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Mesguich, Daniel

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Daniel MesguichDaniel Mesguich

Mesguich, Daniel (1952- ), acteur et metteur en scène français.

Né à Alger, Daniel Mesguich passe son enfance à Marseille où il suit ses premiers cours de théâtre. Il étudie la philosophie à Paris et entre en 1970 au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où il est l’élève d’Antoine Vitez. Après sa mise en scène du Château d’après Kafka (1972) et celle plus controversée du Prince travesti de Marivaux (1973), il fonde sa propre compagnie, le Théâtre du Miroir. Comme Vitez, il rejette tout réalisme. De Britannicus de Racine (1975) à Platonov de Tchekhov (1982), de Lorenzaccio de Musset (1986) à Marie Tudor de Hugo (1991), il cherche à faire resurgir, au-delà du sens commun, les sens les plus inattendus, les plus ténus aussi, et à faire entendre ce qui ne s’entend pas ordinairement. Mais c’est avec Shakespeare que son travail de relecture est le plus significatif. Qu’il monte ses œuvres emblématiques (Hamlet, 1977 ; le Roi Lear, 1981 ; Roméo et Juliette, 1985 ; la Tempête, 1998) ou sa pièce la plus cruelle (Titus Andronicus, 1989 et 1992), il parvient à donner vigueur à une langue faite de jeux de mots et de sous-entendus, déclinant tous les sens, toutes les subtilités de jeu induites par les interprétations et les mises en scène précédentes de ces pièces au cours du temps.

Tout aussi curieux des écritures de son siècle, il monte les pièces de Sony Labou Tansi (Antoine m’a vendu son destin, 1986), Clarisse Nicoïdski (Ann Boleyn, 1995), Hélène Cixous (l’Histoire qu’on ne connaîtra jamais, 1994) et Julius Amédée Laou, un jeune auteur martiniquais dont il révèle l’émouvante tragédie Folie ordinaire d’une fille de Cham (1984).

Sans abandonner sa carrière d’acteur, à la télévision, au théâtre comme au cinéma (il a joué notamment dans des films de Michel Deville, François Truffaut, James Ivory et plus récemment Bernard Rapp), ni celle de metteur en scène d’opéra (la Tétralogie de Wagner, 1988 ; le Bal masqué de Verdi, 1994), il a dirigé plusieurs centres dramatiques nationaux : le Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis (1986-1988) et La Métaphore à Lille (1991-1998). Il a également animé sa propre école de théâtre de 1975 à 1981 et enseigne depuis 1983 au Conservatoire d’art dramatique.

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