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Citizen Kane [Orson Welles]

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Orson WellesOrson Welles

Citizen Kane [Orson Welles], film américain en noir et blanc d’Orson Welles, réalisé en 1941.

Le milliardaire et magnat de la presse Charles Foster Kane (Orson Welles) meurt en prononçant le mot « rosebud ». Le journaliste Thompson (William Alland) est chargé d’enquêter sur la vie de Kane afin d’y découvrir le sens mystérieux du mot. Il retrouve les témoins d’une vie qu’il essaie de reconstituer : le banquier Thatcher (George Colouris) raconte la jeunesse de Kane ; Jedediah Leland (Joseph Cotten) a été un collaborateur de la première heure et le témoin de la brillante ascension de Kane dans le journalisme. Mais le journaliste recueille également les témoignages de la première femme de Kane, Emily Norton (Ruth Warrick), la nièce du président des États-Unis, ainsi que de la seconde femme (Dorothy Comingore), une cantatrice qui a raté sa carrière. Thomson analyse minutieusement tous les faits se rapportant à la candidature de Kane à la présidence des États-Unis ou encore à la construction de son fabuleux domaine de Xanadu. Mais le secret que recèle le mot « rosebud » demeure hermétique. Pendant ce temps, les effets de Kane sont brûlés parmi lesquels la luge de son enfance gravée du mot rosebud.

Plusieurs personnalités inspirèrent le personnage de Charles Foster Kane : le milliardaire et aviateur Howard Hugues, Jules Brulator (de la firme Kodak), Harold McCormick (un constructeur de machines agricoles) et plus particulièrement le magnat de la presse William Randolph Hearst qui se sentit visé au point d’empêcher la sortie du film. Le jeune Orson Welles fit de ce scandale un argument promotionnel en faveur de ce premier film : ce fut néanmoins un échec commercial, mais son influence sur le cinéma et son langage demeure considérable. Le foisonnement d’innovations et d’audaces est proprement vertigineux puisqu’il n’épargne ni le récit, fragmenté entre plusieurs points de vue hétérogènes — auquel Borges, autre maître de la narration labyrinthique, rendit hommage — ni le tournage qui, utilisant des objectifs spéciaux, permit des effets de profondeur de champ totalement inédits, ni le montage qui, brassant souvenirs, actions, époques et lieux dans un tourbillon, est en parfaite rupture avec les règles de la grammaire cinématographique traditionnelle, ni enfin la bande-son, d’une richesse exceptionnelle. Traversé par un souffle poétique quasi shakespearien, Citizen Kane témoigne également d’un sens aigu de la composition hérité en partie des grands maîtres du muet comme Eisenstein, cinéaste qu’Orson Welles a longuement étudié avant de commencer son tournage. Le personnage de Kane est d’ailleurs le premier à « faire les frais » (pourrait-on dire) de cette science de la composition puisqu’il est toujours isolé des autres personnages par un jeu du cadre dans le cadre qui est le signe le plus sûr tant de son génie que de sa solitude.

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