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Plan de l'article
trotskisme, mouvement et théorie politiques fondés sur les conceptions de Léon Trotski. Avant 1917, le trotskisme caractérise la position « hors faction » de ce dernier, opposé aux bolcheviks au sein du Parti ouvrier social-démocrate russe (POSDR). À partir de 1923, il synthétise les oppositions de gauche au stalinisme. En 1938, le terme finit par désigner tous les courants se réclamant de la théorie formulée par Trotski.
La contribution de Trotski au marxisme porte principalement sur l’accent mis sur l’élaboration d’une stratégie révolutionnaire à l’échelle mondiale, par opposition à la thèse de Staline prônant l’édification du socialisme dans un seul pays, à savoir l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). L’œuvre de Trotski contient également d’importantes analyses sur la révolution d’Octobre (voir Révolution russe de 1917), sur les mécanismes du stalinisme et du fascisme. Leader de la révolution russe, Trostki est écarté par Staline à la mort de Lénine, puis expulsé d’Union soviétique en 1929. En 1938, il favorise la fondation de la IVe Internationale avant de mourir assassiné au Mexique en 1940 par un agent de Staline. Se réclamant du marxisme-léninisme, Trotski articule sa théorie autour du concept de « révolution permanente », né de l’expérience révolutionnaire de 1905 (voir Révolution russe de 1905). Partant de la théorie marxiste de l’histoire, il propose une solution pratique pour permettre le passage de cette société paysanne, marquée par le féodalisme qu’est alors la Russie, à une société communiste. Il rejette l’alliance du prolétariat avec la bourgeoisie, défendue par les mencheviks convaincus de la nécessité d’une longue période de démocratie bourgeoise avant de passer au socialisme. Trotski prône une lutte des classes incessante jusqu’à l’avènement du socialisme. La révolution est ainsi permanente tant que le monde n’est pas devenu socialiste. Toute « expérience révolutionnaire », telle que les grèves, les manifestations ou les insurrections, constitue à ce titre un premier pas vers une révolution générale, internationale. Au sens strict, aucun pays ne saurait donc être prêt pour la révolution, mais tous les pays sont concernés, puisque le capitalisme s’est, au XXe siècle, mondialisé. La seule alternative existante est ainsi résumée par la formule : « socialisme ou barbarie ». Permanente sur le plan international, la révolution, selon Trotski, doit aussi l’être dans son fonctionnement et ne pas marquer de pause sous peine de devenir bureaucratique. Cette critique de gauche du stalinisme séduit rapidement nombre d’intellectuels en Europe, mais est fortement combattue par les divers partis communistes orthodoxes. En Espagne, le Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM), se réclamant du trotskisme, joue un rôle important dans les années trente ainsi qu’au cours de la guerre civile espagnole avant d’être réprimé par les staliniens. Après 1945, le mouvement trotskiste est déchiré par des luttes intestines et des divisions doctrinales. Bien qu’aucun des groupes trotskistes n’ait réussi cependant à gagner le soutien massif des classes ouvrières, certains ont connu une relative importance notamment en Amérique latine, en Birmanie, au Sri Lanka et en Inde. Cependant la critique trotskiste du stalinisme et de la bureaucratie a servi de sources doctrinales à nombre de cercles intellectuels de gauche.
Dès le début des années vingt, les théories de Trotski rencontrent un certain écho aussi bien parmi des communistes vite exclus du Parti communiste français (PCF), tels Boris Souvarine ou Alfred Rosmer, que parmi les intellectuels et les artistes, notamment les surréalistes dont Pierre Naville et Benjamin Péret. Une Ligue des communistes regroupant les partisans de Trotski se constitue en 1930, mais devant la faiblesse de son influence, elle décide de se dissoudre en 1935 et de pratiquer l’« entrisme » au sein de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), c’est-à-dire de noyauter les socialistes, afin d’orienter leur politique dans un sens plus révolutionnaire. Ils influencent ainsi fortement l’aile gauche de la SFIO, dirigée par Marceau Pivert. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le courant trotskiste est représenté principalement par le Parti communiste internationaliste (PCI), fondé en 1944, et par l’Union communiste internationaliste (UCI), née d’une scission en 1938. Cette dernière a pour stratégie de s’implanter parmi les ouvriers et prend une part très active dans la vague de grèves de 1947 qui secoue tout le pays. Le PCI de son côté connaît un certain succès auprès des intellectuels communistes qui, en rompant avec le PCF, cherchent une critique de gauche du stalinisme. Mais très vite, le PCI est en proie à de nombreuses scissions dont la plus importante a lieu en 1952, entre les partisans de Pierre Lambert et ceux de Pierre Franck. Moribond, le trotskisme enregistre un regain de succès en Mai 68, auprès de la jeunesse et des étudiants auxquels il offre une théorie et une pratique très structurées. Se créent alors la Ligue communiste, interdite en 1973, puis la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) dirigée par Alain Krivine, qui représente la section française de la IVe Internationale, et Lutte ouvrière (LO), issue de l’UCI, et dont la porte-parole est Arlette Laguiller. Impuissants à s’unir, par trop dogmatiques, ces différents mouvements échouent à perpétuer l’esprit de Mai 68 et connaissent à nouveau le déclin. Cependant lors de l’élection présidentielle de 1995, Arlette Laguiller recueille plus de 5 p. 100 des suffrages exprimés. De même, les listes de Lutte ouvrière réalisent des scores en hausse lors des élections régionales en mars 1998, bénéficiant de la désillusion d’une partie de l’électorat de gauche face à la politique du gouvernement Jospin au pouvoir de juin 1997 à mai 2002. En 1999, Lutte ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire présentent, pour les élections européennes, une liste commune qui obtient 5,2 p. 100 des suffrages et 5 sièges. Enfin, lors de l’élection présidentielle de 2002, trois partis se réclamant du courant trotskiste sont présents au premier tour et totalisent plus de 10 p. 100 des suffrages exprimés : Arlette Laguiller (LO) obtient 5,72 p. 100, Olivier Besancenot (LCR) 4,25 p. 100 et Daniel Gluckstein (Parti des travailleurs) 0,47 p. 100.
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