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Caravane sur la route de la SoieCaravane sur la route de la Soie
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Présentation

voyage, récit de, relation d’un séjour ou d’un périple, réel ou fictif, décrivant une région, un pays, une partie du monde connue ou inconnue, voire une contrée imaginaire. Le narrateur du récit de voyage est celui qui — effectivement ou fictivement — a voyagé.

Il y a eu des récits de voyage à toutes les époques et dans toutes les civilisations. Tous ont été en leur temps le reflet de l’état de la connaissance du monde (Voir aussi exploration géographique), le récit de la découverte du globe et de ses confins, aussi bien réels qu’imaginaires.

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Un genre littéraire multiforme

Quand il est centré sur un voyage qui a réellement eu lieu, le récit de voyage se démarque du roman qui permet d’inventer des mondes imaginaires, tout comme du récit de science-fiction, qui raconte un voyage imaginaire dans un univers virtuel. Il se distingue également du document scientifique (géographique, anthropologique…) qui dispense des observations objectives ou des synthèses susceptibles de davantage susciter l’intérêt que le voyage qui les a permises, et du guide de voyage, ouvrage pratique visant à orienter et informer le lecteur pour un voyage encore à accomplir.

Le récit de voyage n’est pas un genre codifié, et il peut prendre des formes très diverses, comme le carnet de route, un recueil de notes prises sur le vif, la chronique, une relation chronologique des événements, qui devient journal si elle est quotidienne, le rapport, un compte rendu plus officiel destiné à une administration ou un organisme de recherche. Lorsque le voyage permet d’émettre ou de vérifier une théorie (scientifique, anthropologique, culturelle), le récit prend les allures d’un essai. Le récit de voyage peut également adopter une forme épistolaire. Par ailleurs, le voyage peut être pour l’auteur l’occasion d’une découverte de lui-même ; l’introspection prend alors le pas sur la description des lieux visités.

Genre journalistique, le grand reportage prend place dans un journal ou une revue. Il est plus concis, plus synthétique que le récit de voyage. À la fois compte-rendu, témoignage et analyse de faits, il décrit et explique. Il est le fruit d’observations faites durant un voyage, mais aussi le résultat de recherches, d’enquêtes, d’entretiens. Il a été popularisé par Albert Londres (Au bagne, 1924 ; Terre d’ébène, 1929).

Le récit de voyage peut être aussi le récit d’un voyage imaginaire dans une contrée fabuleuse. L’un des tout premiers modèles du genre est l’Histoire véritable de Lucien de Samosate (ive siècle) ; dans l’Antiquité grecque, les périples des héros de la mythologie, comme celui d’Ulysse, ont servi de matière à des épopées, sans doute la forme la plus ancienne du récit de voyage.

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Caractéristiques et procédés

Bien que peu codifié et protéiforme, le récit de voyage peut néanmoins être caractérisé par quelques permanences. Il est écrit à la première personne ; il apparaît comme le reflet direct de l’expérience personnelle de l’auteur. Il peut mêler différents types de discours : géographique, politique, historique, linguistique, ethnologique, etc. Il adopte la plupart du temps une structure en boucle : il commence par le départ et se termine par le retour — le voyage de retour étant fréquemment marqué par des épisodes symétriques à ceux du voyage aller. Il a un but didactique, et cherche à transmettre une connaissance à quelqu’un ; le public visé appartient à la même culture que l’auteur du récit, et partage son ignorance face à des cultures et lieux étrangers. Le récit de voyage s’élabore en deux temps : au temps du voyage (et aux notes, croquis, photos prises « sur le vif ») succède l’écriture de celui-ci, dans lequel l’auteur raconte les événements qui ont eu lieu durant son périple, et décrit ce qu’il a vu. Il témoigne donc d’un souci de vérité (croquis ou photos attestent parfois de la réalité des faits).

La description, généralement parallèle au récit dans le roman, joue un rôle essentiel dans le récit de voyage : elle permet à l’auteur de rendre compte de ses observations et de transmettre ses nouvelles connaissances. Le discours, même lorsqu’il se veut objectif, comporte toujours une part de subjectivité : confronté durant le voyage à des réalités nouvelles, étrangères, l’auteur les appréhende à travers le prisme de sa culture, de ses connaissances. Il fait souvent des rapprochements avec les réalités que lui et les lecteurs connaissent, d’où l’utilisation courante de la comparaison, de l’analogie, ou de l’opposition quand l’ailleurs diffère des réalités familières.

La plupart du temps, le récit de voyage suit le déroulement du voyage, souvent au jour le jour. L’enchaînement des événements lui donne une cohérence. Les indications temporelles, comme les indications spatiales, sont abondantes. Il y a donc une sorte de conflit entre le récit des événements du voyage et la description qui l’interrompt dans son déroulement ; le passage du mode narratif au mode descriptif est souvent abrupt.

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D’Hérodote à Marco Polo

Dans l’Antiquité, les récits de périples décrivent des contrées et des populations encore inconnues. Les premiers exemples en sont le Périple du voyageur carthaginois Hannon et les Histoires d’Hérodote, récit de ses voyages en Asie Mineure, en Afrique du Nord et dans la région de la mer Noire. Les Histoires mêlent des considérations sur la géographie humaine à des descriptions de géographie physique. Cependant, la dimension du merveilleux, qui imprègne aussi les récits fabuleux de l’Antiquité comme l’Histoire véritable de Lucien de Samosate, est également présente dans les descriptions d’Hérodote. Dans la description archétypale de la contrée merveilleuse, située aux confins du monde connu, figurent les évocations d’une faune et d’une flore fabuleuses.

La tradition du récit de voyage dans une contrée imaginaire recoupe celle du voyage initiatique par excellence, celui de l’âme. Dans la Divine Comédie de Dante, l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis sont décrits comme des lieux effectivement visités. La géographie de l’Enfer, chez Dante, n’est pas moins précise que celle des mythes grecs de l’Hadès, avec sa topographie, ses fleuves et ses régions.

À la fin du Moyen Âge, le Devisement du Monde (ou Livre des merveilles du monde) de Marco Polo (rédigé vers 1298) raconte le périple du voyageur vénitien dans la Chine de l’empereur Kubilaï Khan. Mêlant des détails authentiques à des éléments de légende, le Livre des merveilles du monde fournit à l’Europe de l’époque l’une des premières descriptions de l’Extrême-Orient et des mœurs de la société chinoise. C’est sur la foi des informations contenues dans l’ouvrage de Marco Polo que Christophe Colomb s’est embarqué pour les Indes occidentales.

On dispose également de témoignages écrits, antérieurs à la conquête européenne, émanant de voyageurs arabes : le rihla (« journal de voyage »), d’inspiration occidentale, apparaît au xiie siècle, et réunit le récit pur d’un périple, décrit au jour le jour, à des observations géographiques, sociétales, religieuses et historiques. Ibn Djubayr (1145-1217) laisse un récit de voyage en Orient, tandis que Ibn Battuta, dont le rihla apparaît comme le modèle du genre, décrit certaines régions de l’Afrique au xive siècle, cent cinquante ans avant les navigateurs européens.

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