Résultats avec Windows Live® Search
Résultats avec Windows Live® Search Guépard, le [Luchino Visconti]Article
Plan de l'article
Guépard, le [Luchino Visconti], (Il Gattopardo), film italien en couleurs de Luchino Visconti, réalisé en 1963. En 1861, les troupes révolutionnaires de Garibaldi envahissent la Sicile pour renverser la monarchie absolue du royaume de Naples. Le prince Salina (Burt Lancaster), membre de l’aristocratie sicilienne de l’ancien régime, quitte ses domaines pour son palais de Donnafugata. Il favorise la réalisation des projets de son neveu Tancrède (Alain Delon), jeune homme brillant et ambitieux, qui, après s’être engagé auprès de Garibaldi, se rallie à la monarchie constitutionnelle du roi du Piémont, Victor-Emmanuel II, autour duquel se construit l’unité italienne. Tancrède épouse Angelica (Claudia Cardinale), fille de don Calogero, le maire, représentant de la bourgeoisie qui s’annonce comme la nouvelle force du pays. Par ce mariage et cette alliance, le prince Salina espère sauver l’avenir de sa famille. Apothéose du film : le bal somptueux donné à Palerme au palais Panteleone, qui consacre officiellement et très symboliquement l’entrée d’Angelica dans le sanctuaire de l’ancienne noblesse.
« Il faut que tout change pour que rien ne change », telle est la morale viscontienne un rien désabusée de cette fidèle adaptation du roman éponyme de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, film-interrogation sur le sens de l’Histoire et sur la lutte des classes. Film qui traque au scalpel, presque entomologiquement derrière l’apparat des fastes et ciselures, les valeurs et les structures d’une société qui se désagrège, mais qui s’interroge aussi sur le destin d’un homme, sur le temps qui passe et sur la mort qui s’annonce. Le Guépard dresse aussi tout au long du film une analyse politique, celle de l’échec d’une révolution : à travers le mariage de Tancrède et d’Angelica, c’est en effet l’alliance de la noblesse désargentée et de la bourgeoisie montante qui est nommément désignée. Dénonçant la trahison des espoirs du Risorgimento — l’Italie nouvelle s’appuyant sur l’aristocratie contre Garibaldi —, Visconti prolonge la réflexion sur l’histoire politique italienne qu’il a déjà engagée dans Senso (1954), film dont il reprend la technique narrative, fondée sur une imbrication de l’histoire individuelle et de l’histoire collective, si souvent présente dans son œuvre.
Mais la fable politique perd de son importance à mesure que le film progresse, et la fameuse séquence du bal qui occupe presque le tiers du film rend les personnages à leur destin individuel. L’errance solitaire du prince Salina, aristocrate vieillissant, filmée en lents mouvements de caméra, au milieu d’une foule en liesse, se présente peu à peu comme une méditation téléologique, comparable à celle qui clôt Mort à Venise (1971). En contrepoint de la gravité du vieil homme, Visconti prend un plaisir paradoxal (et attendri) à filmer l’insouciance légère des jeunes filles en fleur du gotha sicilien, mais aussi tous les petits signes qui symbolisent la décadence et la décomposition de l’aristocratie (celle-là même à laquelle il appartient). Cette atmosphère mortuaire est d’ailleurs présente dès le début du film, marqué par le somptueux travelling sur tous les membres de la famille Salina, figés dans des poses quasi spectrales, revêtus de leurs atours et brocarts empoussiérés. Le film fut couronné par la palme d’or au festival de Cannes en 1963.
© 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés. |
© 2008 Microsoft
![]() ![]() |