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américain, cinéma

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2.6. 1

Richard III (James Keane)

Avant la Première Guerre mondiale, les Européens se lancent dans le tournage de films plus longs, consommant plus d’une seule bobine. Bien que le système de distribution américain soit défavorable aux films longs, les réalisateurs américains rejoignent le mouvement. Ce genre de production ne débute réellement qu’en 1912, avec Richard III, puis avec des films tels que Traffic in Souls (1913), qui traite de la prostitution à New York. Adaptation de la célèbre pièce de William Shakespeare filmée par un réalisateur inconnu du nom de James Keane et produit par MB Dudley Amusement Co. (New York), Richard III constitue le plus ancien long métrage tourné aux États-Unis.

2.6. 2

Une nouvelle écriture cinématographique

Au fur et à mesure de la banalisation du long métrage aux États-Unis, l’écriture du scénario devient prépondérante ; les techniques du théâtre, inspirées des modèles européens, s’imposent au cinéma. L’un des ingrédients du succès est l’intrigue qui, idéalement, impose deux obligations au héros : relever un défi et conquérir une belle. Il faut également alterner action, comédie, drame et romance d’une scène à l’autre et, si possible, à l’intérieur de chaque scène.

Ces recettes sont bien assimilées par des personnalités issues du théâtre telles que Griffith, Cecil B. DeMille ou Mary Pickford. Le premier essai de Griffith en la matière est le film « symboliste » intitulé la Conscience vengeresse (The Avenging Conscience, 1914), articulé autour de gros plans sur des objets destinés à exprimer pensées et émotions des personnages.

Les Américains développent de nouveaux procédés techniques, parmi lesquels le flashback (« retour en arrière »), qui permet d’insérer un épisode du passé au milieu d’un récit. Le déplacement de la caméra pendant le tournage (le travelling) devient aussi un procédé courant.

Après l’immense succès commercial de son film Naissance d’une nation (The Birth of A Nation) en 1915 — 825 000 entrées uniquement à New York —, Griffith investit ses bénéfices dans un film grandiose de quatre heures intitulé Intolérance (1916), avec quatre intrigues différentes. Chacun des récits est lui-même raconté en montage parallèle, ce qui rend probablement le film trop complexe pour le grand public. L’accueil mitigé réservé au film oblige les cinéastes à revenir à des récits plus linéaires.

De 1915 à 1925, de jeunes et brillants réalisateurs, dont Frank Borzage, Cecil B. DeMille, Marshall Neilan et Raoul Walsh perfectionnent la méthode narrative. À la fin des années 1920, les bases du cinéma dit « classique » sont déjà solidement fixées.

3

Le cinéma américain devient une industrie (1914-1925)

3.1

L’impact de la Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, les industries cinématographiques des pays d’Europe ont souffert des efforts de guerre réquisitionnant main-d’œuvre et matériaux, ainsi que de la perte des marchés. Certains réalisateurs européens, comme Maurice Tourneur ou Ernst Lubitsch, décident ainsi d’émigrer aux États-Unis.

En outre, l’industrie du film américain est totalement réorganisée. Déjà, l’exploitation a abandonné les petits Nickel Odeons au profit des grandes salles pouvant accueillir plus de mille spectateurs. C’est à cette époque qu’Hollywood devient le plus grand centre de production cinématographique au monde, au détriment de New York. Les nouveaux et vastes studios construits aux environs de Los Angeles permettent de mieux gérer et de mieux rentabiliser la production.

3.2

Le rôle des sociétés de production

Pendant plusieurs années, les sociétés de production fondées autour d’une star ou d’un réalisateur sont les foyers les plus actifs. Cependant, après la guerre, elles sont absorbées par des sociétés comme Universal et Paramount, qui possèdent des cinémas, des agences de distribution et des studios. Les cachets accordés aux stars telles que Mary Pickford et Charlie Chaplin devenant de plus en plus exorbitants, leurs films sont loués et projetés à un prix très élevé. C’est le début du règne des vedettes aux États-Unis ; conscients de leur valeur, Charlie Chaplin, Mary Pickford, Douglas Fairbanks et D. W. Griffith s’associent en 1919 pour constituer leur propre société, la United Artists (les Artistes Associés).

Les grandes sociétés de production et de distribution telles qu’on les connaît aujourd’hui sont en place vers 1930 : Metro Goldwyn Mayer, Warner Brothers, Columbia, Fox, Universal, Paramount et United Artists (ainsi que RKO, formée quelques années plus tôt). En pleine expansion, ces « majors » imposent des méthodes de production de plus en plus réglementées ; le producteur, placé au-dessus des réalisateurs, gère la production d’un petit nombre de films, depuis l’écriture jusqu’à l’achèvement du film. Quelques nouveaux réalisateurs peuvent cependant, non sans difficultés, bénéficier d’une certaine liberté.

3.3

L’émergence de personnalités et de styles originaux

Installé aux États-Unis depuis 1908, Erich von Stroheim mêle avec originalité un réalisme pointilleux et un grand sens de l’analyse psychologique dans des films tels que Folies de femmes (Foolish Wives, 1912) ou Les Rapaces (Greed, 1924). Charlie Chaplin, Buster Keaton et Harold Lloyd donnent au burlesque ses lettres de noblesse. Tom Mix, Douglas Fairbanks et Mary Pickford poursuivent leurs carrières de vedettes, tandis que d’autres artistes comme Norma Talmadge, Rudolph Valentino, Gloria Swanson et Colleen Moore séduisent un nouveau public.

Au milieu des années 1920, l’influence du cinéma allemand (et notamment de l’expressionnisme) est importante sur la production américaine. Ernst Lubitsch, F. W. Murnau (l’Aurore, 1927) et Dupont sont invités à Hollywood et y introduisent leurs mouvements de caméra, leurs effets de surimpression et leurs montages originaux. Cette influence est particulièrement visible dans les productions de Frank Borzage datant de cette époque.

4

L’avènement du cinéma parlant et l’âge d’or d’Hollywood (années 1930)

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