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Résultats avec Windows Live® Search Jugement dernier, le [Michel-Ange]Article
Plan de l'article
Présentation ; Commande d’une glorification de l’Église ; Le dernier acte de la tragédie humaine ; Réception de l’œuvre
Jugement dernier, le [Michel-Ange], fresque exécutée par Michel-Ange entre 1536 et 1541 pour la chapelle Sixtine du palais du Vatican.
Peu avant sa mort, le pape Clément VII, qui vient de subir l’humiliation du sac de Rome par les troupes de l’empereur Charles Quint (mai 1527), décide de commander au maître Michel-Ange une fresque glorifiant l’autorité de l’Église romaine. Le 1er septembre 1535, son successeur Paul III Farnèse reprend ce projet à son compte en nommant Michel-Ange « suprême architecte, sculpteur et peintre du palais apostolique » avec pour (première) tâche de peindre à fresque le mur de l’autel de la chapelle Sixtine — l’œuvre réalisée sur la paroi par le Pérugin quelques années plus tôt en souffrira au point de disparaître à jamais. Le projet inspire l’artiste vieillissant qui, dès le 8 novembre 1535, dessine ses premiers cartons. De novembre 1536 jusqu’en octobre 1541, il travaille sans relâche à la décoration du mur de l’autel — déjà, le peintre a orné, entre 1508 et 1512, la voûte de l’édifice de fresques inspirées de la Genèse. Le 25 décembre 1541, l’immense fresque est inaugurée, une œuvre grandiose et tourmentée (13,7 × 12,2 m environ) peuplée de 400 figures nues au modelé sculptural.
Contrairement à la décoration de la voûte de la chapelle — fortement compartimentée et structurée par des éléments architecturaux peints (corniches, faux pilastres, etc.) —, l’espace dans lequel s’inscrit le Jugement dernier de Michel-Ange est dépourvu des repères traditionnels de la perspective. Les personnages, agglutinés telles des grappes humaines, semblent emportés par une double spirale implacable vers le haut et vers le bas tout alentour d’un Christ en majesté, démiurge aux bras justiciers, près duquel est blottie la Vierge Marie, au visage craintif et implorant. Deux figures imposantes encadrent ce groupe central : à gauche, saint Jean-Baptiste et, à droite, saint Pierre présentant les clefs à la figure christique. Dans les deux lunettes du haut de la fresque figurent les symboles de la Passion du Christ : la colonne, la couronne d’épines et la croix. Le traitement tragique et convulsif du thème rompt totalement avec les exemples antérieurs. L’humanité est représentée tout entière impuissante et soumise à l’impitoyable puissance de la volonté divine. La scène se déroule sous le regard des anges de l’Apocalypse (au centre de la composition, sous le Christ) qui entourent un saint Michel tenant le livre des élus — traditionnellement représenté avec la balance. Les saints martyrs sont également présents, exhibant les instruments de leur supplice. Ainsi, sous le Christ, saint Laurent porte le gril de son martyre sous le bras et saint Barthélemy, écorché vif, tend sa peau — sur laquelle apparaît un dramatique autoportrait de Michel-Ange. Sur la droite figurent notamment saint Blaise (et ses peignes), sainte Catherine (tenant une roue cassée) et saint Sébastien (ses flèches à la main). Dans le registre inférieur droit, les damnés chutent puis s’entassent pêle-mêle, conduits vers les béances de l’enfer au seuil duquel trône Minos, prince de l’Hadès, le corps ceint d’un reptile. Charon, à la tête de chat, est là aussi menaçant dans son esquif instable : il a le regard fou et fait tourbillonner sa rame par-dessus la tête des damnés. Dans la partie gauche de la fresque, les élus ressuscités sortent de terre et s’élèvent vers Dieu où ils rejoignent les saintes, vierges, martyrs, sibylles et héroïnes de l’Ancien Testament (on a coutume de voir le visage d’Ève dans l’imposante figure féminine qui protège une fillette).
La configuration d’ensemble du Jugement dernier de Michel-Ange est régie par une distorsion des formes et une exacerbation des sentiments ; il en ressort une vision violente et désespérée témoignant du pessimisme de l’artiste vieillissant. Alors que ses prédécesseurs ont toujours proposé de ce thème une image de l’audience du tribunal céleste (avec un Christ ayant pris « place sur son trône de gloire », selon les propos de saint Matthieu), Michel-Ange offre un monde de rébellions et de protestations qui tend à provoquer le Dies irae (« Jour de colère »), et les personnages, titanesques, paraissent s’engager dans un combat avec Dieu.
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