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Stiller, Mauritz

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Stiller, Mauritz (1883-1928), cinéaste suédois.

Dandy polyglotte, amateur de théâtre, il joue dans différentes troupes de Stockholm avant d’être remarqué par le producteur Charles Magnusson. Il entreprend d’abord une carrière d’acteur, en même temps que Victor Sjöström, puis se tourne vers la réalisation. Cinéaste très prolifique, il tourne 8 films en 1912, 8 en 1913, 5 en 1914, 8 en 1915, mais la majorité de ses premières réalisations a été perdue. Les Ailes (Vingarna, 1916), œuvre perdue elle aussi, est sans doute le premier film tourné sur l’homosexualité. Son premier film important, Amour et journalisme (Kärlek och journalistik, 1916) inaugure la deuxième époque de Stiller, celle de la comédie énergique, virtuose, pétillante et excentrique. Le Meilleur Film de Thomas Graal (Thomas Graals bästa barn, 1917) ou Vers le bonheur (Erotikon, 1920) sont de brillantes comédies au rythme enlevé, pleines d’ellipses narratives. Elles ont notamment influencé Ernst Lubitsch. Après 1920, Stiller se tourne vers l’adaptation de grands drames naturalistes de la littérature nordique. La Légende de Gösta Berling (Gösta Berlings Saga, 1924), adapté de Selma Lagerlöf, lance Greta Garbo, qui ne cessera de fasciner Stiller. Impressionné par le film, Louis B. Mayer propose à Stiller de travailler à Hollywood, lequel n’accepte que sous la condition d’avoir à ses côtés Greta Garbo. Mais sa façon très personnelle de diriger un film et son comportement quasi névrotique (on cite souvent cette anecdote fameuse : il ne changeait jamais de costume pendant le tournage pour ne pas risquer de modifier l’atmosphère du film) ne facilitent pas son intégration au système des studios. Il se voit ainsi écarté du tournage de plusieurs films : le Torrent (The Torrent, 1926), la Tentatrice (The Temptress, 1926), Fil de fer barbelé (Barbed Wire, 1927). Il est finalement chassé de la MGM et n’a plus la possibilité de tourner avec Garbo. Fatigué et déprimé, il retourne à Stockholm où il meurt rapidement.

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