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Renault, constructeur automobile français.
L’histoire de Renault débute en 1898 dans un modeste atelier de Billancourt, dans lequel Louis Renault construit seul un véhicule équipé d’un moteur fourni par la société De Dion-Bouton. L’année suivante, en association avec son frère Marcel, il fonde l’usine Renault Frères afin de commercialiser ses voitures en série et de dépasser le stade artisanal des prototypes. Si l’heure n’est pas encore à la production de masse, Renault se positionne sur des segments de marchés importants, comme la fourniture des véhicules pour les compagnies de taxis parisienne et londonienne.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Renault est le premier constructeur automobile français. Cette position, ainsi que les faits de collaboration qui sont reprochés à Louis Renault, justifient aux yeux des autorités politiques la nationalisation de l’entreprise en 1945 : Renault devient la Régie nationale des usines Renault. Le secteur de l’automobile représente, à l’époque, une industrie en pleine croissance, et l’entreprise devient l’un des symboles de la politique industrielle conduite par l’État actionnaire. La firme au losange (l’emblème de la marque) devient en outre le « laboratoire social du pays » : les premiers accords donnant trois semaines de congés payés, les tentatives pour favoriser le développement de l’actionnariat ouvrier ou encore les premiers départs en retraite anticipée profitent d’abord aux salariés de Renault avant de faire l’objet d’une généralisation au niveau national.
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Diversification et privatisation
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Cette image, qui constituait un élément fort de la culture d’entreprise de Renault, appartient cependant au passé. Dans les années 1980 en effet, la crise économique, l’exacerbation de la concurrence associée aux effets du progrès technologique, parfois négatifs en termes d’emploi, affaiblissent les entreprises à fort coefficient de main-d’œuvre comme l’automobile. Renault n’échappe pas à ce constat et, après une période de diversification de ses activités, entame un cycle de restructuration : dans un premier temps industrielle et technique (Renault repense notamment ses gammes de véhicules), puis sociale (les réductions d’effectifs sont importantes), elle est également juridique puisque la régie redevient en 1990 une société anonyme, qui relève depuis 1996 du droit commun, l’État ayant engagé depuis 1994 une politique de privatisation partielle par étapes.