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Comédie humaine, la [Honoré de Balzac]Article
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Forcément rétrospective, cette volonté d’unifier son œuvre romanesque, en faisant de ses ouvrages — ceux achevés et ceux à venir — les chapitres et épisodes d’un seul roman, témoigne du pari d’Honoré de Balzac de dépasser l’évidente diversité de ton et d’intention entre les œuvres pour leur donner un sens final. Dans cet esprit, cette volonté globalisante pose le romancier en véritable démiurge, créateur d’un monde cohérent, organisé, où chaque roman ne prend son sens que replacé dans le contexte de l’œuvre entière. Outre que le titre renvoie à la Divine comédie de Dante — l’« humaine comédie » d’Honoré de Balzac trouve dans cette filiation le souffle de l’épopée —, il dit aussi l’ambition du romancier de dresser le théâtre du monde, à savoir d’une société miniature (près de 2 500 personnages), reflet de celle qui lui est contemporaine (entre la Révolution et les dernières années de la Monarchie de Juillet), avec la systématisation d’une technique pensée en 1834 dans le Père Goriot, soit le retour des personnages de roman en roman. Ainsi le romancier-historien dresse-t-il le panorama d’une société avant tout parisienne, nouvellement capitaliste (même si les ouvriers sont presque oubliés), et qui évolue principalement autour du Faubourg Saint-Germain, patrie de l’aristocratie du sang, légitimiste et catholique.
C’est donc avant tout autour du personnage, dont Honoré de Balzac dresse volontiers l’état civil fictif, que s’élabore la machinerie romanesque nourrie aux théories physiognomoniques de Johann Kaspar Lavater, qui déduisent des traits physiques de la personne, ses dispositions intellectuelles et morales. À cela s’ajoute la pression de l’histoire familiale, du milieu socioprofessionnel, redoublée par l’extraordinaire implication des lieux, qui fonctionnent comme autant de miroirs piégés dans lesquels le personnage ne manque pas de « s’abymer ». Ce formidable déterminisme à l’échelle de la construction du personnage se retrouve dans l’élaboration pessimiste de l’œuvre romanesque, soumise à une dynamique qui fait systématiquement succéder à la « splendeur » les « misères », à la « grandeur » la « décadence ».
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