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islamique, philosophie

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1

Présentation

islamique, philosophie, philosophie propre à la culture de l'islam.

La philosophie islamique connaît plusieurs grandes tendances. La philosophie péripatéticienne suit très largement la tradition de la philosophie grecque, tandis que le soufisme et la « philosophie de la révélation » sont fondés sur la notion de connaissance mystique comme principe directeur de la pensée. Dès la fin du XIIe siècle, la philosophie péripatéticienne perdit son influence dans le monde islamique, où s'affirma durant plusieurs siècles l'idée que la philosophie est une activité dangereuse et hérétique remettant en cause les fondements de l'islam.

Depuis une période récente, on assiste à un renouveau de la philosophie péripatéticienne dans le monde islamique, marqué par ailleurs par la puissante influence de la philosophie occidentale moderne. Pourtant, en un sens, la philosophie n'a jamais été en déclin, même lorsque sa forme grecque fit l'objet de suspicion, dans la mesure où le monde islamique a toujours tenté de comprendre l'essence des réalités du Coran et du monde créé par Dieu.

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Origines de la philosophie islamique

La philosophie islamique débuta avec le traitement de problèmes juridiques et théologiques qui surgirent dans les premières années de l'expansion de l'islam et qui faisaient souvent appel à des raisonnements d'ordre philosophique. Ainsi, un des grands débats portait sur la question de savoir jusqu'à quel point il est possible de décrire Dieu à l'aide de concepts accessibles à l'entendement humain ou dans quelle mesure nous pouvons nous considérer comme libres au regard de la puissance de Dieu.

L'influence de la philosophie grecque atteignit le monde islamique lorsque le centre de l'Empire islamique passa de Damas à Bagdad et que le calife al-Mamun fonda, en 832, la Bayt al-hikma, la « Maison de la sagesse », qui était à la fois un observatoire, une bibliothèque et un centre de traduction de textes grecs en arabe.

Dès cette époque, l'islam dominait l'Égypte, la Syrie et la Perse, pays appartenant tous au monde de la culture grecque. Nombre des premiers traducteurs étaient des chrétiens, qui traduisaient du grec en syriaque puis du syriaque en arabe. À côté des traductions de textes philosophiques et scientifiques grecs, il y eut également de nombreuses traductions de littérature indienne et de littérature persane en arabe, lesquelles ne furent pas sans influencer le contenu des travaux scientifiques et mathématiques ultérieurs rédigés en arabe.

L'Empire islamique était entré en contact avec de grandes puissances culturelles, qu'il aspirait à comprendre et qui avaient engendré le désir d'utiliser les découvertes scientifiques et théoriques du monde non islamique.

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L'opposition à la philosophie

De nombreux musulmans mettaient en doute la nécessité de la philosophie pour les disciples de l'islam au nom de la foi en l'explication pratique et théorique que l'islam livrait de la nature de la réalité, la philosophie grecque paraissant souvent présenter des explications contraires. Les musulmans, disposant déjà d'un système théorique très élaboré — comprenant la jurisprudence (fiqh), la théologie, la grammaire et les principes d'interprétation du Coran — étaient nombreux à douter de la nécessité d'une science « étrangère » produite et transmise au monde islamique en grande partie par des incroyants.

Ces doutes religieux à l'égard de la philosophie n'étaient pas sans fondement si l'on considère qu'un grand nombre des principes directeurs de la philosophie grecque semblaient contraires à l'islam. Par exemple, la philosophie grecque tendait à admettre avec Aristote que le monde est éternel, qu'il existe une hiérarchie d'étants gouvernés par l'intellect ou la raison, que l'ascétisme est le seul style de vie souhaitable et que la raison est l'instrument adéquat de la recherche théorique. Ces thèses apparaissaient fort problématiques du point de vue religieux : si le monde est éternel, Dieu ne l'a pas créé à partir du néant ; si l'intellect est le stade supérieur du réel, seuls ceux qui sont capables d'atteindre un haut niveau d'intellectualité peuvent prétendre au salut. L'ascétisme s'oppose à l'idée normale de la vie bonne dans l'islam, conçue comme l'équilibre des plaisirs et des devoirs. Enfin, les musulmans considéraient que l'islam leur montre la bonne voie, alors que les philosophes tendaient à substituer la raison à la religion, laissant entendre que la religion est la voie appropriée de ceux qui sont incapables de faire usage de la raison, voie par conséquent bien inférieure à celle du raisonnement.

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Principaux penseurs

Les philosophes islamiques s'efforcèrent de résoudre ces contradictions apparentes. Le premier philosophe arabe, al-Kindi, ne voyait pas de contradiction fondamentale entre l'islam et la philosophie, celle-ci aidant le musulman à comprendre la vérité par des méthodes de tout autre nature.

Une fois mieux établie dans le monde islamique, la philosophie parvint à se distancier de la religion. Tous les penseurs qui ont succédé à al-Farabi considéraient la religion comme la voie de la vérité du simple croyant, par conséquent comme une version simple plutôt faible de la vérité. Le plus habile pourfendeur de cette conception de la philosophie fut Averroès, ou Ibn Ruchd, qui y mit fin, pour l'essentiel, au XIIe siècle, en critiquant les simplifications abusives et non fondées de la théologie musulmane et en refusant d'opposer philosophie aristotélicienne et révélation coranique, les considérant comme deux voies différentes pour atteindre la vérité. Les autres figures marquantes de cette période de la philosophie péripatéticienne furent Avicenne (Ibn Sina), Avempace (Ibn Baja), et Ibn Tufayl, dont les œuvres furent abondamment traduites en hébreu et en latin, et qui devinrent un élément essentiel des études universitaires et médicales de l'Europe judéo-chrétienne au Moyen Âge.

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