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sectes

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Secte Hare KrishnaSecte Hare Krishna
Plan de l'article
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Présentation

sectes, groupes religieux qui se définissent, ou sont définis, comme dissidents par rapport aux religions orthodoxes ou traditionnelles.

Le terme peut avoir des acceptions très différentes selon qu'il est utilisé par la science des religions, par les médias ou par le grand public.

Dans le contexte de l'étude sociologique des religions, le mot « secte » désigne, en général, un groupe qui s'est séparé de la religion dominante ou orthodoxe pour des raisons doctrinales. Il peut également signifier « partisan » ou « parti » : ainsi dans l'islam le terme « shiite » (de shia, « les partisans ») désigne-t-il (en Iran et ailleurs) les disciples d'Ali, gendre du prophète Mahomet. Dans le bouddhisme japonais, « secte » sert souvent à désigner les traditions intransigeantes du Nichiren pour les distinguer du bouddhisme mahayana plus éclectique et des autres traditions syncrétiques.

En revanche, dans l'usage courant, les termes « secte » et « sectaire » dénotent la déviance ; l'adhésion à une secte est perçue comme un signe d'aliénation et de désordres psychologiques et émotionnels.

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Historiographie du mot

L'usage savant du terme « secte » et de ses dérivés renvoie aux travaux du sociologue allemand Max Weber et du théologien Ernst Troeltsch (1865-1922). Ils définirent la secte par opposition à l'Église, sans toujours tenir compte du fait qu'il n'existe pas d'Église stricto sensu dans les religions et traditions non chrétiennes. À condition donc de substituer à la notion d'Église les termes culturellement plus neutres de « religion dominante », on peut reprendre une bonne partie de leur typologie des caractéristiques respectives de l'Église et de la secte. Weber et Troeltsch ont souligné la nature « inclusive » des Églises qui intègrent le saint comme le pécheur, le juste comme l'injuste, par opposition à « l'exclusivisme » des sectes qui n'admettent que les croyants engagés. Weber insista sur cette conséquence essentielle : l'adhésion à une secte est volontaire et doit se « mériter », tandis que l'Église n'impose ni examen ni qualifications pour y entrer.

Troeltsch a dépeint la secte comme un petit groupe composé en majorité de gens pauvres, ayant renoncé aux biens de ce monde et en quête d'un esprit de fraternité immédiate. Il y oppose les « réseaux mystiques », selon lui plus ouverts, moins systématiques et réglementés. Bien des sociologues contemporains (Victor W. Turner) jugent, au contraire, que ces groupes communautaristes (y compris les communautés hippies ou les gangs de jeunes) relèvent surtout de l'aspiration à la fraternité immédiate et d'une pensée d'allure apocalyptique.

Le sociologue britannique Bryan Wilson a préféré définir les sectes en fonction de leur rapport au monde. Il a ainsi fait une distinction entre des religions dominantes, généralement favorables au maintien de l'ordre établi, et les sectes, ou religions nouvelles, qui le contesteraient. Pour le reste, il reprend largement Max Weber : la secte est une organisation volontaire ; l'appartenance à une secte, organisation exclusive, demande de faire ses preuves ; les dissidents — sur le plan moral ou doctrinal — sont exclus ; la secte se conçoit elle-même comme un groupe d'élus et insiste sur l'égalité entre ses membres tout en admettant une forte hiérarchisation.

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Typologie des sectes d'origine chrétienne

Wilson a défini quatre catégories de sectes. La première ou secte conversionniste : l'Armée du Salut et les Églises évangélique et pentecôtiste en offrent des exemples. Elle se caractérise par un grand attachement à la véracité littérale de la bible et par l'importance accordée à l'Évangile, aux thèmes du péché et de la rédemption.

La deuxième ou secte adventiste : les mormons et les témoins de Jéhovah en sont des exemples. Elle fait de la foi authentique et non de l'expérience de la conversion la condition principale de l'adhésion. Ces sectes adventistes attendent d'une intervention divine le renversement de l'ordre social existant. Elles se rapprochent par là des mouvements millénaristes qui annoncent l'imminence d'un changement radical et bénéfique ouvert à tous ceux qui ont la foi.

Les sectes que Wilson nomme « introversionnistes » insistent sur le repli hors du monde et dans la communauté des élus. Cette tendance à l'isolement est un trait commun à beaucoup de sectes contemporaines.

Enfin, le quatrième grand type est la secte gnostique qui, loin de souscrire au retrait hors du monde, offre au contraire sa propre théorie et interprétation de la véracité divine spécialement formulée pour la vie en société. La science chrétienne et un certain nombre de mouvements du New Age relèveraient de cette dernière catégorie.

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Coercition sectaire et pouvoirs publics

On explique souvent le foisonnement actuel des sectes par l'anxiété éprouvée, en particulier par les couches défavorisées, devant les changements profonds et rapides de la société. Régulièrement des révélations viennent confirmer les méthodes de recrutement coercitif et l'existence de structures hiérarchiques autoritaires dans beaucoup de ces mouvements. Cela pose naturellement un problème de libertés publiques. L'attrait qu'exercent de nouvelles religions contemporaines sur ceux qui recherchent de nouvelles formes de spiritualité peut mener aux plus graves dépendances psychologiques. Cependant, les pouvoirs publics sont mal fondés à décider, en dehors de délits établis, quels mouvements sont condamnables et quels autres permettent à des individus (voire à des sociétés entières comme dans le cas des cultes du Cargo en Mélanésie pendant la période coloniale) d'assimiler et d'accepter les changements rapides de leurs conditions culturelles, sociales et économiques.

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