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Mécano de la « General », le [Buster Keaton et Clyde Bruckman]

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Keaton, le Mécano de la « General »Keaton, le Mécano de la « General »

Mécano de la « General », le [Buster Keaton et Clyde Bruckman] (The General), film muet américain en noir et blanc de Buster Keaton et Clyde Bruckman, réalisé en 1926.

Durant la guerre de Sécession, Johnny (Buster Keaton), tente par tous les moyens de s’enrôler dans les forces sudistes pour prouver son courage à sa fiancée (Marion Mack). Mais l’armée le juge plus utile comme conducteur de locomotive. Délaissé, Johnny trouve l’occasion de se racheter lorsque son amie, ainsi que sa locomotive, sont enlevées par les nordistes. Il se lance alors seul à la poursuite de l’une et de l’autre.

Le clown triste du cinéma muet se surpasse ici dans toutes les acrobaties du film, évitant toujours autant que possible le recours au montage : au point que dès qu’une difficulté se présente, il use du plan large, cadrage qui est à ses yeux la meilleure façon de ne jamais tromper son public. Le Mécano de la « General » illustre également à merveille la caractéristique qui distingue le personnage de Buster Keaton des autres grands burlesques américains. À la différence de Charlie Chaplin, auquel on le compare souvent, Buster Keaton est le comique et le cinéaste de la matière : il se heurte continûment à celle-ci en donnant toujours l’impression d’être agi par les objets plutôt que d’en avoir la maîtrise. Dans le Mécano de la « General », le monde des objets (une locomotive, un canon, un pistolet, etc.) est toujours manipulé à contre-courant et de façon éminemment paradoxale. C’est chaque fois un miracle qui permet à Keaton de se sortir d’un mauvais pas et non une stratégie soigneusement élaborée comme chez Chaplin. Son art reste unique et il n’a pas survécu à la mort du cinéma muet. Dans les années cinquante et soixante, Buster Keaton fait quelques apparitions chez Chaplin (les Feux de la rampe, 1952) ou Billy Wilder (Boulevard du crépuscule, 1950), tourne avec Samuel Beckett (Film), mais ne retrouve pas sa splendeur d’antan.

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