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Fidelio [Ludwig van Beethoven]

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Fidelio [Ludwig van Beethoven], opéra de Beethoven.

Cette œuvre existe en trois versions : datée de 1805, la première, en trois actes, est réalisée sur un livret de Joseph Sonnleithner, Fidelio ou l’Amour conjugal (Fidelio oder Die eheliche Liebe), appelée plus tard Léonore selon les vœux du compositeur ; la deuxième, intitulée Léonore ou le Triomphe de l’amour conjugal (Leonore oder Der Triumph der ehelichen Liebe) est de 1806, en deux actes et sur un livret remanié par Stephan von Breuning ; la troisième enfin, celle qu’on joue traditionnellement, est de 1814, en deux actes, sur un texte remanié par Georg Friedrich Treitschke.

L’histoire se déroule au XVIIe siècle dans une prison de Séville. Le portier Jaquino voudrait épouser Marcelline, la fille du geôlier Rocco, mais celle-ci lui préfère son assistant, Fidelio. Elle ignore que l’aide-geôlier est en vérité une jeune femme, Léonore, qui s’est fait engager par Rocco afin de libérer son époux Florestan, incarcéré par le gouverneur Pizarro pour des raisons politiques. Elle parvient à gagner la confiance de Rocco, descend dans le cachot où elle reconnaît Florestan et s’interpose, in extremis, alors que Pizarro s’apprête à l’exécuter. Le ministre, don Fernando, apparaît alors : il fait emprisonner Pizarro et libère les prisonniers.

L’action de Fidelio est tirée d’un fait divers réel dont le poète français Jean-Nicolas Bouilly (1766-1842) s’est inspiré pour établir un livret. Il est l’unique opéra de Beethoven, et les remaniements successifs dont il a été l’objet expliquent l’attitude réservée du compositeur à l’égard de ce genre musical.

À première vue, il paraît souffrir d’un déséquilibre dramaturgique : l’œuvre s’ouvre comme un singspiel qui se déroule dans la sphère privée où l’argent et le mariage sont les moteurs de l’intrigue ; elle se termine par un grand chœur des prisonniers revenus à la lumière, un hymne à la liberté. C’est par ce mouvement allant du particulier à l’universel — de l’amour conjugal à la fraternité (évolution incarnée par la figure lumineuse de Léonore) — que Fidelio reflète les idéaux philosophiques de Beethoven, ceux de la Révolution française et de l’humanisme des Lumières tels que les conçoivent Kant et Schiller. En ce sens, on a pu dire qu’il est le pendant, sur une scène d’opéra, de la IXe Symphonie. Sa musique dont l’instrumentation traduit les sentiments profonds des personnages, annonce Weber et Wagner.

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