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Front national [FN]

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Jean-Marie Le PenJean-Marie Le Pen
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Présentation

Front national [FN], parti politique français créé le 5 octobre 1972 par la réunion de divers mouvements d’extrême droite (activistes des mouvements Occident et Ordre nouveau, anciens pétainistes, anciens poujadistes, anciens membres de l’Organisation armée secrète (OAS), catholiques intégristes…) sous la présidence de Jean-Marie Le Pen en vue des élections législatives de mars 1973.

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Les débuts du Front national (1972-1981)

À ses débuts, le Front national (FN) est un mouvement sans grande envergure, où départs et arrivées de groupuscules se succèdent, et dont les résultats électoraux sont modestes. Jean-Marie Le Pen obtient 0,75 p. 100 des suffrages lors de l’élection présidentielle de 1974, et ne peut se présenter à celle de 1981, n’ayant pas réuni suffisamment de signatures. Le FN obtient 0,75 p. 100, puis 0,29 p. 100 des suffrages aux élections législatives de 1978 et de 1981.

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L’avènement du Front national (1984)

L’émergence du FN sur le devant de la scène politique date des élections européennes de 1984, où il obtient 10,95 p. 100 des suffrages et 10 sièges au Parlement européen. Ce succès électoral correspond à un élargissement de sa base militante, avec l’arrivée de transfuges du Rassemblement pour la République (RPR) et de l’Union pour la démocratie française (UDF), de déçus du socialisme, et à la stabilisation de son programme politique. Le FN est alors un parti de militants, hiérarchisé et fortement structuré autour de la figure de son chef charismatique, Jean-Marie Le Pen.

Sa doctrine politique est nationaliste, anticommuniste et antiparlementaire. Sous le slogan « La France aux Français », il focalise son discours sur les problèmes du chômage et de l’insécurité, et propose de les résoudre par le retour des immigrés dans leur pays d’origine. Selon le FN, cette politique permettrait de créer des emplois, d’affecter les HLM aux Français qu’il dit « de souche », de rétablir l’ordre et de protéger l’identité nationale. Les valeurs de la famille, du civisme, la morale chrétienne et une justice plus sévère (rétablissement de la peine de mort) constituent le cadre idéologique de cette politique. De plus, s’il accepte la République, Le Pen la conçoit sans intermédiaire entre le leader et le peuple. Sur le plan économique, le programme du FN est celui du libéralisme économique, du strict maintien de l’État dans ses fonctions régaliennes, de la suppression de l’impôt sur le revenu.

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La progression électorale (1986-1997)

Ce programme permet au FN de s’implanter durablement sur la scène politique et de voir son influence augmenter régulièrement. Aux élections législatives, il obtient 9,8 p. 100 des suffrages (35 députés) en 1986, favorisé par le mode de scrutin proportionnel ; 9,7 p. 100 des suffrages (1 député) en 1988 ; 12,7 p. 100 des suffrages (pas de député) en 1993 ; et enfin 15,2 p. 100 des suffrages (1 député) en 1997. Cette évolution indique un élargissement de sa base électorale qui, par ce vote protestataire, sanctionne les partis de gouvernement.

Malgré les nombreuses condamnations de ses dirigeants — telle que celle de la cour d’appel de Versailles qui condamne Jean-Marie Le Pen, le 18 décembre 1991, à 100 000 F de dommages et intérêts pour avoir affirmé, lors de l’émission « Le grand jury RTL-Le Monde » du 13 septembre 1987, à propos de la contestation de l’existence des chambres à gaz par des écrivains révisionnistes : « Je n’ai pas étudié la question mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale » —, la réorganisation du parti et un militantisme local actif permettent au FN de fidéliser ces électeurs et de gagner des élections locales : en 1989, le FN avait remporté la municipalité de Saint-Gilles (Gard), en juin 1995, il remporte celles de Vitrolles et Marignane (Bouches-du-Rhône), Toulon (Var) et Orange (Vaucluse), en faisant campagne sur le thème de la préférence nationale.

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