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socialiste, Parti [PS] (France)

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François MitterrandFrançois Mitterrand
Plan de l'article
1

Présentation

socialiste, Parti [PS] (France), parti politique français créé en 1969 par une fusion entre la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et divers clubs de gauche.

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Création et montée en puissance

La Convention des institutions républicaines de François Mitterrand se joint au Parti socialiste (PS) lors du congrès d’Épinay-sur-Seine, en juin 1971. François Mitterrand en est élu premier secrétaire en proposant une stratégie d’Union de la gauche qui aboutit, après l’adoption du PS de son propre programme « Changer la vie », à la signature du « Programme commun de gouvernement » (27 juin 1972) avec le Parti communiste français (PCF). Au sein de l’Union de la gauche, les socialistes ambitionnent d’obtenir autant de voix que le PCF. Un accord de désistement est conclu pour les élections législatives de 1973 ; cette coalition est battue, mais le PS obtient pratiquement le même pourcentage de voix au premier tour (20,71 p. 100) que le PCF (21,4 p. 100). La même année, le PS compte 100 000 militants, contre 23 000 en 1969 et 64 000 en 1972.

Après le décès du président de la République Georges Pompidou, François Mitterrand est le candidat unique de la gauche à l’élection présidentielle de mai 1974. En tête du premier tour avec 43,25 p. 100 des suffrages, il est battu au second tour par Valéry Giscard d’Estaing, avec une marge extrêmement réduite, puisqu’il obtient 49,19 p. 100 des suffrages. Dans l’opposition, la gauche unie recueille une adhésion de plus en plus large dans l’opinion. Le PS, qui comprend deux tendances — la tendance majoritaire est animée par François Mitterrand, Gaston Defferre et Pierre Mauroy, tandis que la tendance minoritaire est celle, plus à gauche, du Centre d’études, de recherches et d’éducation socialistes (Ceres), animée par Jean-Pierre Chevènement et Georges Sarre —, remporte les élections cantonales de 1976, puis les élections municipales de 1977. Pourtant l’Union de la gauche est officiellement rompue le 23 septembre 1977, le PCF voyant que le rééquilibrage de la gauche profitait en fait surtout au PS. La gauche perd alors les élections législatives de 1978, mais pour la première fois, le PS dépasse le PCF en voix au premier tour (22,8 p. 100 contre 20,6 p. 100).

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L’ère mitterrandienne ou l’exercice du pouvoir

En mai 1981, avec la victoire à l’élection présidentielle de François Mitterrand, qui a fait campagne, après que Michel Rocard a renoncé à se présenter, sur le thème du changement traduit en 110 propositions, le PS devient un parti de gouvernement, et le parti du président de la République.

En juin 1981, aux élections législatives qui suivent la dissolution de l’Assemblée nationale, le PS obtient 38,02 p. 100 des suffrages et 285 sièges, soit la majorité absolue à lui seul. Lionel Jospin devient premier secrétaire du parti, tandis que Pierre Mauroy dirige un gouvernement, comprenant quatre ministres communistes, qui réalise d’importantes réformes : nationalisations de grands groupes industriels et de banques, décentralisation régionale, abolition de la peine de mort, lois Auroux sur les droits des travailleurs dans les entreprises notamment. De plus le gouvernement essaie de résoudre la crise et le problème du chômage grâce à une politique de relance de l’économie par la consommation, l’instauration des 39 heures de travail hebdomadaire, des cinq semaines de congés payés, de la retraite à 60 ans, et par l’augmentation des effectifs de la fonction publique.

Pourtant, devant l’accroissement du déficit budgétaire, de ceux de la balance commerciale et de la Sécurité sociale, du maintien de l’inflation à un taux élevé et de la poursuite de la hausse du taux de chômage, et face aux revers électoraux des élections cantonales de 1982 et municipales de 1983, le gouvernement adopte une politique dite de « rigueur », comprenant le blocage des salaires et des prix. En 1984, Laurent Fabius devient Premier ministre d’un gouvernement qui veut « moderniser » l’économie, sans référence au programme socialiste, et sans ministres communistes. Mais le PS est battu lors des élections législatives de 1986, qui se déroulent au scrutin proportionnel (31,6 p. 100 des voix au premier tour, 206 sièges). Le PS se retrouve alors dans l’opposition, durant une période inédite de cohabitation, entre un président socialiste et un Premier ministre de droite, Jacques Chirac.

En 1988, François Mitterrand est réélu président de la République, avec 54,01 p. 100 des suffrages au second tour face à Jacques Chirac, en se présentant comme le garant d’un consensus national au-dessus des partis, sans référence au socialisme. Aux élections législatives, qui ont lieu au scrutin majoritaire rétabli par la droite, le PS obtient 34,76 p. 100 des suffrages au premier tour et 276 sièges, soit une majorité relative. Le gouvernement de Michel Rocard, composé pour moitié seulement de ministres socialistes, manifeste la volonté d’« ouverture » du président.

Mais au congrès de Rennes (mars 1990), le PS est en proie à l’affrontement des courants qui le composent. L’image du parti est en outre affectée par de nombreux scandales financiers portant sur le financement occulte du parti. Premier secrétaire du parti depuis 1988, Pierre Mauroy, démissionnaire, est remplacé par Laurent Fabius. Aux élections régionales de 1992, le parti subit une lourde défaite en recueillant 18,3 p. 100 des suffrages, ainsi qu’aux élections législatives de 1993 avec 17,6 p. 100 des suffrages au premier tour, et seulement 53 élus. Michel Rocard devient alors le premier secrétaire du parti, mais le résultat des élections européennes de 1994 (14,5 p. 100 des suffrages) le contraint à céder son poste à Henri Emmanuelli, et lui ôte son statut de candidat « naturel » du PS à la future élection présidentielle.

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Le renouveau avec Lionel Jospin

Après le renoncement de Jacques Delors, qui incarnait jusque-là l’espoir d’une victoire socialiste mais pense ne pas pouvoir disposer d’une majorité suffisante pour mener la politique de son choix, la campagne de l’élection présidentielle de 1995 voit l’émergence de Lionel Jospin, désigné pour être le candidat socialiste par 66 p. 100 des militants du PS (qui avaient à choisir entre Henri Emmanuelli et lui). Face à une droite divisée, Jacques Chirac et Édouard Balladur étant candidats, son programme réformiste et son discours neuf sur l’héritage du mitterrandisme susceptible de faire l’objet d’un « inventaire » lui permettent contre toute attente d’arriver en tête au premier tour (23,2 p. 100 des suffrages), et de rassembler la gauche au second tour (47,3 p. 100 des suffrages).

Bien que Lionel Jospin n’ait pas été élu, l’élection présidentielle est le point de départ d’un renouveau du PS, qui en fait le vainqueur possible des élections législatives prévues pour 1998. Élu premier secrétaire du PS en octobre 1995 par les militants (avec 97,8 p. 100 des suffrages), Lionel Jospin entreprend de rénover son parti et de l’insérer dans un dialogue à gauche, réunissant le PS, les écologistes et le PCF, ce qui aboutit à la négociation d’alliances électorales entre ces trois forces politiques.

Aux élections législatives de juin 1997, qui suivent la dissolution anticipée de l’Assemblée nationale par Jacques Chirac, la gauche obtient la majorité absolue (fixée à 289 sièges) avec 320 sièges (le PS recueille 25,71 p. 100 des voix au premier tour et 246 sièges) ; Lionel Jospin est nommé Premier ministre par Jacques Chirac et forme un gouvernement réunissant les différentes composantes de la « gauche plurielle ». Le 29 novembre 1997, François Hollande est élu premier secrétaire du parti.

Les élections régionales de 1998 confirment la prééminence du PS, qui obtient la majorité des sièges dans douze régions ; la « gauche plurielle » arrive en tête du scrutin avec 34,32 p. 100 des suffrages mais, à la suite de l’élection de certains présidents de Région de la droite traditionnelle avec les voix du Front national, elle n’en préside finalement que huit (contre deux précédemment). Aux élections européennes de juin 1999, la liste commune du Parti socialiste, du Parti radical de gauche et du Mouvement des citoyens, conduite par François Hollande, obtient 21,95 p. 100 des voix et 22 sièges.

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