Comédie-Française (1680).
Le bilan du règne exceptionnellement long de Louis XIV est difficile à évaluer. Sur le plan territorial, les gains sont indéniables, avec une extension vers l’est atteignant parfois au maximum 200 km (en Franche-Comté et en Alsace). Les nouvelles frontières sur le Rhin et dans les Alpes sont plus faciles à défendre et sont renforcées par la « ceinture de fer » de forteresses édifiées par Vauban. Néanmoins, près de cinquante années de guerre ont fait de la France une menace et un ennemi pour le reste de l’Europe. Louis XIV a commis une erreur majeure en sous-estimant les enjeux maritimes et coloniaux au profit des questions continentales — erreur dont l’Angleterre tire parti au xviiie siècle. En instituant une monarchie absolue, parfois plus soucieuse de fastes que d’efficacité politique, Louis XIV n’a plus à craindre la menace d’une noblesse, gardée à la Cour. Dès 1688, La Bruyère brosse, dans ses Caractères, un tableau significatif des mœurs de cette société courtisane dont il dénonce la superficialité. À l’opposé, à la fin du règne de Louis XIV, le peuple, composé à 90 p. 100 de paysans, vit toujours dans une grande pauvreté et subit une forte mortalité (espérance de vie de vingt-cinq ans), aggravée par de fréquentes famines. De fait, de la mort de Louis XIV à la Révolution de 1789, la France reste telle qu’il l’a laissée, une monarchie absolue couverte de dettes, encombrée de privilèges et incapable de toute initiative étrangère au souverain.
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