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Présentation ; Historique ; Les missions de la Marine nationale ; Organisation de la Marine nationale ; Les matériels de la Marine nationale
Marine nationale, ensemble des forces navales et aéronavales de la Défense.
Les historiens font souvent remonter au cardinal Richelieu la création de la marine française en tant qu’institution. Pourtant, la France a déjà eu, sous Charles V (1364-1380), une flotte de guerre. Jean de Vienne (1341-1396) en est la principale figure : amiral de France, chef de guerre et brillant administrateur, il organise les constructions navales au Clos des Galées à Rouen. Il fait rendre par le roi l’ordonnance du 3 septembre 1376, réglant ainsi la question de l’exploitation des forêts de Normandie destinées aux chantiers navals, puis se distingue sur mer par les victoires qu’il remporte face aux Anglais. Après la mort de Jean de Vienne et celle de Charles V, il faut attendre le xviie siècle pour assister à l’émergence d’une véritable marine royale. C’est le cardinal de Richelieu qui prend l’initiative de construire le port de Brest et d’agrandir ceux de Toulon et du Havre. Il développe également la Royale, qui prend souvent le dessus dans ses combats navals contre l’Espagne. A la mort du cardinal, Colbert, secrétaire d’Etat à la Marine, développe les forces navales et crée en 1670 le corps des gardes de la marine, qui préfigure le corps des officiers de la marine tel qu’il existe actuellement. Il crée également les garde-côtes chargés d’assurer la défense du littoral et le service hydrographique. La marine française remporte dès lors d’importantes victoires face à l’Angleterre, la Hollande et l’Espagne. Cependant les finances de la France s’essoufflent, grevées par les coûts élevés des guerres. La marine connaît une période de déclin avant d’être réorganisée sous Louis XV (à l’instigation de Choiseul) puis sous Louis XVI. La Révolution met toutefois un terme à cette réorganisation, tandis que la défaite d’Aboukir (1er août 1798 en Egypte) puis celle de Trafalgar (21 octobre 1805) signent le retour de la suprématie anglaise sur les mers. En 1832, un inventeur français, Frédéric Sauvage, a l’idée d’utiliser une hélice pour la propulsion des navires mais c’est Augustin Normand qui la met en pratique en substituant une hélice à trois pales à l’hélice à spirale entière qui était préconisée. Dans le même temps, Henri Dupuy de Lôme construit le premier vaisseau de guerre à vapeur (le Napoléon) en 1848-1852 puis le premier cuirassier (la Gloire) en 1858-1859, offrant ainsi à Napoléon III la marine de guerre la plus moderne de l’époque. En 1888, l’ingénieur français Gustave Zédé établit les plans du premier sous-marin français, le Gymnote. Au cours de la Première Guerre mondiale, la marine française est une des plus puissantes flottes du monde, rang qu’elle continue à tenir au début de la Seconde Guerre mondiale jusqu’au sabordage de la flotte française à Toulon. Au lendemain de la guerre, la décision prise par le gouvernement de doter la Marine nationale d’une force de dissuasion nucléaire met celle-ci au premier rang de la Défense française : « La Marine se trouve maintenant, et sans doute pour la première fois de notre histoire, au premier plan de la puissance guerrière de la France et ce sera, dans l’avenir, tous les jours un peu plus vrai. » (général Charles de Gaulle)
La Marine nationale exerce son action dans les quatre grands domaines que sont la dissuasion, la prévention, la projection et la protection. La dissuasion, qui est au cœur de la Défense nationale, est notamment assurée grâce aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins au sein de la force océanique stratégique. La prévention implique une vigilance constante dans les différentes zones maritimes et donc un pré-positionnement permanent ou occasionnel des forces aéronavales. La projection constitue la priorité accordée aux forces classiques. La Marine nationale doit être prête à agir en association ou en complément des forces des autres armées (armée de terre ou armée de l’air), bien souvent dans un cadre multinational. Enfin, dans le domaine d’action que constitue la protection, la Marine nationale se voit confier des missions de service public (représentant 15 p. 100 de son activité). Ces missions sont essentiellement des actions de sauvetage en mer, des missions de police maritime et des missions de maintien de l’ordre public. Enfin, la Marine nationale intervient également dans des missions d’aide humanitaire.
Le commandement des unités de la Marine nationale s’exerce à travers deux chaînes distinctes : le commandement organique et le commandement opérationnel.
Le commandement organique est chargé de la préparation des forces maritimes à leurs missions. Ce commandement comprend :
En 2000, les effectifs de la Marine nationale française s’élèvaient à 59 093 personnels, soit 12 p. 100 des effectifs des forces armées françaises. Ces personnels comprennent 264 femmes officiers et 3 448 femmes des équipages de la flotte et des marins des ports. Le budget total de la Marine nationale en 2000 était de 33 003 millions de francs (5 035,85 millions d’euros), soit 17,5 p. 100 du budget de la Défense.
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