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film noir

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Plan de l'article
1

Présentation

film noir, panorama de la production cinématographique, essentiellement américaine, de films policiers qui se distinguent par des critères tels que violence, dureté, atmosphère onirique, romantisme libertaire et dénouement tragique.

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Origines

On peut voir dans un film de série B Strangers on a Third Floor (1940) de Boris Ingster, le prototype du film noir. Cependant, plusieurs historiens de cinéma considèrent que les prémisses du genre résident déjà dans le serial, dans les films de gangsters ou d'espionnage et dans le mélodrame. Deux anciennes séries européennes contiennent effectivement des éléments propres au genre, Fantômas (1913-1914) de Louis Feuillade et le Docteur Mabuse (Mabuse, der Spieler, 1922) de Fritz Lang. Dans le premier cas, l’ampleur et la nature des actes criminels dépassent le cadre policier traditionnel et, dans le second cas, l'envoûtante atmosphère générale évoque déjà celle des grands films noirs américains.

Aux États-Unis, des films de gangsters préparent aussi l'éclosion du film noir et, bientôt, l'influence de certains écrivains (Dashiell Hammett, James Cain, Horace McCoy et William Burnett) métamorphose ces films d'aventures policières en œuvres troublantes, porteuses d'une sombre magie. Citons entre autres, dans cette mouvance, les Nuits de Chicago (Underworld, 1927) de Josef von Sternberg, les Nuits de Chinatown (Chinatown Nights, 1929) et l'Ennemi public numéro un (The Public Enemy, 1931) de William Wellman, le Petit César (Little Caesar, 1930) et Je suis un évadé (I Am a Fugitive from a Chain-Gang, 1932) de Mervyn LeRoy, les Carrefours de la ville (City Streets, 1931) de Rouben Mamoulian, sur un scénario original de Dashiell Hammett, Scarface (1932) de Howard Hawks, le Goujat (The Scoundrel, 1935) de Ben Hecht, Guerre au crime (Bullets or Ballots, 1936) de William Keighley, les Anges aux figures sales (Angels with Dirty Faces, 1938) de Michael Curtiz, l'Étrange Rêve (Blind Alley, 1939) de Charles Vidor et les Fantastiques Années 20 (The Roaring Twenties, 1939) de Raoul Walsh.

L'influence des cinéastes européens émigrés à Hollywood accentue encore cette transition du film policier traditionnel vers le film noir, qui est particulièrement sensible dans Furie (Fury, 1936) et J'ai le droit de vivre (You Only Live Once, 1937) de Fritz Lang.

Le réalisme poétique français semble avoir été une autre source importante du film noir. Les héros perdus de Quai des brumes (1938) et du Jour se lève (1939) de Marcel Carné, de Pépé le Moko (1937) de Julien Duvivier ou du Dernier Tournant (1939) de Pierre Chenal (adapté du roman de James Cain, Le facteur sonne toujours deux fois) ont beaucoup en commun avec les personnages interprétés quelques années plus tard par Humphrey Bogart ou John Garfield. Les adaptations cinématographiques des romans de Simenon, comme la Nuit du carrefour (1932) de Jean Renoir, le Chien Jaune (1932) de Jean Tarride et la Tête d'un homme (1933) de Julien Duvivier, participent de la même tendance.

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Les durs à cuire

C’est un roman de Dashiell Hammett, déjà adapté à deux reprises au cours de la précédente décennie, qui fournit au début des années quarante la matière de l’un des premiers films noirs à part entière, le Faucon maltais (The Maltese Falcon, 1941) de John Huston, avec Humphrey Bogart. La même année, Bogart est encore la vedette d’un autre film fondateur du genre, la Grande Évasion (High Sierra, 1941) de Raoul Walsh, adapté cette fois d’un récit de William Burnett.

Pendant plusieurs années, Humphrey Bogart sera l'un des visages les plus populaires du cinéma et le prototype du « dur à cuire », qui est avec la « femme fatale » le personnage clé du film noir. Bogart est la vedette de La mort n'était pas au rendez-vous (Conflict, 1945) de Curtis Bernhardt, du Grand Sommeil (The Big Sleep, 1946) de Howard Hawks, d'après le roman de Raymond Chandler, d’En marge de l'enquête (Dead Reckoning, 1947) de John Cromwell, des Passagers de la nuit (Dark Passage, 1947) de Delmer Daves d'après le roman de David Goodis, de Key Largo (1948) de John Huston, de la Femme à abattre (The Enforcer, 1950) de Raoul Walsh et Bretaine Windust, de Bas les masques (Deadline USA, 1951) de Richard Brooks et de la Maison des otages (The Desperate Hours, 1955) de William Wyler.

Un autre acteur règne sur le genre, Alan Ladd. Révélé dans Tueur à gages (His Gun for Hire, 1942) de Frank Tuttle, d'après Graham Greene, il tourne ensuite dans la Clé de verre (The Glass Key, 1942) de Stuart Heisler, d'après le roman de Dashiell Hammett, dans le Dahlia bleu (The Blue Dahlia, 1946) de George Marshall, sur un scénario original de Raymond Chandler, dans Enquête à Chicago (Chicago Deadline, 1949) de Lewis Allen et dans Colère noire (Hell on Frisco Bay, 1955) de Frank Tuttle.

James Cagney est, quant à lui, le spécialiste des rôles de gangsters névrosés. Il apparaît ainsi dans L'enfer est à lui (White Heat, 1949) de Raoul Walsh et dans le Fauve en liberté (Kiss Tomorrow Goodbye, 1950) de Gordon Douglas d'après le roman de Horace McCoy. Il réalise également un remake de Tueur à gages intitulé À deux pas de l'enfer (Short Cut to Hell, 1957).

Georges Raft, autre acteur emblématique du genre, débute dans ce type de films avec À chaque aube je meurs (Each Dawn I Die, 1940) de Walter Keighley, et perfectionne cette nouvelle image dans trois œuvres d’Edwin L. Marin, Johnny Angel (1945), Nocturne (1946) et la Nuit désespérée (Race Street, 1947), ainsi que dans Tragique rendez-vous (Whistle Stop, 1947) de Léonide Moguy et dans Feu rouge (Red Light, 1949) de Roy Del Ruth.

Richard Widmark se distingue également dans ce registre avec le Carrefour de la mort (Kiss of Death, 1947) de Henry Hathaway, la Dernière Rafale (Street with No Name, 1948) de Walter Keighley, la Proie (Cry of the City, 1948) de Robert Siodmak, les Forbans de la nuit (Night and the City, 1950) de Jules Dassin et le Port de la drogue (Pick up on South Street, 1953) de Samuel Fuller.

Burt Lancaster est un autre pilier du genre avec les Tueurs (The Killers, 1946) et le sublime Pour toi j'ai tué (Criss Cross, 1948) de Robert Siodmak, l'Homme aux abois (I Walk Alone, 1947) de Byron Haskins, les Amants traqués (Kiss the Blood of My Hand, 1948) de Norman Foster, Raccrochez, c'est une erreur (Sorry, Wrong Number, 1948) d’Anatole Litvak.

Il faut enfin citer John Garfield pour ses rôles fébriles dans Le facteur sonne toujours deux fois (The Postman Always Rings Twice, 1946) de Tay Garnett, l'Enfer de la corruption (Force of Evil, 1948) d’Abraham Polonsky et Menaces dans la nuit (He Ran All the Way, 1951) de John Berry.

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Réalisme

Certains réalisateurs ont associé au film noir une forme de néoréalisme urbain. Jules Dassin tourne ainsi la Cité sans voiles (The Naked City, 1947) et les Bas-Fonds de Frisco (Thieve's Highway, 1948), Elia Kazan signe dans cette veine Panique dans la rue (Panic in the Streets, 1950). Anthony Mann réalise avec brio Railroared (1947), la Brigade du suicide (T-Men, 1947), Marché de brutes (Raw Deal, 1948) et la Rue de la mort (Side Street, 1950), tandis que John Huston met en scène Quand la ville dort (Asphalt Jungle, 1950), d'après un roman de William Burnett, et que Richard Fleischer se distingue avec l'Assassin sans visage (Follow Me Quietly, 1949), Traquenard (Trapped, 1949) et les Inconnus dans la ville (Violent Saturday, 1955).

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