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gauche (politique)

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Dominique Voynet (entretien)Dominique Voynet (entretien)
Plan de l'article
1

Présentation

gauche (politique), terme qui désignait dans l’Assemblée nationale constituante de 1789 les députés regroupés par affinités politiques siégeant à la gauche du président de l’Assemblée, et qui a fini par désigner l’une des deux grandes tendances de la vie politique. Le clivage gauche-droite s’est généralisé en France et à l’étranger, mais il a fortement évolué au cours de l’histoire.

Les frontières de la gauche ne sont jamais demeurées bien étanches. La mouvance des combats a rejeté progressivement, au centre ou à droite, certaines familles politiques pourtant à gauche à l’origine. C’est par exemple le cas des petites formations que sont la gauche démocratique ou les républicains de gauche au début du xxe siècle, qui par leur terminologie renvoient au combat pour la République survenu vingt ans plus tôt, mais qui par leur programme social conservateur se situent cependant à droite de l’échiquier politique.

Une même fluctuation se retrouve au niveau des thèmes défendus : le nationalisme, par exemple, valeur de gauche dans la première moitié du xixe siècle, est devenu par la suite un élément essentiel du discours de droite. Aussi est-il très difficile de définir avec précision ce qui constitue la gauche, alors même qu’elle reste aujourd’hui encore un élément indispensable du champ politique.

En fait, au-delà des partis qui la composent, de ses nombreuses divisions et de ses formes d’action, la gauche possède quelques principes clairs d’identité. Sa naissance sous la Révolution française lui fournit ainsi un certain nombre de points d’ancrage comme la défense des droits de l’homme et plus encore le culte du progrès. Se pensant comme le camp du progrès par rapport à une droite perçue comme réactionnaire et conservatrice, la gauche peut se définir aujourd’hui comme un ensemble de formations qui tend à combiner l’aspect social et politique dans le cadre d’une approche volontariste de la société.

2

La gauche française au xixe siècle

L’histoire de la gauche, depuis la Révolution française, se caractérise par une suite de combats qui, au-delà des références symboliques léguées à la génération suivante, ont contribué à faire évoluer une notion politique toujours en mouvement.

Le premier de ces combats a été mené sous la Restauration. Défenseurs des acquis matériels de la Révolution et partisans d’un pouvoir s’appuyant sur des bases plus représentatives et plus larges, les libéraux s’opposent aux ultras et entendent faire participer la bourgeoisie dans son ensemble à la vie politique. La révolution de 1830 marque le triomphe de leurs aspirations mais, dès lors, les libéraux cessent d’appartenir à la gauche pour glisser vers la droite et voient leur rôle politique décliner au profit d’autres mouvements porteurs de valeurs nouvelles et s’engageant dans un nouveau combat, celui de la République.

Né sous la monarchie de Juillet, le parti républicain revendique principalement l’instauration du suffrage universel et connaît avec la Révolution de 1848 et l’instauration de la iie République une importante victoire. Mais l’aspect romantique et humaniste de ses revendications ainsi que la faiblesse de son programme social lui aliène le soutien populaire, et les « démoc-soc » sont battus lors des élections de mai 1849.

Cependant, la mise en place d’un nouveau régime, le second Empire, redonne un sens au combat républicain et favorise l’émergence d’une nouvelle famille à gauche, dominée par des personnalités tels Léon Gambetta ou Jules Ferry. L’abdication de Napoléon III et l’écrasement de la Commune, qui fait disparaître le courant socialiste et révolutionnaire, permet à cette gauche républicaine, positiviste, patriote et anticléricale, d’accéder au pouvoir et d’entreprendre quelques grandes réformes libérales, tel l’enseignement laïque, gratuit et obligatoire. Mais elle n’entend pas intervenir dans le domaine social, hormis par la loi Waldeck-Rousseau en 1884 qui libéralise le droit de constituer des syndicats. En fait, ces républicains opportunistes, rejetés progressivement vers la droite, disparaissent lors de l’affaire Dreyfus au profit de la gauche radicale.

3

La gauche française au xxe siècle

Si les partis se réclamant des libéraux de la Restauration et ceux composant les Républicains opportunistes n’ont pas survécu aux combats dont ils étaient issus, en revanche les radicaux, apparus dans la deuxième moitié du xixe siècle, continuent de représenter aujourd’hui encore l’un des trois grands courants, avec les socialistes et les communistes, qui structurent l’ensemble de la gauche française.

3.1

La gauche radicale

L’essor du Parti radical et radical-socialiste, le premier parti à se constituer en France en 1901, marque à la fois l’apogée d’un combat mené tout au long du xixe siècle et l’émergence d’une nouvelle doctrine sociale qui mêle égalitarisme et individualisme. S’affirmant au cours de l’affaire Dreyfus, constituant avec les républicains opportunistes et les partis socialistes un Bloc des gauches (1899), première réunion des familles de gauche, les radicaux accèdent au pouvoir au début du xxe siècle et assurent définitivement le succès du combat républicain. Surtout, ils mènent la lutte anticléricale qui s’est affirmée au fur et à mesure du xixe siècle comme l’une des grandes revendications de la gauche et font adopter la loi de séparation de l’Église et de l’État. Mais leur vision de la société demeure marquée par un attachement à la petite propriété, hostile aux puissances d’argent comme aux socialistes, dans la recherche d’une troisième voie, théorisée par Léon Bourgeois.

L’ambiguïté de cette position leur vaut de s’allier alternativement avec les partis centristes ou de droite, et les partis de gauche, notamment lors de l’expérience du Cartel des gauches (1924-1926) et du Front populaire (1936-1938). Principale formation politique jusqu’en 1940, les radicaux connaissent un lent déclin au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que de nombreuses divisions jusqu’en 1971, date à laquelle une partie rejoint la droite puis fonde l’Union pour la démocratie française (UDF) en 1978 et une autre partie, le Mouvement des radicaux de gauche (MRG), s’allie avec les socialistes et les communistes, signe le Programme commun de gouvernement en 1972 et demeure aujourd’hui très proche du Parti socialiste (PS).

De fait, durant toute la première moitié du xxe siècle, la gauche se réunit dans sa volonté d’émanciper les puissances publiques et les consciences du contrôle de l’Église, et entend rompre avec un passé où elle assimile absolutisme monarchique, féodalité, cléricalisme et intolérance.

Mais à mesure que la laïcisation dénoue le clivage religieux, la gauche se recompose sur de nouveaux clivages.

Refusant de placer la question sociale au centre de leur programme, les radicaux se trouvent confrontés à l’essor de nouvelles formations sur leur gauche, à savoir les socialistes et les révolutionnaires.

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