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Hildegard von Bingen

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Hildegard von Bingen, Liber de operatione deiHildegard von Bingen, Liber de operatione dei
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1

Présentation

Hildegard von Bingen (1098-1179), compositrice, poétesse et mystique allemande.

Célèbre pour ses visions prophétiques et ses poèmes liturgiques, Hildegard von Bingen (également connue sous le nom d’Hildegarde) est l’une des rares femmes du Moyen Âge à avoir exercé une influence politique et diplomatique significative.

2

Une femme influente

2.1

Un total dévouement à la vie spirituelle

Née à Bermersheim (Rhénanie-Palatinat, près de la frontière française), Hildegard von Bingen est issue d’une famille noble. Dixième enfant de parents très croyants, elle est confiée à l’Église en application de la règle de l’Ancien Testament : « Tu donneras à l’Éternel un dixième de tout ce qui t’appartient ». Elle entre, en tant que novice, au couvent des bénédictines de Disibodenberg (près de Mayence), sous la tutelle de la recluse Jutta de Spanheim. Elle prend le voile à quinze ans et lui succède en tant que mère supérieure à trente-huit ans. Entre 1147 et 1150, elle fonde un monastère féminin à Rupertsberg, près de Bingen, puis vers 1165, une nouvelle communauté à Eibingen. Elle initie ses nonnes aux chants, à l’écriture, à la reliure, à la gravure et à la science, habituellement réservée aux hommes. Elle entreprend par ailleurs des voyages au cours desquels elle réclame une réforme de l’Église. En 1177, un conflit l’oppose à l’archevêché de Mayence au sujet d’un noble excommunié. Devant son refus de se soumettre, le couvent est frappé d’excommunication et d’interdit religieux. Après un an de privation, elle réussit à obtenir la levée de l’interdit par l’archevêque.

2.2

La « sibylle du Rhin »

En 1141, une voix lui intime l’ordre de consigner ses visions mystiques qu’elle rassemble dans le Scivias (1141-1150), le Liber vitae meritorum (« le Livre des mérites », 1159-1163) et le Liber de operatione dei (« le Livre des œuvres divines », 1163-v. 1170). Elle consulte Bernard de Clairvaux qui les considère comme une grâce du ciel et l’invite à continuer à les publier. Le pape Eugène III prend position en sa faveur lors du grand synode allemand de Trèves, le 13 janvier 1148. Célèbre dans toute l'Europe, surnommée « la sibyllle du Rhin », Hildegard von Bingen est consultée par une foule d'empereurs, de monarques et de chefs religieux (Henri II Plantagenêt, Aliénor d’Aquitaine, Frédéric Barberousse), avec qui elle entretient une vaste correspondance en allemand et en latin ; elle intervient ainsi avec influence dans la vie politique et diplomatique de son temps.

3

Une œuvre multiple

3.1

Les « chants de l’extase »

De 1151 à 1158, Hildegard von Bingen écrit et rassemble environ 70 poèmes liturgiques destinés à être chantés par les sœurs du couvent dans un ouvrage intitulé Symphonia armonie celestium revelationum (« Symphonie de l'harmonie des révélations célestes »). Parvenues jusqu'à nous par deux sources manuscrites, ces pièces comprennent des hymnes, des séquences, des répons et des antiennes adressés à l’Esprit suprême. On y retrouve les caractéristiques du plain-chant médiéval allemand. Hildegard von Bingen est également l’auteur d’un drame liturgique, l’Ordo virtutum, vraisemblablement composé à l’occasion de la consécration du cloître de Rupertsberg en 1152. Comprenant 82 mélodies, il met en scène les péripéties spirituelles de l’âme tiraillée entre le démon et les vertus. Voir musique sacrée.

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