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américain, cinéma

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2.4

L’apport décisif de D.W. Griffith

En pleine expansion, la société Biograph engage l’acteur et auteur dramatique D. W. Griffith, sans doute le premier réalisateur à s’intéresser aux techniques narratives. Il invente un certain type de mise en scène et utilise dès ses débuts davantage de plans dans un même film que les autres réalisateurs. Il privilégie le jeu des acteurs et pratique le montage en parallèle afin d’accroître les qualités dramatiques de ses réalisations. Il travaille pour la société Biograph pendant plusieurs années, produisant jusqu’à 30 minutes de film par semaine. Plusieurs de ses acteurs passent derrière la caméra, notamment Mack Sennett, responsable des comédies de la Biograph avant de créer la société Keystone.

Les autres grandes entreprises de cinéma américaines imitent les méthodes de Griffith et cherchent à multiplier les plans dans une même scène. On voit la caméra se rapprocher de l’acteur, aussi bien dans les productions de Biograph que dans celles de Vitagraph. Griffith demeure néanmoins le plus créatif des réalisateurs de l’époque, cherchant sans cesse l’alternance entre plans éloignés et plans rapprochés afin d’accroître l’émotion aux moments appropriés. Le réalisateur fait preuve de la même invention dans les changements de rythme obtenus au montage du film.

2.5

L’avènement d’Hollywood : l’évolution des techniques cinématographiques

En 1907, la société Selig de Chicago déplace une partie de sa production près de Los Angeles. Peu à peu, la plupart des autres producteurs (Universal, Fox, Warner, les futurs fondateurs de Paramount, Thomas Ince, Mack Sennett, etc.) s’installent à Hollywood et dans ses environs pour profiter de l’ensoleillement des lieux, de la diversité des décors naturels et des avantages économiques locaux.

2.5. 1

La naissance d’un genre : le western

Les westerns, tournés en Californie dès 1898, connaissent une grande vogue dans les années 1910 ; de futurs metteurs en scène reconnus (Griffith, John Ford, Frank Borzage) sacrifient au genre dès leurs premières bobines. L’une des innovations marquantes de l’époque est le contrechamp, c’est-à-dire le plan tourné dans la direction inverse de la scène précédente.

2.5. 2

Point de vue, coupures et montage

Un autre procédé associé au contrechamp est utilisé : le point de vue, c’est-à-dire le plan tourné à partir de la position de l’acteur dans le plan précédent ou suivant. Bien que les prises de vue à l’aide d’un cache noir simulant le regard à travers un instrument optique ou une serrure aient été utilisées dès le début du cinéma, le plan offrant exactement ce que le personnage voit sans utiliser un masque ne devient un procédé standard qu’à cette époque.

Le découpage des films en un nombre croissant de plans oblige les réalisateurs à améliorer leurs enchaînements. On développe le principe de la coupure en pleine action, au moyen des changements de plans. L’ultime acquis du cinéma muet est l’introduction des intertitres relatant les dialogues des personnages au cours de la scène, de manière à imiter au mieux le théâtre. Grâce à tous ces progrès, et notamment à un montage plus rapide, le public participe de plus en plus intensément à l’action et la fréquentation des salles de cinéma s’accroît.

2.5. 3

Charlie Chaplin et les comiques américains

Mack Sennett applique les méthodes de Griffith à l’humour et y mêle des éléments de la comédie à la française pour composer un genre de comédie typiquement américain. Charlie Chaplin utilise les influences de Max Linder et de Mack Sennett, et développe son propre personnage, Charlot ; ses premiers pas d’acteur datent de 1914 avec Pour gagner sa vie (Making A Living, Henry Lehrmann), et ses premières réalisations de 1915 avec Charlot débute (His New Job). Les studios de New York et de Californie révèlent de nombreuses autres vedettes comiques qui seront connues dans le monde entier : Harry Langdon, Harold Lloyd, Laurel et Hardy, etc.

2.6

Les premiers longs métrages

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