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Plan de l'article
Présentation ; La naissance de l’État hébreu ; 1948 : une guerre d’indépendance ; Les guerres des frontières ; La question palestinienne
israélo-arabe, conflit, conflit opposant, depuis la création de l’État d’Israël, en 1948, l’État hébreu à ses voisins arabes et à la communauté palestinienne dans les territoires occupés.
Depuis 1917 et la déclaration d’Arthur James Balfour, ministre des Affaires étrangères britannique, les populations juives de Palestine sont dans l’attente de la constitution d’un État juif indépendant reconnu par le monde entier. En 1920, la Grande-Bretagne est mandatée par la Société des Nations (SDN) pour administrer la Palestine, afin de favoriser l’établissement d’un foyer national pour les Juifs de Palestine. L’expression suscite l’hostilité des sionistes et celle des États arabes voisins. Pour les premiers, la formule de « foyer national » reste fort éloignée de leurs aspirations, et ce d’autant plus que dans l’esprit de la puissance mandataire, s’il existe dorénavant un foyer national en Palestine, celui-ci n’est pas destiné à devenir un foyer pour le peuple juif. Pour les populations arabes, l’existence d’une communauté juive qui se structure comme un quasi-État, au-delà même du fait national qui n’existe pas encore, est perçue comme une provocation supplémentaire de l’impérialisme colonial des Occidentaux, imposant une présence étrangère sur le sol arabe. La période du mandat britannique est marquée par de multiples conflits nourris, de part et d’autre, par des nationalismes intransigeants, qui vont se muer en conflit d’États à États lorsqu’en 1948, Israël proclame son indépendance en application du plan de partage de la Palestine élaboré en 1947 sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Le rejet d’Israël par les nations arabes se manifeste sur le terrain militaire, dès le lendemain de la déclaration d’indépendance. Le 15 mai 1948, les troupes égyptiennes, syriennes, libanaises et celles de la Transjordanie envahissent le nouvel État. Cette agression concertée transforme en guerre les multiples actions de guérilla qui ont lieu depuis 1947. La lutte contre le « péril sioniste » sert également à fédérer les nations arabes, par ailleurs divisées. La rapide victoire escomptée n’est pas au rendez-vous : les armées arabes sont défaites et contraintes d’accepter un armistice en 1949. Le rapport de force militaire crée un climat politique qui s’oppose à un apaisement des relations israélo-arabes. Le plan onusien de 1947, partageant la Palestine, était destiné à créer sur ce territoire deux États : l’un juif, l’autre arabe, en faveur des Palestiniens. Ce dernier n’a pas vu le jour. La défaite arabe donne lieu à deux réactions qui vont entretenir un niveau de tension qui porte en germe les conflits à venir. Israël voit validée sa politique de défense : les États arabes ont tenté, dès le premier jour, de s’opposer à la création d’un État juif. Dès lors, cette attitude légitime le refus de l’État hébreu de voir les Palestiniens revendiquer leur droit à une terre et justifie la politique d’expulsion des Palestiniens. Du côté arabe, l’humiliation de la défaite (les Palestiniens évoquent la création d’Israël et la défaite de 1949 sous le terme de Nakbah qui signifie la grande catastrophe) entretient, avec une intensité renouvelée, le rejet des Juifs, qui devient un élément fondamental de la légitimité des gouvernements et de la cohésion de la nation arabe. L’armistice, conclu avec les Arabes en février 1949, laisse subsister deux problèmes dont la seule existence explique les conflits à venir : l’État hébreu ne dispose pas de frontières reconnues, les Palestiniens vaincus par Israël deviennent des réfugiés sans terre. La seule question des revendications territoriales alimente la tension entre Juifs et Arabes.
Le nationalisme arabe connaît une vigueur nouvelle avec l’arrivée au pouvoir en Égypte de Nasser. L’opération de nationalisation du Canal de Suez, si elle a entraîné une défaite militaire de l’Égypte, a contraint Israël à se retirer du Sinaï et de Gaza. Ce repli territorial israélien est utilisé par Nasser pour accentuer et radicaliser son discours nationaliste qui se pare d’accents guerriers. Le conflit ouvert est déclenché à l’initiative d’Israël. La guerre des Six-Jours (du 5 au 10 juin 1967) s’achève par une recomposition territoriale à l’entier avantage d’Israël qui pénètre dans le Sinaï, contrôle la bande de Gaza, toute la Cisjordanie et occupe des positions stratégiques sur les hauteurs du plateau du Golan. Le monde arabe, humilié par ce nouveau revers, adopte une ligne intransigeante vis-à-vis d’Israël qu’il se refuse à reconnaître et avec lequel il ne veut pas engager de négociations de paix. Israël, en retour, adopte une attitude intransigeante identique, en refusant de se soumettre à la résolution 242 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies qui prévoit la restitution des territoires nouvellement occupés en échange d’une paix durable. Si la guerre du Kippour de 1973 (du 6 au 24 octobre) aboutit à redessiner, une fois encore, les frontières d’Israël (qui perd une portion de territoire du Sinaï, avant restitution complète à la suite des accords de Camp David) et permet aux Arabes d’effacer l’humiliation du précédent conflit, la question des frontières se double d’un problème nouveau : la question palestinienne.
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