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gaullisme et néogaullisme

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Charles de GaulleCharles de Gaulle
Plan de l'article
1

Présentation

gaullisme et néogaullisme, courant politique apparu en France au cours de la seconde moitié du xxe siècle et synthétisant trois composantes, le charisme d’un homme, le général de Gaulle, quelques principes relatifs aux institutions et à la politique extérieure, et un pragmatisme conduisant à l’adoption de décisions adaptées aux circonstances du moment et quelquefois inattendues.

Une distinction fondamentale s’impose entre le gaullisme d’avant le retrait de la vie politique du général de Gaulle (1969) et le gaullisme tel qu’il a pu évoluer ensuite, avec Georges Pompidou et Jacques Chirac (néogaullisme).

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Le gaullisme du général de Gaulle

Le premier mouvement gaulliste, le Rassemblement du peuple français (RPF) est fondé le 14 avril 1947 et animé par le général de Gaulle lui-même. Il a pour but de « promouvoir et de faire triompher, par-dessus nos divisions, l’union de notre peuple dans l’effort de rénovation et de réforme de l’État ». Certains principes fondamentaux du gaullisme apparaissent déjà : la volonté de dépasser le clivage gauche-droite, la notion de peuple souverain, l’importance d’un État fort. Le RPF ne connaît cependant qu’une existence éphémère. En effet, la défection de certains des membres du parti conduit le général de Gaulle à mettre un terme à l’expérience du RPF en 1953.

Le gaullisme ne prend son véritable essor qu’à partir du retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958. Quelques traits sont particulièrement caractéristiques de la pratique gaulliste du pouvoir. Le gaullisme se veut une idéologie de rassemblement où le pouvoir personnalisé doit être donné par le peuple. De Gaulle impose ainsi le suffrage universel direct pour l’élection du président de la République en 1962. En conséquence, le Parlement est considérablement affaibli pendant les onze années de pouvoir du général de Gaulle, qui utilise, en outre, le recours répété au référendum. De Gaulle est partisan d’un État fort qui dispose des moyens de se faire obéir.

À l’extérieur, de Gaulle fait de l’indépendance nationale un principe de son action et un objectif politique (retrait du commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en juillet 1966, politique méfiante à l’égard de l’Organisation des Nations unies (ONU), soutien à certaines revendications séparatistes (« Vive le Québec libre », discours de Montréal, 24 juillet 1967), refus d’une Europe supranationale. Tous ces points ont permis d’établir une parenté entre le gaullisme et le bonapartisme.

Le gaullisme n’apparaît donc pas comme une pensée dogmatique mais plutôt comme une pratique tactique. De Gaulle fait preuve d’un pragmatisme certain en maintes circonstances. En Afrique noire, en 1960, il admet, contre ses opinions personnelles, l’indépendance des colonies. De même, en Afrique du Nord, il accepte en 1962 l’indépendance de l’Algérie.

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Les néogaullismes

Le successeur de de Gaulle, le président de la République Georges Pompidou, maintient presque intégralement l’orthodoxie gaulliste dans les domaines fondamentaux de la politique institutionnelle et des grandes orientations de la politique extérieure. En matière économique, le pompidolisme diffère légèrement du gaullisme par son souci de la liberté d’entreprise et du désengagement de l’État.

La position de Jacques Chirac, incarnation de la droite gaulliste à partir de 1974, et jusqu’à nos jours, a évolué au cours des années. Le 5 décembre 1976, après sa démission du poste de Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac crée un vaste parti gaulliste, le Rassemblement pour la République (RPR). Jusqu’en 1981, Jacques Chirac incarne les valeurs gaullistes en opposition au giscardisme, notamment en revalorisant le principe de l’expression directe du peuple et en réaffirmant l’impératif de la préservation des frontières extérieures. Le passage du RPR dans l’opposition en 1981 provoque l’adoption paradoxale par le parti de thèses libérales. En 1986, Jacques Chirac, nommé par François Mitterrand Premier ministre d’un gouvernement de cohabitation, illustre ces nouveaux choix par des mesures chargées d’une forte symbolique libérale : suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, suppression de l’autorisation administrative de licenciement, privatisations et, par ailleurs, ralliement à la construction européenne.

À partir de 1993, et de façon très visible pendant la campagne pour l’élection présidentielle de 1995, un nouveau revirement vers les thèses néogaullistes s’amorce, marqué notamment par un bémol apporté au libéralisme triomphant et par l’esquisse d’un nouveau pacte social (issu du diagnostic d’une « fracture sociale »), apparemment plus proche du gaullisme des origines. Philippe Séguin, président du RPR de juin 1997 à avril 1999, et inspirateur de la campagne présidentielle de Jacques Chirac, semble à son tour prolonger cette orientation libérale-sociale au sein de son parti. Mais ce retour aux sources ne dure qu’un temps. Ainsi, sur le plan institutionnel, à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale par Jacques Chirac en 1997 et de la victoire de la gauche aux élections législatives, la mise en place d’une cohabitation ne correspond ni aux pratiques — démission du général de Gaulle désavoué par le suffrage universel en 1969 — ni aux théories gaullistes — nécessité d’un pouvoir exécutif fort.

L’évolution libérale et européenne du gaullisme favorise au final le rapprochement entre le RPR et les autres composantes de la droite, notamment Démocratie libérale (DL), et aboutit à la constitution de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002. Le gaullisme n’est plus cité comme la référence de ce rassemblement formé autour de la personne du chef de l’État, Jacques Chirac, réélu en mai 2002 avec 82,14 p. 100 des voix face à Jean-Marie Le Pen. Quant à Nicolas Sarkozy, dont l’auteur des discours est le gaulliste Henri Guaino, ancien directeur de campagne de Philippe Séguin et attaché à vaincre la « fracture sociale » avec Jacques Chirac, il semble vouloir concilier néogaullisme et libéralisme. Il propose ainsi dans le domaine économique des mesures dirigistes comme l’indexation des salaires sur l’inflation, tout en souhaitant baisser la fiscalité et les prélèvements obligatoires. Toutefois, par ses références à la nation et à l’autorité, c’est surtout au bonapartisme que Nicolas Sarkozy, élu président de la République en mai 2007, semble se rattacher.

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