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Plan de l'article
Présentation ; Les années de formation : de Lennie Tristano à Miles Davis ; Collaborations multiples, duos et expérimentations
Konitz, Lee (1927- ), saxophoniste alto, chef d’orchestre et compositeur de jazz américain.
Né à Chicago (Illinois), Lee Konitz étudie d’abord la clarinette et le saxophone ténor, mais c’est au saxophone alto qu’il débute professionnellement dans la formation de Jerry Wald, dès l’âge de 16 ans. Il rencontre ensuite Lennie Tristano, dont il est le premier élève et le disciple rapidement émancipé. Même si à la fin des années quarante, il est difficile pour un musicien d’échapper à l’irrésistible attraction du style de Charlie Parker, Lee Konitz parvient à offrir un prolongement libre, audacieux et complexe au be-bop (certains y entendent une rupture) qui contribue à l’avènement du jazz cool puis des mouvements avant-gardistes des années soixante, tels que le free jazz. Lee Konitz intègre alors l’orchestre de Claude Thornhill avant d’enregistrer aux côtés de Tristano lui-même, du saxophoniste-ténor Warne Marsh, du guitariste Billy Bauer, du contrebassiste Arnold Fishkin et du batteur Shelly Manne (Subconscious-Lee, 1949). Puis il participe aux séances d’enregistrement en nonette, arrangées par le pianiste Gil Evans, du disque Birth of the Cool de Miles Davis (1949-1950), en compagnie notamment de Gerry Mulligan, J.J. Johnson, Kai Winding, John Lewis et Al Haig. Sa sonorité limpide et transparente, dénuée de vibrato, ses longues phrases sinueuses à la poursuite de la mélodie, aux envolées soudaines vers un aigu susurré, telle une plainte feutrée, font sensation et Lee Konitz obtient rapidement la reconnaissance de ses pairs.
S’ensuivent un engagement dans le grand orchestre de Stan Kenton (1952-1954) et une suite de concerts et de disques avec notamment les saxophonistes Gerry Mulligan, Jimmy Giuffre — Lee Konitz meets Jimmy Giuffre, 1959 —, en nonette — You and Lee, 1959 — avec le batteur Roy Haynes, le pianiste Bill Evans et le tromboniste Bob Brookmeyer notamment. Lee Konitz connaît alors une courte éclipse mais retrouve bientôt un nouveau souffle, avec un son plus granuleux ; il entame une série de duos dont il semble pour un temps faire sa spécialité : le contrebassiste Red Mitchell (1974), les pianistes Gil Evans, Enrico Pieranunzi, Martial Solal — Duplicity, 1977 —, Michel Petrucciani — Toot Sweet, 1982 — et Harold Danko (1984) pour des relectures ironiques et oniriques de standards, qui sont autant d’éblouissantes métamorphoses. Il se produit dans de nombreux festivals dont le Nice Jazz Festival aux côtés de Bill Evans en 1978. Toujours aussi curieux et avide de rencontres au début des années quatre-vingt, Lee Konitz enregistre avec le groupe Cordes et Lames de l’accordéoniste Francis Varis et du guitariste Dominique Cravic, joue avec le pianiste Chick Corea et le guitariste Derek Bailey, intègre le très cosmopolite Concert Jazz Band du pianiste suisse Georges Gruntz et participe à un hommage à Gil Evans au sein du nonette de Gerry Mulligan, puis avec le trio du batteur Paul Motian (constitué du saxophoniste Joe Lovano et du guitariste Bill Frisell). En 1996, Lee Konitz fait équipe avec le pianiste Brad Mehldau et le contrebassiste Charlie Haden pour un disque — Alone Together, composé de standards tels que ‘Round Midnight ou Cherokee — enregistré en public et paru sous le label Blue Note (voir labels de jazz). Accompagné par John Abercrombie (guitare), Marc Johnson (basse), Ted Brown (sax ténor) et Joey Baron (batterie), le saxophoniste livre en 2000, et pour la première fois de sa carrière, un album exclusivement constitué de ses propres compositions (Sound of Surprise, prix du meilleur disque de l’année décerné par l’Académie du jazz). Quelques mois plus tard, il enregistre des pièces de musique classique française — Debussy, Fauré, Satie, etc. —, seul devant un orchestre, sans section rythmique : si Lee Konitz & the Axis String Quartet Play French Impressionist Music from the Turn of the Twentieth Century s’inscrit dans un registre essentiellement classique, les incursions en contrées jazzy n’en sont pas moins présentes par l’entremise d’arrangements parfois avant-gardistes et du jeu tout en improvisation de Lee Konitz. Son disque Sound Of Surprise (label RCA), qui célèbre les retrouvailles avec le saxophoniste ténor Ted Brown, obtient le Prix du meilleur disque de l’année 2000 décerné par l’académie du Jazz. Le saxophoniste s’est produit en 2001 à l’Europa Jazz Festival du Mans en compagnie du trio Prysm (Pierre de Bethmann, piano, Christophe Wallemme, contrebasse et Benjamin Henocq à la batterie).
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