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État-providence

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Présentation

État-providence, terme désignant la forme prise par l'intervention de l'État dans la vie économique et sociale d’un pays.

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Les grands principes

La nécessité et l'utilité de l'État-providence trouvent leur meilleure expression dans le rapport de l'économiste britannique William Henry Beveridge publié pendant les années 1940. Il assigne au Welfare State la tâche d'organiser le bien-être de la population par le développement d'un système de protection sociale unifiée qui doit libérer l'homme du besoin et permettre une égalisation des chances entre des individus aux capacités financières différentes. Le principe libéral, selon lequel protection sociale et efficience sont antinomiques, est rejeté au nom de la recherche d'une plus grande justice.

Le développement de l'État-providence revient en effet à une négation des théories libérales qui voient dans le fonctionnement du marché le seul moyen d'atteindre le maximum économique. L'État-providence se traduit à l'inverse par une intervention vigoureuse de l'État dans tous les domaines de l'économie et du social.

L'État acquiert ainsi un rôle essentiel dans la redistribution des revenus, ce qui permet d'entretenir la consommation et la croissance. Il mène à court terme des politiques de régulation conjoncturelle pour atteindre certains taux d'inflation ou équilibrer les échanges avec l'extérieur. En France, il occupe une position prééminente en termes de politique de développement économique grâce au commissariat général au Plan qui fournit études et prospectives permettant l'élaboration d'une planification incitative de cinq années.

L'influence de l'État sur l'économie s'exerce aussi par l'intermédiaire du secteur public où les objectifs de l'État prennent le pas sur ceux des usagers pour atteindre d'autres buts, par exemple la maîtrise du prix de l'électricité par une augmentation du nombre de firmes concernées par ce domaine.

Mais c'est dans le domaine financier que l'intervention de l'État est la plus importante avec la création d'impôts comme la TVA, et le financement des investissements par l'intermédiaire de différents fonds.

Le domaine social est lui aussi de plus en plus marqué par les décisions publiques. L'État développe une protection sanitaire et sociale étendue grâce à la Sécurité sociale et au contrôle qu'il exerce sur les professions de santé, organise l'assurance chômage et peut prendre des mesures en fonction de certaines catégories qu'il cherche à favoriser (enfance, famille avec les allocations familiales, par exemple) (voir Sociales, prestations et allocations).

L'État se reconnaît aussi des obligations en matière éducative, culturelle ou d'aménagement du territoire.

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Les limites

Cette « hérésie » par rapport aux théories libérales a commencé à montrer des défaillances au début des années 1970. De plus en plus, on dénonce le trop d'État et on prône une situation où l'État privilégierait l'arbitrage plutôt qu'une intervention systématique. Cette nouvelle conception du rôle de l'État passe par la constatation des échecs subis en matière de politiques structurelles qui conduit à la relégation du plan ou des politiques conjoncturelles, la relance n'étant pas parvenue à faire diminuer le chômage au cours des années 1970, et l'apparition des déficits de certains régimes de Sécurité sociale.

Ces faiblesses entraînent une remise en cause de l'État-providence et une interprétation qui fait de la crise, la crise de l'État-providence dont on pourrait sortir par un retour au capitalisme. La critique théorique s'appuie sur quatre points : une négation de la rationalité des choix publics établie par l'économiste Pigou dans les années 1920 et qui aboutit à la conclusion que les décisions publiques sont issues d'arbitrages entre des intérêts particuliers et non de l'intérêt général ; le caractère déstabilisant des politiques conjoncturelles ; les limites à la croissance des prélèvements obligatoires (impôt) ; la dénonciation de l'action déterminante des groupes de pression dans la réglementation pouvant entraîner un surcoût des activités économiques.

Depuis les années 1980, la tendance est au désengagement de l'État, ce qui s'est traduit en France par une recherche de neutralité budgétaire, une déréglementation de certains secteurs ou des vagues de privatisation.

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