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  • Marcel Duchamp

    ... Roue de bicyclette de 1913, fixée sur un tabouret de cuisine et réalisée pour la décoration de l'atelier de l'artiste, sera le premier objet d'une longue série de ready-made.

  • Les "Ready-made" de Marcel Duchamp : un jeu avec les représentations ...

    Cet article présente la manière dont les ready-made de Marcel Duchamp jouent avec les représentations mentales, en analysant l'évolution de ses oeuvres.

  • Ready-made - Wikipédia

    L'attitude du ready-made consiste, initialement, à choisir un objet manufacturé et à le désigner comme œuvre d'art. Initiée par Marcel Duchamp, cette démarche a donné ...

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ready-made

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Plan de l'article
1

Présentation

ready-made, objet usuel érigé en œuvre d’art par le seul vouloir de l’artiste.

Le théoricien du surréalisme, André Breton, définit les ready-made comme « des objets préfabriqués, élevés à la dignité d’une œuvre d’art par le choix de l’artiste ».

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Duchamp, le père du ready-made

Marcel Duchamp est le premier à avoir créé un ensemble de ready-made entre 1913 et 1921. L’appellation « ready-made » n’est pas immédiate et date de l’époque où il érige en œuvre d’art une pelle, In advance of the Broken Arm (« en prévision du bras cassé », 1915). Pour ses ready-made, il choisit des objets contemporains produits en série et les expose dans une optique plus provocatrice qu’esthétique. À ce sujet, il précise « que le choix de ces readymades ne [lui] fut jamais dicté par quelque délectation esthétique. Ce choix était fondé sur une réaction d’indifférence visuelle, assortie au même moment à une absence totale de bon ou mauvais goût… en fait, une anesthésie complète » (« À propos des readymades », in Duchamp du signe, 1961).

Son premier ready-made — qui ne porte pas encore cette appellation — est une Roue de bicyclette (1913) présentée sur un tabouret. À propos de cette création, Marcel Duchamp affirme que « C’était une fantaisie. Je ne l’appelais pas une ‘œuvre d’art’. Je ne l’appelais d’ailleurs pas. Je voulais en finir avec l’envie de créer des œuvres d’art » (cité dans André Gervais, « Roue de bicyclette, épitexte, texte et intertextes » in Cahiers du MNAM N° 30). Quelques années plus tard, il envoie à la Society of Independants Artists, avec 6 dollars pour la participation à l’inauguration, sa Fontaine (Fountain, 1917) : un urinoir en porcelaine installé en porte-à-faux — ce qui suffit à produire un effet de distanciation —, sur lequel l’artiste s’est contenté d’apposer la signature « R. Mutt ». Deux clans, entre fascination et indignation, s’affrontent au sein du comité d’exposition et finalement, quelques heures avant l’inauguration, l’œuvre est refusée.

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Ready-made, Dada et surréalisme

En modifiant la Joconde, Marcel Duchamp s’inscrit dans la mouvance de Dada. Selon lui, « Cette Joconde à moustache et à bouc est une combinaison readymade/dadaïsme iconoclaste. L’original, je veux dire le readymade original, est un chromo 8 × 5 (pouces) bon marché au dos duquel j’écrivis cinq initiales qui, prononcées en français, composent une plaisanterie très osée sur la Joconde. » (L.H.O.O.Q., 1919).

Man Ray, ami de Duchamp, prend pendant quelques temps un chemin similaire en détournant des objets de leur fonction originale ou en créant des rapprochements insolites. En 1921, il présente ainsi Gift (« le Cadeau »), un fer à repasser hérissé de clous. Les trouvailles des deux artistes font le bonheur des dadaïstes puis des surréalistes.

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Postérité

Cependant, l’entreprise de détournement de l’œuvre d’art sous-jacente n’est véritablement conceptualisée qu’à la fin des années 1950 par les artistes du pop art Robert Rauschenberg (Bed, 1975), Jasper Johns (Flags, 1958) et Andy Warhol (Empire, ready-made cinématographique, 1964) qui en revendiquent l’héritage. Certains prônent dans l’utilisation du ready-made le concept critique de remise en cause de l’œuvre d’art, tandis que d’autres sont des partisans d’une esthétisation du ready-made, ce qui fait dire à Duchamp lui-même « Ce néo-dada, qu’il s’appelle nouveau réalisme, pop art, assemblage, etc., est une solution de facilité et vit de ce que Dada a fait. Lorsque j’ai découvert les ready-made, j’ai essayé de disqualifier l’esthétique. Dans leur néo-dada, ils ont pris mes ready-made et y ont trouvé une beauté esthétique ; je leur ai jeté un porte-bouteilles et un urinoir à la figure, comme un défi, et voici qu’ils les admirent pour leur beauté esthétique ! » (Marcel Duchamp à Hans Richter, 19 novembre 1962, cité dans Hans Richter, Dada: Art and Anti-art, New York, Mc Graw Hill ed.).

Au cours des années 1980, la tradition des ready-made resurgit dans certaines œuvres de jeunes artistes américains, notamment chez Jeff Koons qui propose une série, dans laquelle des aspirateurs et des tubes au néon sont réunis dans des vitrines en plexiglas (New Hoover Deluxe Celibrity QS,1980-1986). Cependant, ces artistes modifient la nature de la plupart des objets (moulages en bronze chez Jasper Johns et en acier chez Jeff Koons), ou bien les assemblent ou les intègrent dans des installations.

Leur radicale remise en question des notions traditionnelles de l’art font des ready-made de Marcel Duchamp des œuvres clés qui marquent profondément l’art moderne puis l’art contemporain.

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