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mécénat

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André MalrauxAndré Malraux
Plan de l'article
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Présentation

mécénat, démarche qui consiste, pour un individu ou une personne morale, à consacrer librement une part de ses moyens à la protection et à l’épanouissement d’activités artistiques ou même humanitaires, sans contrepartie directe. Si le mécénat a longtemps été le fait des Églises et des princes accordant leur soutien à des artistes, il a considérablement évolué et, dans sa version moderne, il est caractéristique de la démarche de certaines grandes entreprises, visant à ouvrir l’activité privée sur les besoins de la collectivité.

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Le mécénat à travers l’histoire

Si le terme de mécénat vient du nom de Mécène, qui fut conseiller d’Auguste et protecteur des belles-lettres, l’encouragement de l’art par les personnages proches du pouvoir fut couramment pratiqué dans l’Antiquité. Cependant, le mécénat proprement dit concernait alors plutôt les poètes et les écrivains que les artistes, toujours considérés comme des artisans.

Les empereurs du haut Moyen Âge pratiquèrent un mécénat destiné à magnifier leur grandeur, à l’image de Théodoric, ou de Charlemagne qui créa les ateliers d’art du palais et favorisa un véritable essor artistique. Avec l’expansion du christianisme, l’art profane et le mécénat privé disparurent au profit de celui des églises et des monastères, à l’origine d’un fantastique essor architectural et de la constitution de riches collections d’œuvres d’art. Les religieux eux-mêmes comptèrent parmi les grands créateurs d’art jusqu’à la fin du Moyen Âge.

À partir du XIVe siècle, l’essor des villes et des échanges commerciaux favorisa l’apparition d’un important mécénat laïc : les ordres de chevalerie, les corporations, les familles de la nouvelle bourgeoisie constituèrent les principaux commanditaires de la période gothique, qui encouragèrent l’architecture et la production de mobilier religieux. Le XVe siècle puis la Renaissance virent naître le mécénat des princes. Cette période, qui fut celle des Médicis ou des Strozzi à Florence, des Gonzague à Mantoue, des Este à Ferrare ou des Visconti à Milan, vit l’apparition d’une pratique consistant à s’attacher un artiste, totalement pris en charge par son commanditaire. Le modèle italien se généralisa progressivement à l’ensemble de l’Europe : François Ier, Maximilien Ier et Charles Quint envoyèrent leurs experts en Italie et invitèrent à leur cour les artistes de renom. Cette période fut véritablement un âge d’or pour le mécénat et la création artistique en Europe occidentale.

À l’époque de la Réforme et de la Contre-Réforme, les commandes de l’Église déclinèrent dans les pays protestants, favorisant l’éclosion d’un art bourgeois, tandis que dans les pays catholiques, les nouveaux ordres religieux devenaient d’importants commanditaires et que l’Église contrôlait plus étroitement l’activité des artistes. La consécration du modèle absolutiste se traduisit par l’encadrement du domaine de l’art, qu’il s’agissait de contrôler tout en le faisant servir à la grandeur nationale : la fondation de l’Académie française par Richelieu ou de grandes manufactures, comme celle des Gobelins, sous Louis XIV, s’inscrivaient dans cette perspective.

À partir du XVIIIe siècle, le « grand » mécénat commença à décliner, remplacé par des initiatives isolées émanant de grands seigneurs cultivés, amis des philosophes, qui suivaient les modes et privilégiaient un art de société. Dès lors, cabinets de curiosité, sociétés savantes et collections privées (que l’on pouvait parfois visiter assez librement) se virent appelés à un grand développement. En 1793, le Louvre fut institué musée de la République. Avec la Révolution française, dont le bilan est contrasté puisqu’elle encouragea aussi une certaine forme de vandalisme, les musées devinrent des temples de la culture, voués à l’éducation des peuples et le modèle de la collection publique se répandit à travers toute l’Europe.

La perte d’influence de l’aristocratie dans la société et le développement du rôle de l’État amenèrent les pouvoirs publics à inclure dans ses attributions les activités de mécénat. Parallèlement, ce fut dans la seconde moitié du XIXe siècle qu’apparut un nouveau type de mécène, le marchand, qui permit, notamment aux peintres impressionnistes, de continuer leurs recherches esthétiques en marge de l’art officiel.

Après la Première Guerre mondiale, le public commença à s’intéresser en masse à l’art contemporain. Les grands collectionneurs, notamment américains, devinrent les nouveaux mécènes, créant des fondations qui portaient leur nom. Certaines de ces collections revinrent à l’État à la mort de leurs fondateurs (ou de leurs descendants), ce qui permit la création de nouveaux musées publics.

Outre le patronage de l’État, très important en Europe depuis 1945, l’art bénéficie depuis les années 1970 d’une nouvelle pratique, le mécénat des entreprises ; ces dernières, en effet, n’ignorent pas le rôle important joué par l’art dans l’évolution des goûts et des modes de vie et poursuivent par le biais du soutien à des manifestations artistiques une stratégie fondée sur la communication auprès du grand public et des médias.

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Le mécénat, partenaire de la puissance publique

À l’image des États-Unis qui comptent 25 000 fondations et où 80 p. 100 des financements de la vie artistique proviennent des particuliers ou du secteur privé, un nombre croissant d’entreprises françaises sont devenues des acteurs et des partenaires du monde de la création artistique. Ce mouvement, qui débuta dans les années 1960 dans le cadre du grand ministère de la Culture d’André Malraux, fut par la suite encouragé par les différents ministres chargés du secteur de la Culture (Jacques Duhamel, Michel Guy, Jean-Philippe Lecat) qui, jusqu’au début des années 1980, disposaient de moyens très réduits.

Le séjour de Jack Lang au ministère de la Culture, de 1981 à 1986, puis de 1988 à 1993, coïncida avec une participation plus importante des entreprises à la vie culturelle. Les entreprises ont ainsi investi dans le mécénat entre 150 et 355 millions de francs, selon les estimations, en plus de leurs budgets de communication qui représentaient 10 p. 100 du secteur de la publicité en 1985. Dans le même temps, le budget du ministère de la culture atteignit jusqu’à 1 p. 100 du budget de l’État en 1986, des collectivités locales, des hôpitaux, des écoles ou des musées publics s’investirent également dans ce domaine, au point que l’on a pu parler au cours des années 1980 d’une « mode du mécénat ».

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Les acteurs du mécénat et les types d’intervention

On peut distinguer différents types de mécènes et de mécénats selon la qualification juridique de l’intervenant (particulier, association ou entreprise) et la nature du soutien apporté aux activités artistiques.

L’une des principales familles de mécènes est celle des structures associatives : les associations à but non lucratif ; les sociétés savantes, les sociétés d’amis des musées (membres bienfaiteurs, membres donateurs, etc.), dont la majorité a été créée ces trente dernières années.

L’autre intervenant majeur dans le domaine du mécénat est représenté par le secteur des entreprises ; celles-ci, regroupées pour la plupart au sein du Conseil supérieur du mécénat culturel et de l’Association pour le développement du mécénat industriel et commercial (Admical), présidée par Jacques Rigaud, ancien directeur du cabinet de Jacques Duhamel, ministre des Affaires culturelles de Georges Pompidou, sont près de cinq cents à soutenir l’activité artistique en France.

Avec le développement récent du mécénat, les types de soutien et d’interventions dans le domaine artistique se sont considérablement diversifiés : dons déductibles des impôts (la fiscalité française prévoit, pour les entreprises, la possibilité de déduire jusqu’à 2 p. 1 000 des sommes consacrées à la création artistique), créations de fondations, actions ponctuelles liées à une opération particulière. On peut ainsi soutenir financièrement une entreprise artistique en donnant une certaine somme d’argent, en assurant la logistique par la mise à disposition de matériel ou d’un savoir-faire ou encore en passant commande à un artiste pour un travail donné. Les chercheurs ont récemment insisté sur la différence existant entre les entreprises qui financent des activités liées à leurs propres produits et celles qui sortent de leur champ d’action traditionnel (un industriel qui parrainerait un prix littéraire, par exemple). Les différentes méthodes d’approche du secteur de l’art sont désormais confiées à de véritables professionnels que l’on appelle « ingénieurs culturels » ou « conseils en ingénierie culturelle ». Le secteur du mécénat est en effet devenu une activité à part entière dont l’importance économique n’a cessé de croître malgré les crises économiques successives.

La demande croissante du public pour des activités et des loisirs de type culturel et la sophistication des stratégies de publicité et de communication des entreprises ont fait de l’art une activité sinon rentable, du moins très profitable pour les entreprises en termes d’image. Une loi et des « assises du mécénat » sont même venues renforcer le cadre dans lequel s’exerce cette activité, et la plupart des entreprises importantes ont aujourd’hui leur fondation.

D’autres types de mécénats sont même récemment apparus, comme le mécénat humanitaire qui prolonge les principes et les méthodes d’action de ce secteur à la lutte contre la misère et l’aide aux populations en difficulté, ou le mécénat sportif, qui consiste, pour des entreprises, à parrainer certaines manifestations.

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