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Cimino, Michael

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Cimino (Michael), Voyage au bout de l'enferCimino (Michael), Voyage au bout de l'enfer
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Présentation

Cimino, Michael (1943- ), scénariste, réalisateur et producteur de cinéma américain, également écrivain.

Michael Cimino appartient à une génération de cinéastes — le « nouvel Hollywood » — qui s’est attachée à dresser un portrait sans concession de l’Amérique des années 1970, traumatisée par la guerre du Viêt Nam. Sans doute trop radical dans son propos, le réalisateur s’est toutefois heurté à une incompréhension et un rejet qui l’ont conduit à délaisser le cinéma au profit d’une expression artistique plus adaptée à son pessimisme critique, la littérature.

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La mauvaise conscience de l’Amérique

Né à New York, Michael Cimino suit des études d’histoire de l’art à l’université de Yale avant de débuter sa carrière dans le cinéma comme réalisateur de téléfilms et de films publicitaires, puis comme coscénariste pour Silent Running (1971) de Douglas Trumbull. Il cosigne ensuite avec John Milius le scénario du second volet des histoires de l’inspecteur Harry incarné par Clint Eastwood, Magnum Force (1973) de Ted Post.

Le Canardeur (Thunderbolt and Lightfoot, 1974), une comédie policière à suspense notamment interprétée par Clint Eastwood et Jeff Bridges, est le premier long métrage de Michael Cimino. C’est à la faveur de Voyage au bout de l’enfer (Deer Hunter, 1978) qu’il obtient reconnaissance et succès. Grâce à une construction en triptyque (trois périodes, trois personnages principaux) et à une efficacité romanesque liée au drame de la guerre du Viêt Nam, le réalisateur développe les thèmes majeurs de son cinéma : le portrait de personnalités complexes, le goût des mythes fondateurs et les coulisses d’une Amérique malade de son déni de l’histoire. Le film est récompensé par trois oscars (meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur second rôle masculin pour Christopher Walken).

Michael Cimino tourne ensuite la Porte du paradis (Heaven’s Gate, 1981), un film fleuve sur un épisode oublié de la conquête de l’Ouest au cours duquel des immigrants se sont violemment opposé à des éleveurs de bétail. Traversé d’une grande force lyrique et empreint d’un désenchantement crépusculaire, le film est un échec retentissant : l’inversion des valeurs traditionnelles du western (minorités massacrées, terres spoliées, racisme), la face sombre du rêve américain et les échos d’un budget initial largement dépassé sont particulièrement mal accueillis. Au-delà de cet échec patent, la crédibilité et la pérennité du regard novateur et critique des réalisateurs du nouvel Hollywood sur l’Amérique de l’après-Viêt Nam sont remises en question.

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L’exil intérieur

La carrière de Michael Cimino marque alors le pas. L’Année du dragon (The Year of the Dragon, 1985) lui assure toutefois un regain d’intérêt au sein de l’industrie cinématographique américaine. Sur un scénario cosigné par Oliver Stone, le réalisateur déploie dans ce thriller violent son romantisme de l’échec pour raconter la lutte sans merci d’un policier, Stanley White (Mickey Rourke), contre la mafia de Chinatown à New York. Boudé par la presse, le film s’impose finalement comme l’ultime pièce d’une saga américaine débutée avec Voyage au bout de l’enfer : des hommes ordinaires y apparaissent déracinés, perdus dans un monde où les idéaux s’effilochent. Frappé d’ostracisme, Michael Cimino n’en finit plus de visiter la face sombre du rêve américain, tandis que le public et la critique semblent refuser ce portrait désabusé.

Malgré la présence au générique de Christophe Lambert (alors auréolé du succès d’Highlander de Russell Mulcahy) et de Mario Puzzo (scénariste du Parrain de Francis Ford Coppola), le Sicilien (The Sicilian, 1987) écarte encore Michael Cimino du public. Le remake d’un thriller de William Wyler, la Maison des otages (Desperate Hours, 1990), avec Mickey Rourke dans le rôle du preneur d’otage d’une famille bourgeoise en crise, puis Sunchaser (The Sunchaser, 1996) connaissent un sort à peine plus enviable.

Michael Cimino, statufié en artiste maudit, délaisse le cinéma pour l’écriture et publie un premier roman (Big Jane, 2001), suivi d’une fausse autobiographie (Conversations en miroir) et d’un nouveau roman (Hundred Oceans), parus simultanément en 2004.

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