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Plan de l'article
Présentation ; L’acteur britannique par excellence ; L’appel d’Hollywood ; Une filmographie ambivalente, entre grand spectacle et cinéma d’auteur
Irons, Jeremy (1948- ), comédien de télévision, théâtre et cinéma britannique.
Né à Cowes, sur l'île de Wight, Jeremy Irons poursuit ses études à Sherborne en vue de devenir vétérinaire. Il décide toutefois rapidement de s’orienter vers la comédie et entre au conservatoire du Old Vic Theatre de Bristol. En 1971, il s’installe à Londres et interprète le rôle de saint Jean-Baptiste dans la comédie musicale Godspell (1972) ; sa composition aux côtés de David Bowie notamment lui apporte notoriété et reconnaissance dans le milieu théâtral britannique. La fin des années 1970 est ainsi marquée pour Jeremy Irons par de nombreux succès sur les scènes de la capitale britannique. Le réalisateur américain Herbert Ross lui offre son premier rôle à l’écran dans Nijinsky (1980). L’année suivante, il apparaît au générique de l’adaptation pour la télévision de Brideshead Revisited : incarnant avec subtilité les errances sentimentales et existentielles de Charles Ryder, héros du roman d'Evelyn Waugh, Jeremy Irons est immédiatement « adopté » par la critique et le public qui voient en lui la parfaite expression — autant physique que psychologique — du gentleman anglais, sensible, parfois distant, toujours digne, en toutes circonstances. Mise en abyme cinématographique — deux intrigues similaires (l’une relevant de la fiction, l’autre inscrite dans la réalité) s’entremêlent et se répondent —, la Maîtresse du lieutenant français (The French Lieutenant's Woman, 1981), film réalisé par le Tchécoslovaque Karel Reisz sur un scénario d’Harold Pinter (adaptation du roman éponyme de John Fowles), confirme l’aisance de Jeremy Irons, ici aux côtés de Meryl Streep, à camper des personnages « naviguant » en eaux troubles.
Si Un amour de Swann (Swann In Love, 1984) — adaptation du roman de Marcel Proust réalisée par Volker Schlöndorff, avec Alain Delon en baron de Charlus et Ornella Muti en Odette de Crécy — prolonge la veine « romantique » de ses premiers rôles, la récompense obtenue la même année par Jeremy Irons pour sa performance dans la pièce de Tom Stoppard The Real Thing marque un tournant décisif dans sa carrière, désormais orientée vers des films plus grand public que par le passé. Mission (The Mission, 1986) de Roland Joffé, évocation lyrique et spectaculaire (notamment portée par une bande originale composée par Ennio Morricone) du rôle des missionnaires jésuites en Amérique latine au xviiie siècle et palme d’or au festival de Cannes, constitue la première incursion de Jeremy Irons, épaulé par Robert De Niro, en « territoire » hollywoodien. Dirigé par le Canadien David Cronenberg dans Faux Semblants (Dead Ringers, 1988), Jeremy Irons dévoile un pan jusque-là méconnu de ses capacités d’acteur en s’intégrant parfaitement dans un climat oppressant d’inquiétante étrangeté créé par une mise en scène clinique, elle-même au service d’un scénario explorant les limites et les dangers de la schizophrénie. Habité par la personnalité énigmatique de Sunny von Bulow dans le Mystère von Bulow (Reversal of Fortune, 1990) de Barbet Schroeder, il obtient un oscar et s’impose comme l’un des comédiens les plus respectés du cinéma anglo-américain. Fatale (1992) de Louis Malle est en outre pour Jeremy Irons l’occasion d’endosser à nouveau, avec Juliette Binoche en partenaire féminine, les habits d’un séducteur tiraillé entre passion et culpabilité.
Les années 1990 se révèlent toutefois moins denses en termes de qualité : Waterland (1992) de Stephen Gyllenhaal, le Masque de fer (The Man in the Iron Mask, 1998) de Randall Wallace ou encore Die Hard: With A Vengeance (1995) de John McTiernan, avec Bruce Willis, lui permettent certes de conquérir un nouveau public, mais ne lui offrent la possibilité d’exprimer qu’une partie de son talent. C’est pourquoi il alterne avec des films plus ambitieux : Beauté volée (Stealing Beauty, 1996) de Bernardo Bertolucci, portrait sensuel du voyage initiatique d’une adolescente (Liv Tyler) à la recherche de ses origines et de son identité ; Chinese Box (1997) de Wayne Wang, scénario de Jean-Claude Carrière plaçant un journaliste britannique au cœur de la restitution de Hong Kong à la Chine ; ou Lolita (1997) d’Adrian Lyne, relecture personnelle du roman de Vladimir Nabokov. Malgré les nombreuses sollicitations des studios hollywoodiens — Dungeons & Dragons (2000), de Courtney Solomon, est la dernière en date —, Jeremy Irons demeure en Angleterre, affichant ainsi clairement sa volonté de conserver sa spécificité d’acteur britannique. En 2002, il apparaît au générique de And Now… Ladies and Gentlemen de Claude Lelouch (film présenté au festival de Cannes) et de Callas Forever de Franco Zeffirelli ; il y interprète le producteur de Maria Callas et tente de convaincre la diva de remonter une dernière fois sur scène pour chanter Carmen.
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