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Temps modernes, les [Charlie Chaplin]

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Chaplin, les Temps modernesChaplin, les Temps modernes

Temps modernes, les [Charlie Chaplin] (Modern Times), film américain en noir et blanc de Charlie Chaplin, réalisé en 1936.

Charlot (Charlie Chaplin) travaille à la chaîne dans une usine. Débordé par les cadences infernales qu’impose le taylorisme, il glisse dans les rouages de la machine et en sort « détraqué ». Après un bref séjour à l’hôpital destiné à le remettre sur pied, il participe à son corps défendant à une manifestation ouvrière, ce qui lui vaut d’être arrêté comme agitateur. Mais le séjour en prison se révèle des plus agréables et Charlot tente sans succès d’y retourner. Il exerce alors une foule de petits métiers qui aboutissent à autant de catastrophes. Après un autre séjour en prison, il rencontre sa fiancée, une « gamine » (Paulette Goddard) qui chante dans un cabaret où il se fait engager comme serveur. Il se découvre lui-même des talents de chanteur jusqu’au moment où la jeune fille, en délicatesse avec la police pour vagabondage, doit quitter les lieux. Le couple est contraint de reprendre la route.

En 1936, la sortie des Temps Modernes apparaît comme un archaïsme : près de sept ans après l’apparition du parlant, Charlie Chaplin réalise un film quasi muet qui n’utilise que quelques effets sonores et refuse tout dialogue. À sa sortie, le film ne reçoit d’ailleurs qu’un accueil frileux. Ce refus du sonore, et plus largement du langage, correspond pourtant à la grande cohérence du projet burlesque et satirique de Chaplin : en effet, c’est le corps de l’homme qui, aux yeux du cinéaste, est le lieu privilégié de l’aliénation par la machine. L’ancien clown fait ainsi des Temps modernes une impitoyable description de la déshumanisation propre au machinisme du monde moderne. Mais cette satire ne sombre jamais dans le pessimisme, tant le personnage de Charlot est à la fois la victime par excellence de la société et le débrouillard qui, en toutes circonstances, parvient à s’en sortir et à poursuivre son éternelle quête du bonheur. C’est bien cette résistance et cette malice de l’exploité qui font la beauté — toujours intacte — des Temps modernes.

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