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Bataille du rail, la [René Clément]

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Bataille du rail, la [René Clément], film français de René Clément, réalisé en 1946.

Chronique de la Résistance-Fer dans les chemins de fer français à la veille du débarquement, la Bataille du rail narre la chronique des actes héroïques quotidiens qui ont entouré ce moyen de transport crucial pendant la guerre : bombardements de convois et messages cachés sous les wagons, passages de la ligne de démarcation et blocages des voies, attaques de maquisards, entrecoupés de prises d’otages par les Allemands.

La Seconde Guerre mondiale a souvent inspiré une part non négligeable de l’œuvre de René Clément (les Maudits, 1947 ; Jeux interdits, 1952 ; Paris brûle-t-il ?, 1966), cinéaste inclassable tantôt voué aux gémonies pour son regard froid de technicien hors-pair, tantôt glorifié comme l’un des metteurs en scène les plus originaux du cinéma français. Parfois apparenté à Rome, ville ouverte (Roma città aperta, 1945) de Roberto Rossellini, la Bataille du rail est un documentaire commandé par la Coopérative générale du cinéma français, et placé sous la bannière des mouvements de résistance français. Par son ampleur épique, le film excède les limites et le ton du pur reportage. Avec beaucoup d’à-propos, le cinéaste emploie ici le langage développé par les néoréalistes italiens (voir Italien, cinéma) : improvisation de certaines scènes, participation d’acteurs amateurs et de vrais cheminots, scénario composé d’anecdotes authentiques et d’épisodes de portée symbolique, tournure familière des dialogues, lumière naturelle et décors naturels. Tout ces éléments ont apporté au film de René Clément un gage d’authenticité et lui ont donné une valeur de témoignage unique sur l’époque — témoignage qui sera du tout en tout révisé, il est vrai, en 1969, lors de la sortie (houleuse) du film de Marcel Ophuls, le Chagrin et la pitié (1969). Mais le cinéaste s’intéresse moins à la dimension morale et à la psychologie de ses personnages qu’à leur comportement en période de guerre. Ainsi, dans cette perspective, ce film retrouve les vertus des grands récits militaires et des films de guerre américains (ceux d’un Raoul Walsh par exemple), fondés le plus souvent sur la véracité des situations et la prééminence permanente de l’action. La Bataille du rail ne fait sans doute pas œuvre d’histoire, mais la seule chronique réaliste de l’aventure humaine des maquisards suffit à en faire une véritable épopée.

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