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Ostrovski, Aleksandr Nikolaïevitch

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1

Présentation

Ostrovski, Aleksandr Nikolaïevitch (1823-1886), écrivain russe, considéré aujourd’hui comme le fondateur du « théâtre des mœurs ».

Créateur d’une œuvre importante comportant 47 pièces, Ostrovski compte parmi les auteurs dramatiques les plus importants — et les plus adaptés à la scène — de la littérature russe. Son théâtre est pour l’essentiel une peinture réaliste, mais aussi fortement satirique, de la bourgeoisie commerçante et de ses bassesses.

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Du tribunal de commerce à la peinture de classe

Né à Moscou, élevé dans un milieu commerçant, Aleksandr Nikolaïevitch Ostrovski s’intéresse très tôt à la création littéraire. Après avoir abandonné ses études de droit, il devient, en 1845, greffier au tribunal de commerce de Moscou où il exerce jusqu’en 1851. En 1847, la revue le Moscovite (Moskovitjanin) publie des fragments de l’une de ses premières comédies, Semejnaja kartina (« Portrait de famille »). Dans cette œuvre, comme dans celles qui suivent, comédies ou drames, Ostrovski dénonce sans relâche les préjugés et les prétentions d’une bourgeoisie commerçante arrogante à l’endroit des pauvres et obséquieuse avec l’aristocratie. Il stigmatise constamment les comportements des grands et petits despotes à l’égard de leurs subordonnés, notamment dans l’Orage (Groza, 1860), la Fille adoptive (Vospitannica, 1859) ou Pravda chroroso a scast et lucse (« La vérité est bonne, le bonheur est meilleur », 1877), œuvres qui, ici et là, contiennent aussi quelques emprunts folkloriques et de brèves intrigues sentimentales.

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Notoriété et censure

C’est en 1849, avec la publication de Banqueroute (Bankrot), qu’Ostrovski acquiert une certaine notoriété. Dans ce drame, l’auteur innove en substituant au personnage du commerçant de ses pièces antérieures celui de l’homme d’affaires moderne. Entre proches on s’arrange (Svoj ljudi soètemsja, 1850) est censuré pour son réalisme trop criant ainsi que la Fiancée pauvre (Badnaja nevesta, 1852), qui n’est joué que l’année suivante. La plupart des ses pièces, notamment Ne t’assieds pas dans le traîneau d’autrui (Ne v svoi sani ne sadis’, 1853) sont publiés par la revue le Moscovite, mais Ostrovski décide finalement de publier ses pièces chez les concurrents qui rétribuent mieux ses œuvres. Très rapidement le rythme des publications se régularise alors qu’il consacre tout son temps à l’écriture. Sa situation financière dépend alors de la censure qui le prive parfois de revenus une année durant.

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Le théâtre de mœurs

En 1860, il publie l’Orage (Groza), son chef-d’œuvre. Cette pièce inspirée des « drames bourgeois » est une véritable tragédie qui voit le sentiment amoureux provoquer la perte de Catherine, l’héroïne, dans un milieu étriqué et lâche. Ce drame de mœurs marque un véritable tournant dans le théâtre russe par l’introduction du psychologique. Dès lors, la critique le considère comme un réformateur qui, en rejetant le classicisme français jusqu’alors prédominant, pose la première pierre d’une dramaturgie nationale originale. Ses peintures de mœurs comptent un certain nombre de pièces, dont certaines — la Forêt (1871), Snegourotchka (1873) — traduisent une inspiration de plus en plus populaire.

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