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Résultats avec Windows Live® Search Cassavetes, JohnArticle
Plan de l'article
Présentation ; Amateurisme et indépendance : une démarche avant-gardiste ; Un cinéaste et ses acteurs : une intense symbiose ; De multiples projets
Cassavetes, John (1929-1989), acteur, réalisateur, scénariste et producteur de cinéma et de télévision américain. John Cassavetes occupe une place unique dans le cinéma américain : l’acteur, formé aux méthodes de l’Actors Studio, a interprété pour Hollywood de nombreux rôles, souvent peu contrastés, qui ont financé son indépendance artistique ; le réalisateur, refusant toute concession commerciale, a connu un grand succès avec ses psychodrames puissants sur la vie de couple, servis par un fidèle groupe d’acteurs.
Né à New York, fils d’un homme d’affaires grec, John Cassavetes suit les cours de la New York Academy of Dramatic Arts. Il s’illustre dans un premier temps comme acteur, tenant plus de quatre-vingts rôles à la télévision, notamment dans la série Johnny Staccato dont il incarne, entre 1959 et 1960, le célèbre héros, un pianiste de jazz reconverti en détective privé. Après sa première apparition sur le grand écran, dans Taxi (1953) de Gregory Ratoff, il est cependant cantonné dans des rôles de mauvais garçons torturés, peu valorisants. Afin de financer son premier long métrage, John Cassavetes lance un appel à souscription lors d’une émission radio, qui, contre toute attente, est généreusement entendu. Tourné en quelques jours, Shadows (1959) affiche un amateurisme expérimental audacieux et repose en grande partie sur l’improvisation d’acteurs non professionnels dans l’univers jazz new-yorkais de Greenwich Village. Après avoir été remonté à l’issue d’une première projection publique désastreuse, le film reçoit un accueil très favorable en Europe, ouvrant au réalisateur les portes de Hollywood. Deux ans plus tard, les studios Paramount lui confient ainsi la réalisation de la Ballade des sans-espoirs (Too Late Blues, 1961), qui se solde par un échec cuisant ; recueilli par United Artists, John Cassavetes réalise Un enfant attend (A Child Is Waiting, 1963), mais il est congédié par son producteur Stanley Kramer, qui remonte largement le film. Marqué par l’expérience, John Cassavetes rompt alors avec l’industrie cinématographique hollywoodienne et adopte un statut d’artiste indépendant, réalisant, produisant et distribuant ses propres films grâce à ses cachets d’acteur. Sa carrière de comédien, ouvertement commerciale, n’est cependant pas exempte de réussites, en particulier dans les années 1960, avec ses rôles dans À bout portant (The Killers, 1964) de Don Siegel, les Douze Salopards (The Dirty Dozen, 1967) de Robert Aldrich (pour lequel il est nommé aux oscars en tant que meilleur second rôle masculin), Rosemary’s Baby (1968) de Roman Polanski ou, pour la télévision, dans la série Alfred Hitchcock Hours (1964).
John Cassavetes doit pourtant attendre près de dix ans avant de réaliser son deuxième film indépendant, Faces (1968), première collaboration avec son égérie Gena Rowlands, qui inaugure une série de drames psychologiques intenses, au ton et à la forme novateurs. Sans jamais verser dans l’analyse ni le commentaire, le cinéaste y expose la lente désintégration d’un mariage, le montage final ne retenant des dix-sept heures tournées à l’origine — prix d’une liberté totale consentie à ses acteurs — « que » cent vingt neuf minutes, sanctionnées par un succès critique et commercial imprévu. Avec Husbands (1970), qui relate la virée tragi-comique de trois quadragénaires après la mort d’un de leurs amis, le réalisateur porte plus avant encore la déconstruction narrative, dans un film pudique et exigeant, tout entier livré à son trio d’acteurs, Ben Gazzara, Peter Falk et John Cassavetes lui-même. Ainsi va l’amour (Minnie and Moskowitz, 1971) est pour sa part une comédie amère, qui peut aussi se lire comme un hommage déguisé à la magie hollywoodienne. Une femme sous influence (A Woman under the Influence, 1974), le chef-d’œuvre de John Cassavetes, est une exploration douloureuse des déchirements d’une femme inadaptée et schizoïde (interprétée par Gena Rowlands dans l’un de ses plus beaux rôles), mariée à un ouvrier de travaux publics fruste et incompréhensif (Peter Falk). Le réalisateur y impose son Cinéma Vérité faussement désinvolte, à la spontanéité patiemment restituée par de longues répétitions et que distinguent notamment des cadrages étouffants et empathiques, traquant, au plus près des visages, sentiments et émotions. Avec Meurtre d’un bookmaker chinois (le Bal des vauriens) (The Killing of A Chinese Bookie, 1976), scénarisé par Martin Scorsese, le réalisateur se frotte au film noir dont il dévoie, à son habitude, les conventions narratives.
Fidèle à son système d’autofinancement, John Cassavetes multiplie les projets dans les années 1970 et 1980, jouant dans plusieurs films aux ambitions artistiques variées : Capone (Capone, 1975) de Steve Carver ; Mikey and Nicky (1976) d’Elaine May, un film qui évoque ses propres réalisations, avec son ami Peter Falk ; Furie (The Fury, 1978) de Brian de Palma, aux côtés de Kirk Douglas ; C’est ma vie après tout (Whose Life Is It Anyway?, 1981) de John Badham, un drame grand public ; Tempest (1982) de Paul Mazursky, une adaptation de la Tempête de William Shakespeare, avec Gena Rowlands ; Marvin & Tige (1983) d’Eric Weston, un mélodrame ; ou encore The Incubus (1981) de John Hough, un film d’horreur. Parmi ses dernières réalisations figurent Opening Night (1977), dont Gena Rowlands illumine la terrible noirceur, Gloria (1980), un film noir qui sacrifie exceptionnellement au goût hollywoodien, et Love Streams (1984), récompensé au festival de Berlin ; en 1986, il remplace au pied levé Andrew Bergman pour la réalisation de la comédie Big Trouble, vite reniée. Puis, se découvrant une maladie avancée, John Cassavetes se tourne vers une première passion, le théâtre, et présente en 1987 à Los Angeles sa pièce A Woman of Mystery. Huit ans après son décès, le 3 février 1989, son fils Nick réalise un film remarqué, She’s So Lovely (1997), adapté d’un scénario de son père.
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