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Corbeau, le [Henri-Georges Clouzot]

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Corbeau, le [Henri-Georges Clouzot], film français en noir et blanc d’Henri-Georges Clouzot, réalisé en 1943.

Dans une petite ville de province, le docteur Germain (Pierre Fresnay) est la cible de lettres anonymes signées « Le corbeau », qui l’accusent d’être l’amant de Laura (Micheline Francey), la femme du docteur Vorzet (Pierre Larquey), le psychiatre de l’hôpital, et de pratiquer des avortements clandestins. Les soupçons se portent tour à tour sur les collègues du docteur avant de s’étendre à toute la population de la bourgade. L’affaire prend une ampleur démesurée et provoque drame sur drame, sans d’ailleurs épargner les notables du lieu. Un patient de l’hôpital met fin à ses jours après avoir appris par une missive du corbeau qu’il était atteint d’un cancer. La mère du suicidé (Sylvie) décide par vengeance de traquer le coupable qu’elle découvrira en même temps que le docteur Germain.

Auteur de films célèbres comme l’Assassin habite au vingt et un (1942), Quai des Orfèvres (1947) ou les Diaboliques (1954), Henri-Georges Clouzot a été un cinéaste très controversé (un critique comme François Truffaut par exemple, qui a vu le Corbeau plus de dix fois pendant la guerre et en connaissait les dialogues par cœur, a pourtant écrit un article d’une extrême sévérité sur le tournage des Espions, sorti en 1957). La sortie du Corbeau, en 1943, ne fait pas exception à la règle. Cette description sans fard de la France des années trente, qui n’épargne personne au point de conclure à la culpabilité de tout le monde, a eu autant de contempteurs que de défenseurs. Parmi les premiers, on compte le critique et historien du cinéma Georges Sadoul et le documentariste Jean Painlevé, qui reprochèrent au film, produit il est vrai par la firme Continental sous contrôle allemand, de décourager la France accablée de l’Occupation. Quant aux défenseurs, ils ont pour porte-drapeaux Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et le cinéaste René Clair. La polémique oubliée, les nombreuses qualités du Corbeau demeurent intactes, qualités qui d’ailleurs sont celles du cinéma de Clouzot en général. Faisant preuve d’un sens de la dramaturgie cinématographique rare, Clouzot est un cinéaste efficace et doué d’un réel talent quand il s’agit d’installer une atmosphère, de créer un monde et de maîtriser ses effets, autant de vertus que l’on rencontre plus volontiers dans le cinéma américain. C’est sans doute pour cette raison qu’il est particulièrement convaincant lorsqu’il s’attache à des scénarios policiers tels que celui des Diaboliques par exemple.

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