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Hallelujah [King Vidor]

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King VidorKing Vidor

Hallelujah [King Vidor], film américain en noir et blanc de King Vidor, réalisé en 1929.

Zeke (Daniel L. Haynes) et son frère aîné Spunk (Everett McGarrity) se rendent en ville afin d’y négocier la récolte de coton familiale. Pour séduire Chick, une entraîneuse, Zeke participe à une partie de dés et a tôt fait de s’y ruiner. Quand il est convaincu que son partenaire (qui est l’amant de Chick) est un tricheur, il se jette dans une bagarre au cours de laquelle une balle perdue tue son frère. Dévoré par le remords, il devient prêcheur — sans pour autant réussir à se déprendre de Chick.

Avec Hallelujah, King Vidor donne ses premières lettres de noblesse au cinéma parlant. L’omniprésence du son et de la musique (negro spirituals et blues notamment) donne à ce film biblique des allures de chant lyrique où les soudaines envolées instrumentales nous arrachent brutalement aux rivages paisibles de l’action pour nous faire aborder l’émotion intense du mélodrame. De fait, tout l’art de Vidor consistera toujours à substituer au calme quasi documentaire des situations (la séquence du baptême dans la rivière) la brutalité fulgurante du souffle romantique (qui culmine, par exemple, dans la mort des deux amants de Duel au soleil, 1947). Si Hallelujah demeure un des premiers films de l’histoire du cinéma tourné entièrement avec des Noirs, la thématique du film s’inscrit pleinement dans l’imaginaire blanc de l’époque, tout entier polarisé autour de l’opposition dickensienne de la ville et de la campagne. De David Wark Griffith à F. W. Murnau, de Charlie Chaplin à Robert Flaherty, la plupart des grands cinéastes du muet ont critiqué l’ère industrielle, pointant la ville comme le lieu de toutes les souillures morales en opposition à la beauté originelle de la nature. Le film Hallelujah n’échappe pas à la règle et son unique sujet reste la nécessité absolue de la morale et les difficultés de l’homme à s’y soumettre. King Vidor se fera de tous temps l’apôtre hollywoodien de cette vision biblique du monde et du nécessaire retour de l’homme à la terre, qui a d’ailleurs exercé une grande influence sur l’œuvre d’un autre grand cinéaste américain : John Ford.

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