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Plan de l'article
Présentation ; Les origines de la peinture de paysage ; Le paysage au Moyen Âge ; Le paysage à la Renaissance (xve-xvie siècles) ; L’épanouissement du paysage (xviie-xviiie siècles) ; Le paysage au xixe siècle ; Le paysage depuis le xxe siècle
paysage, peinture de, genre pictural qui prend la nature pour principal sujet.
Les premières apparitions d’éléments de paysage dans des peintures remontent à des époques très anciennes. Cependant, dans l’Égypte ancienne et la Grèce antique, ce type de représentation demeure discret et n’est doté que d’une fonction symbolique ou décorative. Il faut attendre les développements artistiques qui se font jour dans la Rome antique pour assister pour la première fois dans l’histoire occidentale à une volonté réelle de dépeindre la nature pour elle-même. Au ier siècle de notre ère, Pline l’Ancien évoque à ce titre « la mode de décorer les murs de peintures représentant maisons campagnardes, portiques, jardins, bosquets, bois, collines, étangs, canaux, cours d’eau ou rivages ». Il subsiste divers fragments de peintures murales témoignant de l’intérêt de la civilisation romaine antique pour le paysage, notamment dans les vestiges de Pompéi, ensevelie lors de l’éruption du Vésuve en l’an 79 apr. J.-C.
Pendant la majeure partie du Moyen Âge, la fonction et la finalité de l’art étant presque exclusivement religieuses, le paysage n’apparaît dans la peinture que rarement, et de façon accessoire. À cette époque, les tableaux sont souvent dotés de fonds dépourvus de dessins, notamment des fonds d’or, et l’intérêt se concentre avant tout sur les figures représentées. Aux alentours du xive siècle, cependant, la représentation de la nature commence à acquérir ses lettres de noblesse. Il devient de plus en plus fréquent de situer les scènes religieuses dans un environnement à la fois bucolique et pittoresque (Giotto, Saint François prêchant aux oiseaux). Cet intérêt pour le paysage s’affirme au fil des années et s’illustre dans l’art de l’enluminure (en témoignent les Très Riches Heures du Duc de Berry, enluminées par les frères de Limbourg) mais aussi dans celui de la tapisserie. Cette évolution est le signe, d’une part, d’une redécouverte spirituelle de la nature (introduite dans la religion chrétienne par saint François d’Assise) et, d’autre part, de l’esprit d’observation scientifique qui va marquer la Renaissance.
Au xve siècle, la curiosité des artistes pour le traitement des éléments naturels et des paysages s’affirme avec une force nouvelle. Ainsi, la Pêche miraculeuse (1444, musée d’Art et d’Histoire, Genève) de l’artiste suisse Konrad Witz est considérée comme la première représentation identifiable d’un lieu existant, en l’occurrence un rivage du lac Léman — fait remarquable à une époque où les peintres travaillent exclusivement en atelier, et où il est de coutume d’imaginer ou de reconstituer à partir de croquis variés les éléments paysagers. À la même période apparaît l’enrichissement pictural des arrières plans des tableaux, qu’il s’agisse de portraits ou de scènes religieuses. Bien qu’ils ne constituent pas le sujet central des œuvres, le soin et la finesse qui président à leur exécution n’en demeurent pas moins remarquables. Cet intérêt s’exprime tout particulièrement chez les peintres flamands comme Jan Van Eyck (la Vierge au chancelier Rolin, 1435) ou Hans Memling. Cet exemple va nourrir le développement de l’intérêt des artistes italiens de la Renaissance pour la peinture de paysage. Les vues urbaines (Pisanello, Saint George) et les fonds sobres peuplés de quelques vues de lointain vont ainsi progressivement laisser la place à une conception à la fois plus bucolique et plus intellectuelle, voire poétique, des sujets. Cette approche est notamment illustrée par des peintres tels que Giorgione (la Tempête, 1506). Dans les mêmes années, Léonard de Vinci accorde également une importance de premier ordre aux paysages servant d’écrins à ses groupes de personnages (la Vierge aux Rochers, 1503-1506).
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