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Résultats avec Windows Live® Search Impressions d'Afrique [Raymond Roussel]Article
Impressions d'Afrique [Raymond Roussel], œuvre de Raymond Roussel, publiée en 1910. C’est le premier roman de l’auteur à utiliser de manière effective les divers procédés poétiques qu’il a mis au point pour délivrer le roman de tout lien avec la réalité et en faire un pur langage. Ces procédés, décrits rétrospectivement et minutieusement dans Comment j’ai écrit certains de mes livres (posthume, 1935), ont pour fonction de faire surgir de cette infinie réserve d’associations et de combinaisons verbales que recèle le langage même, un monde nouveau et complet qui en quelque sorte y gisait virtuellement. Dans le cas d’Impressions d’Afrique, l’un de ces procédés consiste à introduire deux paronymes, « billard » et « pillard », très proches phonétiquement, dans deux phrases identiques dont chacun des mots est pris dans un sens différent ; l’une de ces phrases ouvrira le roman (« Les lettres [signes typographiques] du blanc [cube de craie] sur les bandes [bordures] du vieux billard »), tandis que l’autre le terminera (« Les lettres [plis] du blanc [homme blanc] sur les bandes [hordes guerrières] du vieux pillard »). Le roman, qui doit se déployer et remplir l’espace entre ces deux phrases, devient alors le lieu où les mots sont les acteurs même de la révélation de ces mondes enfouis. C’est un parti pris d’opposition à la réalité qui est le moteur de la création chez Roussel ; c’est l’une des raisons pour lesquelles Impressions d’Afrique, dont une version théâtrale a été mise en scène en 1912 au théâtre Antoine, a tant plu aux surréalistes en même temps que cette œuvre décidait Marcel Duchamp à abandonner la peinture. L’intrigue, secondaire, raconte comment des naufragés européens organisent, sur la place des Trophées au cœur d’Ejur, capitale du Ponukélé, la fête du sacre de l’empereur Talou VII. Elle consiste en une série de spectacles fantastiques mais dénués de tout lien narratif entre eux. Ce qui surprend le plus dans ce roman, c’est sans doute l’absence de métaphores (voir Rhétorique, figures de), ce procédé par lequel le langage se lie au réel. Au contraire, dans Impressions d’Afrique, c’est le langage seul qui dispose et propose, et qui entraîne l’imagination de l’auteur et du lecteur vers ces terres inconnues où, le hasard étant devenu roi, il peut rendre visible des choses jamais vues.
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